Par Marie Lefèvre · Experte associations & sécurité civile · Publié le
Guide des premiers secours accident de la route : 7 étapes

Chaque année, les accidents de la route tuent et blessent des milliers de personnes en France, selon les bilans publiés par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Les minutes qui séparent le choc de l’arrivée des sapeurs-pompiers pèsent lourd sur le pronostic vital. Ce guide pratique détaille les 7 étapes de premiers secours accident de la route à appliquer dans l’ordre, sans matériel particulier, pour sécuriser la scène, alerter correctement et stabiliser les victimes jusqu’à l’arrivée des équipes de secours.
Les premiers secours accident de la route désignent l’ensemble des actions coordonnées — protection, alerte, bilan et gestes de survie — qu’un témoin applique sur les lieux d’une collision, avant l’arrivée des sapeurs-pompiers, du SAMU ou des forces de l’ordre, afin de prévenir le suraccident et de maintenir en vie les victimes.
Pourquoi réagir vite en cas d’accident routier ?
Réagir vite en cas d’accident routier change le pronostic parce que l’hémorragie massive, la détresse respiratoire et l’arrêt cardiaque surviennent souvent avant l’arrivée des secours. Le témoin devient alors le premier maillon de la chaîne de survie.
La « golden hour » décrit la fenêtre critique durant laquelle une prise en charge précoce améliore significativement les chances de survie des polytraumatisés. Pendant que les secours progressent — plusieurs minutes dans la plupart des cas, davantage en zone rurale isolée — le témoin peut poser des actes qui comptent : protéger la scène, alerter avec précision, maintenir une personne inconsciente en position d’attente, comprimer une hémorragie majeure.
Cadre juridique : la non-assistance à personne en danger est punie par l’article 223-6 du Code pénal (jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende). Agir, même maladroitement, est toujours mieux que ne rien faire. L’article 122-7 (état de nécessité) protège par ailleurs le témoin de bonne foi dont l’action aurait des conséquences imprévues.
Comment protéger la zone d’accident et éviter le suraccident ?
Protéger la zone consiste à sécuriser immédiatement les lieux pour empêcher qu’un deuxième accident ne survienne, car un suraccident double le nombre de victimes et met en danger le premier témoin lui-même.
Les gestes à enchaîner dans l’ordre :
- Allumer les feux de détresse de votre véhicule et vous arrêter à distance raisonnable de la zone de choc.
- Enfiler un gilet haute visibilité avant toute sortie, conformément aux obligations du Code de la route (article R416-19).
- Positionner le triangle de pré-signalisation à au moins 30 mètres en amont, 150 mètres sur autoroute.
- Faire ralentir les véhicules par geste manuel ample, si vous disposez d’un deuxième témoin pour relayer en amont.
- Couper le contact des véhicules accidentés, serrer le frein à main, retirer la clé.
- Interdire toute flamme et toute cigarette dans un rayon de 10 mètres : odeur de carburant = risque d’incendie imminent.
Ne déplacez jamais une victime hors du véhicule, sauf si un incendie démarre ou si elle est exposée au trafic sur la chaussée.
Comment donner l’alerte aux services d’urgence ?
L’alerte efficace tient en un appel au 112 (ou 18 pour les pompiers, 15 pour le SAMU) qui donne au régulateur tout ce qu’il faut pour engager les moyens adaptés dès la première minute.
Numéros d’urgence utiles :
- 112 : numéro européen unique, fonctionne même sans réseau du titulaire si une antenne mobile est accessible.
- 18 : sapeurs-pompiers, interventions terrestres et secours à personne.
- 15 : SAMU, régulation médicale.
- 17 : police / gendarmerie.
- 114 : urgences par SMS pour personnes malentendantes ou en situation de ne pouvoir parler.
Transmettez dans cet ordre :
- Lieu précis : commune, route (N7, D123…), point kilométrique, sens de circulation, repère visible (station, pont, village voisin).
- Nature : accident véhicule léger, poids lourd, deux-roues, nombre de véhicules impliqués.
- Nombre et état des victimes : conscientes, inconscientes, incarcérées, blessures apparentes.
- Dangers particuliers : fuite de carburant, matière dangereuse (plaque orange ADR visible), ligne électrique arrachée, chaussée verglacée.
- Vos coordonnées : nom et numéro de rappel.
Restez en ligne tant que le régulateur ne vous libère pas : il peut vous guider à distance et faire préciser le bilan. Pour la méthode structurée de transmission, consultez notre guide pour transmettre un bilan victime aux secours en 90 secondes.
Comment évaluer rapidement l’état des victimes ?
Évaluer rapidement une victime d’accident routier repose sur un bilan de moins d’une minute qui contrôle, dans l’ordre, la conscience, la respiration et l’hémorragie, puis recherche les lésions apparentes.
Déroulement rapide :
- Conscience : parlez fort et serrez la main : « M’entendez-vous ? Serrez ma main. » La victime répond-elle, bouge-t-elle, ouvre-t-elle les yeux ?
- Respiration : si la victime est inconsciente, basculez prudemment la tête en arrière (sauf suspicion de traumatisme du rachis) et observez le thorax pendant 10 secondes.
- Hémorragie externe : scrutez les vêtements foncés et le sol, cherchez un saignement actif.
- Signes évocateurs : traumatisme crânien visible, déformation d’un membre, douleur thoracique, projection hors habitacle, ceinture non portée.
