Par Thomas Bernard · Expert BTP & équipes terrain · Publié le
Procédure alerte SST entreprise : étapes et bonnes pratiques
Un collaborateur s’effondre en atelier : les trois à quatre minutes qui suivent décident souvent du pronostic. La procédure alerte SST entreprise structure ces instants décisifs — qui prévient, qui compose le 15, quel message transmettre. Sans protocole écrit, affiché et testé, chaque seconde perdue aggrave les séquelles. Voici comment la formaliser, l’intégrer au Document unique et la faire vivre en 2026.
La procédure alerte SST entreprise désigne la chaîne formalisée qui déclenche les secours lors d’un accident du travail : protection de la zone, examen de la victime, alerte du 15, 18 ou 112, puis guidage des équipes jusqu’au poste. Elle est portée par le Sauveteur Secouriste du Travail et s’inscrit dans les obligations de l’employeur fixées par les articles R4224-14 à R4224-16 du Code du travail.
Qu’est-ce que la procédure d’alerte SST en entreprise ?
La procédure d’alerte SST est le document opérationnel qui décrit, étape par étape, la conduite à tenir dès qu’un accident ou un malaise survient sur un site de travail. Elle désigne nommément les SST de garde, les relais hiérarchiques et les numéros à composer, puis précise la méthode de transmission du bilan et l’accueil des équipes du SAMU ou des sapeurs-pompiers.
Trois éléments la caractérisent :
- un plan d’intervention adapté aux risques du site (produits chimiques, hauteur, machines, isolé),
- une chaîne de secours interne (SST → référent → direction → secours publics) connue de tous,
- un support affiché à proximité des trousses de premiers secours, du défibrillateur et des zones à risque.
Elle complète — sans le remplacer — la méthode SST en quatre temps enseignée par l’INRS : Protéger, Examiner, Faire alerter ou alerter, Secourir (PEAS).
Pourquoi formaliser une procédure d’alerte SST (obligations 2026) ?
Formaliser cette procédure est une obligation légale et un levier d’efficacité opérationnelle. L’article R4224-16 du Code du travail impose à l’employeur de prévoir, après avis du médecin du travail, l’organisation des premiers secours en cas d’urgence, incluant les consignes d’alerte. L’article R4227-37 ajoute que les consignes de sécurité incendie précisent les personnes à prévenir en cas d’alarme.
Au-delà du cadre réglementaire, une procédure écrite :
- réduit le délai moyen d’alerte de plusieurs minutes selon les retours d’expérience des SPST,
- sécurise la défense pénale de l’employeur en cas d’accident grave (preuve de diligence),
- fluidifie le travail des services de secours à l’arrivée sur site,
- renforce la culture sécurité en impliquant managers, SST et agents d’accueil.
Elle est généralement annexée au Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et visée par le CSE lors des réunions dédiées à la santé et à la sécurité.
Quelles sont les 5 étapes de la procédure d’alerte SST ?
Les cinq étapes de la procédure d’alerte SST en entreprise sont les suivantes, dans cet ordre strict :
- Protéger la zone : couper le courant, baliser, écarter la source de danger pour éviter le suraccident.
- Examiner la victime : conscience, respiration, saignement visible, signes de détresse circulatoire.
- Faire alerter par un témoin désigné nommément (« Vous, en bleu, appelez le 15 »), pendant que le SST reste auprès de la victime.
- Secourir selon le bilan : position latérale de sécurité, compressions, pansement compressif, utilisation du défibrillateur.
- Accueillir et guider les secours publics jusqu’à la victime (agent d’accueil, portails, ascenseurs réservés).
Chaque étape doit être tracée dans le registre des accidents bénins ou dans la main courante numérique du service de sécurité. Le référent secouriste de l’entreprise coordonne ensuite le retour d’expérience avec le SPST et le CSE.
Checklist à afficher près de chaque trousse
- Localisation du site (adresse, bâtiment, étage, numéro de borne)
- Numéros d’urgence : 15 SAMU, 18 pompiers, 112 européen, 114 sourds-malentendants
- Nom et numéro interne du SST de garde
- Nom et numéro du référent sécurité et du responsable d’astreinte
- Emplacement du défibrillateur et de la trousse de secours
- Procédure d’ouverture des portails et accès pompiers
Quel numéro d’urgence appeler et quel message transmettre ?
Le choix du numéro dépend de la nature de l’urgence. Le 15 (SAMU) reste la porte d’entrée privilégiée pour toute détresse médicale ; le 18 est réservé à l’incendie, l’explosion ou l’ensevelissement ; le 112 est le numéro européen interopérable depuis un mobile ; le 114 permet aux sourds et malentendants d’alerter par SMS ou fax. En site industriel classé, le 18 est prioritaire s’il existe un plan d’opération interne.
