Publié le 28 mai 2026
L’article R4224-14 du Code du travail impose un matériel de premiers secours adapté aux risques, sans préciser sa composition. Ce flou conduit souvent à des trousses incomplètes, périmées ou inadaptées aux risques réels du site. Ce guide pratique 2026 détaille la composition recommandée, la désignation du référent, le contrôle périodique et la formation des collaborateurs pour disposer d’un dispositif opérationnel et conforme.
Cadre réglementaire applicable en 2026
L’article R4224-14 exige que tout lieu de travail dispose d’un « matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible ». L’article R4224-23 ajoute qu’une consigne doit préciser son emplacement, ses modalités d’utilisation et le personnel formé à son usage.
La recommandation INRS ED 6346 fournit une base de composition, complétée par les avis du médecin du travail. Dans les ERP recevant du public, l’arrêté du 25 juin 1980 impose des obligations spécifiques selon le type d’établissement. Sur chantier BTP, le PPSPS détaille les moyens de secours mobilisables (R4534-17).
À retenir : aucun texte n’impose de liste fermée. La composition se construit à partir du DUERP, en concertation avec le médecin du travail et les SST désignés.
Composition d’une trousse de secours conforme
Le socle commun à toute trousse
- Pansements adhésifs hypoallergéniques (plusieurs tailles)
- Compresses stériles individuelles (5×5 cm, 10×10 cm)
- Bandes de gaze élastiques (5 cm, 10 cm)
- Sparadrap microporeux
- Ciseaux à bouts ronds, pince à échardes
- Gants vinyle ou nitrile à usage unique (M et L)
- Couverture de survie isothermique
- Sérum physiologique en unidoses
- Antiseptique sans alcool (chlorhexidine)
- Masque de protection pour ventilation
- Sacs DASRI pour déchets souillés
Compléments selon les risques identifiés
- Risque chimique : douche oculaire portative, solution de rinçage spécifique
- Risque thermique : pansements brûlures hydrogel, compresses Water-Jel
- Risque coupure profonde : pansement compressif israélien, garrot tourniquet
- Risque routier : kit complémentaire véhicule de service
- Risque cardiaque : signalisation DAE et accès rapide à un défibrillateur
Ce qui ne doit pas figurer dans la trousse
- Médicaments sur ordonnance (interdiction stricte)
- Antalgiques et anti-inflammatoires sans avis du médecin du travail
- Produits périmés ou ouverts depuis plus de six mois
- Matériel invasif réservé aux professionnels de santé
5 étapes pour mettre en place votre dispositif
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Cartographier les risques avec le DUERP. Reprenez le document unique pour identifier les risques d’accident par poste et par zone. Cette analyse conditionne la composition, le nombre et l’emplacement des trousses.
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Désigner un référent secourisme. Confiez la responsabilité du dispositif à un SST ou à un membre du CSE. Sa mission : contrôle mensuel, alerte sur les manques, tenue du registre de gestion, coordination avec le médecin du travail.
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Implanter les trousses aux bons endroits. Une trousse doit être accessible en moins de trois minutes depuis n’importe quel poste. Privilégiez les zones de production, l’accueil, les véhicules de service et les sites isolés. Signalez chaque emplacement par pictogramme normalisé.
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Mettre en place un registre de contrôle. Pour chaque trousse, consignez la date du dernier contrôle, les éléments remplacés, les péremptions à venir et les écarts constatés. Ce registre est exigible par l’inspection du travail.
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Former les collaborateurs à l’utilisation. Une trousse sans personnel formé ne sert à rien. Intégrez les modules d’utilisation lors des formations SST, des sensibilisations annuelles et des accueils sécurité.
Gestion et contrôles périodiques
La fréquence de contrôle recommandée est mensuelle pour les sites à risque élevé (BTP, industrie), trimestrielle pour les environnements tertiaires. Chaque contrôle vérifie :
- L’intégrité du contenant et de la signalétique
- La présence de tous les éléments listés à l’inventaire
- Les dates de péremption (sérum physiologique, antiseptiques, pansements stériles)
- La propreté générale et l’absence de souillure
- L’accessibilité réelle (pas de stockage devant la trousse)
Tenez un registre nominatif par trousse, idéalement numérique. Notez les interventions, les utilisations effectives et les ruptures de stock. En cas d’usage lors d’un accident du travail, déclenchez automatiquement le réapprovisionnement et alimentez le registre des accidents bénins (CARSAT).
Former et informer les collaborateurs
La trousse n’est efficace qu’avec un personnel sensibilisé. Trois actions à structurer :
- Affichage clair des emplacements et des numéros d’urgence (15, 18, 112) à proximité de chaque trousse
- Sensibilisation annuelle de tous les salariés en réunion sécurité, sur le contenu, l’usage et la conduite à tenir
- Formation SST d’au moins un salarié par tranche de 20 personnes dans les ateliers et chantiers (recommandation CNAM)
Communiquez aussi auprès du CSE, du médecin du travail et de la direction. Un compte rendu trimestriel du référent secourisme permet de tracer l’effort de prévention dans le bilan SSE annuel.
FAQ — Trousse de secours entreprise
Combien de trousses faut-il prévoir dans une entreprise ? Aucun ratio réglementaire n’est imposé. La règle pratique retenue : une trousse accessible en moins de trois minutes par zone de travail, plus une trousse mobile par véhicule de service.
Qui peut utiliser la trousse de secours ? Toute personne formée aux gestes de premiers secours, en priorité les SST désignés. L’usage par un non-formé doit se limiter aux gestes simples (pansement, désinfection superficielle).
Que faire des produits périmés ? Les produits périmés sont retirés, consignés au registre de gestion et éliminés via la filière DASRI. Aucun produit ne doit être réutilisé après sa date de péremption.
La trousse est-elle obligatoire en télétravail ? L’employeur reste responsable de la santé/sécurité, mais ne peut imposer un équipement au domicile. Une sensibilisation et la communication des numéros d’urgence restent recommandées.
Comment financer le dispositif ? Le matériel de secourisme est intégralement à la charge de l’employeur (R4224-14). Aucun OPCO ne le finance, mais la formation SST associée est éligible aux dispositifs habituels.
Centraliser le suivi avec eBrigade
Une trousse de secours conforme repose sur quatre piliers : analyse des risques, composition adaptée, contrôle périodique et personnel formé. Sans suivi structuré, le dispositif perd vite son efficacité — péremptions oubliées, ruptures de stock, trousses introuvables le jour J.
Pour digitaliser ce suivi, eBrigade centralise emplacements, contrôles, péremptions et habilitations SST dans un tableau de bord unique. Vous gardez la traçabilité réglementaire sans la lourdeur des fichiers Excel dispersés et alertez automatiquement le référent avant chaque échéance.
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