Toute victime d’un choc à haute cinétique est présumée présenter une atteinte du rachis cervical : évitez tout mouvement du cou et du tronc, maintenez la tête alignée dans l’axe du corps. Nous détaillons les positions d’attente et les contre-indications dans notre guide des premiers secours face à un traumatisme du rachis.
Quels gestes de secours réaliser avant l’arrivée des pompiers ?
Les gestes de secours à appliquer dépendent du bilan : stopper une hémorragie massive, maintenir les voies aériennes libres chez l’inconscient, protéger du froid et parler à la victime consciente.
| Situation | Geste immédiat |
|---|---|
| Hémorragie externe majeure | Compression manuelle gantée, maintenue sans relâcher |
| Inconscience avec respiration | Maintien tête-cou aligné, surveillance continue |
| Arrêt cardiaque | RCP 30 compressions / 2 insufflations, défibrillateur si disponible |
| Victime consciente coincée | Rassurer, maintenir immobile, surveiller conscience et respiration |
| Brûlure (incendie, airbag) | Refroidir à l’eau tempérée 15 min, protéger la plaie avec un linge propre |
Pour une hémorragie non maîtrisable par compression (membre sectionné, plaie profonde du membre), posez un garrot au-dessus de la plaie — nous détaillons la technique dans notre guide pratique du garrot tourniquet.
Ne retirez jamais le casque d’un motocycliste inconscient, sauf en cas de voies aériennes obstruées ou d’arrêt cardiaque, et uniquement à deux secouristes formés : un retrait maladroit peut provoquer une lésion médullaire définitive.
À retenir : les 7 étapes des premiers secours en accident routier
- Protéger : gilet, triangle, feux de détresse, zone balisée.
- Alerter : 112, lieu précis, nombre et état des victimes, dangers.
- Interdire fumée et moteurs allumés dans un rayon de 10 mètres.
- Évaluer rapidement conscience et respiration de chaque victime.
- Comprimer toute hémorragie externe sans relâcher la pression.
- Préserver le rachis : pas de déplacement sauf danger vital imminent.
- Rester présent : parler, protéger du froid et de la chaleur, surveiller.
Ces étapes constituent le socle enseigné dans les formations PSC1, PSE1 et SST délivrées par les associations agréées de sécurité civile (Croix-Rouge, Protection Civile, FFSS, Croix Blanche, Ordre de Malte) et les organismes habilités INRS.
Questions fréquentes
Faut-il sortir une victime inconsciente de son véhicule ?
Non. Toute victime présentant un traumatisme routier est suspectée d’atteinte du rachis cervical. Le déplacement n’est justifié qu’en cas de danger immédiat (incendie en cours, risque de collision avec un véhicule circulant). Dans ce cas, la clé de Rautek, uniquement si vous êtes formé, permet une extraction en préservant au mieux l’axe tête-cou-tronc.
Doit-on retirer le casque d’un motocycliste accidenté ?
Non, sauf si la victime est inconsciente avec voies aériennes obstruées ou en arrêt cardiaque, et uniquement avec deux secouristes formés à la technique à deux mains. Un retrait maladroit peut provoquer une lésion médullaire irréversible. Attendez les sapeurs-pompiers équipés et formés.
Comment reconnaître une victime en détresse grave ?
Les signaux d’alerte sont : perte de connaissance, respiration bruyante ou absente, pâleur extrême, sueurs froides, agitation inexpliquée, déformation visible d’un membre, saignement actif important. Rappelez immédiatement les secours pour actualiser le bilan et faire engager des renforts médicalisés.
Que faire si plusieurs victimes nécessitent des soins simultanés ?
Appliquez un tri rapide inspiré de la méthode START : prendre d’abord en charge l’arrêt cardiaque, puis les hémorragies massives, puis les inconscients qui respirent. Les victimes qui marchent et répondent peuvent attendre. Communiquez le nombre exact de victimes au régulateur pour que les renforts soient dimensionnés.
À quoi sert la couverture de survie dans un accident de la route ?
La couverture de survie limite les pertes de chaleur chez une victime en état de choc, car l’hypothermie accélère la mortalité du polytraumatisé. Elle signale aussi la victime aux secours. Face dorée vers l’extérieur par forte chaleur, face argentée vers l’extérieur par temps froid.
Un témoin non formé peut-il être poursuivi s’il aggrave une blessure ?
Non. L’article 122-7 du Code pénal (état de nécessité) et la jurisprudence protègent le témoin qui agit de bonne foi, dans la limite de ses connaissances. En revanche, la non-assistance à personne en danger est pénalement sanctionnée. Agir reste toujours légalement et éthiquement préférable à l’inaction.
Mettre ces réflexes en place dans votre organisation
Les associations agréées de sécurité civile, les équipes SST et les formateurs certifiés PSC1 ont besoin d’un registre à jour des formations et des recyclages, d’un suivi des aptitudes de chaque secouriste et d’une main courante numérique pour tracer les interventions, y compris les secours routiers. eBrigade centralise l’ensemble : planning des sessions PSC1, PSE1 et SST, archivage des attestations, feuille de garde des dispositifs prévisionnels de secours, bilan victime dématérialisé. Les responsables retrouvent sur un tableau de bord unique les habilitations valides, les rappels de recyclage et l’historique des missions. Pour approfondir les gestes de base enseignés en formation, consultez notre guide pratique des gestes qui sauvent.
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