Le message transmis doit tenir en moins de 90 secondes et suivre la trame « LAS » — Lieu, Accident, Secours :
| Rubrique | Contenu attendu |
|---|---|
| Lieu | Adresse complète, bâtiment, étage, point de rendez-vous pompiers |
| Accident | Nature (chute, malaise, brûlure), nombre de victimes, risques résiduels |
| État | Conscience, respiration, hémorragie, âge et sexe approximatif |
| Gestes | Actions déjà réalisées (massage, DAE, garrot, PLS) |
| Secours | Secouriste présent, moyens disponibles, numéro de rappel |
Le témoin ne raccroche jamais le premier : le régulateur du SAMU peut guider les gestes et déclencher l’envoi d’un SMUR ou d’un VSAV. Le SST reprend ensuite le téléphone pour transmettre un bilan complémentaire si besoin.
Comment faire vivre la procédure d’alerte dans la durée ?
Une procédure d’alerte SST n’a de valeur que si elle est connue, testée et mise à jour. Trois leviers concrets :
- Exercice annuel minimum avec scénarios réalistes (arrêt cardiaque atelier, brûlure chimique, chute de hauteur) et chronométrage du délai d’alerte,
- Mise à jour trimestrielle des numéros internes et de la liste des SST actifs (recrutements, départs, suspensions d’aptitude),
- Suivi numérique des compétences pour vérifier à l’instant T que le ratio réglementaire reste tenu et que chaque SST est à jour de son MAC (Maintien et Actualisation des Compétences).
La digitalisation du registre et des aptitudes évite l’écueil classique du tableur figé : une personne formée en 2024 n’est plus SST valide en 2026 si son MAC n’a pas été réalisé. Un logiciel métier croise la fiche de poste, l’affectation site et l’échéance de recyclage pour alerter automatiquement le coordinateur. Le dossier combien de SST obligatoires par effectif détaille les seuils à respecter et le pilotage registre SST et alertes direction montre comment remonter ces indicateurs au CSE.
À retenir
- La procédure d’alerte SST est obligatoire (R4224-16 Code du travail) et doit être écrite, affichée, testée.
- Elle suit la méthode PEAS : Protéger, Examiner, Faire alerter, Secourir.
- Le message au 15/18/112 suit la trame Lieu – Accident – État – Gestes – Secours.
- L’exercice annuel et la mise à jour trimestrielle de la liste des SST sont indispensables.
- La traçabilité numérique du MAC SST sécurise la conformité et la défense pénale.
Questions fréquentes
Qui doit déclencher l’alerte dans la procédure SST ?
Le témoin direct de l’accident déclenche l’alerte, sur désignation explicite du SST ou en son absence. Le SST reste auprès de la victime pour maintenir les gestes de secours. En l’absence de SST, le témoin applique lui-même la trame d’appel et suit les consignes du régulateur du SAMU.
Faut-il appeler le 15 ou le 18 en entreprise ?
Appelez le 15 (SAMU) pour toute détresse médicale (malaise, hémorragie, inconscience), et le 18 (pompiers) pour un incendie, une explosion, un ensevelissement ou un risque immédiat pour plusieurs personnes. Le 112 fonctionne pour toute urgence depuis un mobile, y compris sans réseau de l’opérateur du téléphone.
Que doit contenir le message d’alerte au SAMU ?
Le message contient le lieu précis, la nature de l’accident, l’état de la victime (conscience, respiration, saignement), les gestes déjà réalisés et un numéro de rappel. Il doit tenir en moins de 90 secondes et ne jamais être raccroché avant que le régulateur l’autorise.
Combien de SST faut-il par site ?
La recommandation CNAM R.408 impose un SST par équipe de 15 à 20 salariés dans les ateliers et chantiers, étendu à chaque site autonome. Le ratio exact par effectif dépend de l’activité et du retour du médecin du travail inscrit au plan de prévention.
Comment prouver que la procédure a bien été appliquée ?
La preuve repose sur trois pièces : la fiche d’intervention signée du SST, l’enregistrement de l’appel au 15 (horodaté par le SAMU), et le compte-rendu transmis au CSE sous huit jours. Une main courante numérique horodatée et signée électroniquement constitue aujourd’hui le standard de référence.
À quelle fréquence tester la procédure d’alerte SST ?
Un exercice complet est recommandé au moins une fois par an, complété par des flash-tests trimestriels sur un scénario court. Le CSE et le SPST valident le calendrier et exploitent les retex pour mettre à jour la procédure et le plan de formation SST.
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