Publié le 30 mai 2026
Le référent secouriste est devenu un maillon stratégique de la prévention des risques en entreprise. Entre l’obligation de l’article R4224-15 du Code du travail (présence d’un Sauveteur Secouriste du Travail dans chaque atelier à risque), les exigences du DUERP et les attentes du CSE, les services RH doivent structurer la désignation, la formation et le suivi de ces collaborateurs. Voici un guide pratique pour bâtir une organisation conforme et opérationnelle en 2026.
Qu’est-ce qu’un référent secouriste en entreprise ?
Le référent secouriste est un salarié volontaire, formé au Sauvetage Secourisme du Travail (SST) ou titulaire d’un équivalent (PSC1, PSE1, AFGSU), chargé d’intervenir en cas d’accident sur le lieu de travail et de contribuer à la prévention. Il ne remplace pas le médecin du travail ni les services d’urgence : il assure la première intervention avant l’arrivée des secours et alimente la démarche de prévention de l’employeur.
À ne pas confondre avec :
- Le référent sécurité (article L4644-1 du Code du travail), désigné par l’employeur pour les activités de protection et de prévention des risques professionnels.
- Le référent harcèlement sexuel (loi du 5 septembre 2018), obligatoire dans les entreprises d’au moins 250 salariés.
- Le chargé d’évacuation ou guide-file, qui pilote l’évacuation en cas d’incendie.
Un même salarié peut cumuler plusieurs missions, mais les formations et le suivi documentaire restent distincts.
Les 5 missions clés du référent secouriste
- Porter secours immédiatement en cas d’accident, malaise ou incident sur site, en appliquant les gestes appris en formation SST.
- Alerter les secours extérieurs (15, 18, 112) et guider leur intervention jusqu’à la victime.
- Renseigner le registre d’infirmerie ou le registre des accidents bénins après chaque intervention, pour assurer la traçabilité.
- Participer à la mise à jour du DUERP en signalant les situations à risque observées sur le terrain.
- Sensibiliser ses collègues aux gestes de premiers secours, à l’utilisation du DAE et aux consignes d’évacuation.
Comment désigner le référent secouriste : 4 étapes
1. Évaluer le nombre de référents nécessaires
La recommandation INRS R.408 préconise au minimum 10 à 15 % de l’effectif formé SST, avec présence permanente d’un secouriste par atelier, étage ou unité de travail. Pour un site de 80 salariés en 3x8, prévoyez idéalement 12 à 15 SST répartis sur tous les créneaux.
2. Identifier les candidats volontaires
Diffusez un appel à candidatures interne via la note de service, l’intranet ou les managers. Ciblez en priorité :
- Les salariés présents sur les sites à risque (production, logistique, ateliers).
- Les profils stables (CDI, anciens) pour limiter la rotation.
- Les volontaires motivés : un référent désigné contre son gré reste inefficace.
3. Formaliser la désignation
La désignation se fait par lettre de mission ou avenant au contrat, précisant :
- Le périmètre d’intervention (site, atelier, créneau horaire).
- Le temps alloué à la mission (formation, recyclage, interventions).
- Les modalités de remplacement en cas d’absence.
Informez le CSE et la médecine du travail pour validation.
4. Inscrire à la formation SST initiale
La formation SST dure 14 heures (2 jours), dispensée par un formateur certifié INRS ou par un organisme habilité. Coût moyen : 250 à 400 € par stagiaire, finançable via l’OPCO.
Formation et recyclage : ce que dit la réglementation
| Formation | Durée initiale | Recyclage (MAC) | Validité |
|---|---|---|---|
| SST | 14 h | 7 h tous les 24 mois | 24 mois |
| PSC1 | 7 h | Recommandé tous les 3 ans | À vie |
| PSE1 | 35 h | Formation continue annuelle | 1 an |
| AFGSU 1 | 12 h | 7 h tous les 4 ans | 4 ans |
Point de vigilance : si le délai de 24 mois est dépassé pour le SST, le salarié perd son certificat et doit suivre la formation initiale complète. Un suivi rigoureux des échéances est donc indispensable.
La formation et le recyclage se déroulent sur le temps de travail, rémunérés comme tel. Les frais sont à la charge exclusive de l’employeur (article L6321-1 du Code du travail).
Coordination avec le CSE et la médecine du travail
Le service RH ne pilote pas seul le dispositif. Les bonnes pratiques 2026 :
- Présenter chaque année au CSE la liste des référents secouristes, le bilan des interventions et le plan de recyclage.
- Échanger avec le médecin du travail pour adapter le nombre et la localisation des référents aux risques identifiés (postes isolés, travail en hauteur, manutention).
- Tracer les interventions dans un registre dédié, accessible à l’inspection du travail et à la CARSAT.
- Mettre à jour le DUERP au moins une fois par an avec les retours terrain des référents.
- Communiquer largement : affichage de la liste des SST avec photos et numéros internes, idéalement à proximité des trousses de secours et des DAE.
FAQ
Un référent secouriste peut-il refuser d’intervenir ?
Non : refuser de porter secours peut constituer une non-assistance à personne en danger (article 223-6 du Code pénal). En revanche, il agit dans la limite de sa formation et n’engage pas sa responsabilité personnelle s’il applique les gestes appris.
Que se passe-t-il si le référent quitte l’entreprise ?
L’employeur doit assurer la continuité de la couverture secouriste. Anticipez le départ en formant un remplaçant dans le mois qui suit l’annonce.
Faut-il une assurance spécifique pour le référent secouriste ?
Non. Il est couvert par la responsabilité civile de l’employeur dès lors qu’il intervient dans le cadre de sa mission. Pensez à le mentionner dans la lettre de mission.
Le référent secouriste a-t-il droit à une prime ?
Aucune obligation légale. Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient une prime de fonction (20 à 50 €/mois) pour valoriser l’engagement.
Comment justifier le suivi auprès de l’inspection du travail ?
Tenez à jour la liste nominative des référents, les attestations de formation SST en cours de validité, le registre d’interventions et le plan de recyclage annuel.
Centraliser le suivi avec un outil dédié
Gérer manuellement les habilitations SST, les échéances de recyclage et les comptes-rendus d’intervention sur tableur devient vite ingérable au-delà d’une vingtaine de référents. Une plateforme comme eBrigade permet de centraliser les fiches secouristes, suivre automatiquement les dates de validité, planifier les recyclages MAC et générer les exports pour le CSE ou l’inspection du travail. Un gain de temps précieux pour les équipes RH et un dispositif réellement opposable en cas de contrôle.
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