Par Marie Lefèvre · Experte associations & sécurité civile · Publié le
Checklist : gestion DASRI poste de secours en 5 étapes sûres

Un poste de secours peut produire des compresses souillées, des dispositifs médicaux usagés ou des objets perforants. Sans procédure commune, une simple erreur de tri expose les bénévoles, les agents de collecte et l’association.
La gestion DASRI poste de secours désigne l’organisation du tri, du conditionnement, de l’entreposage, de l’enlèvement et de la traçabilité des déchets d’activités de soins à risques infectieux produits pendant un dispositif prévisionnel de secours. Elle doit protéger les intervenants dès le soin et maintenir une filière sécurisée jusqu’au traitement final.
Cette checklist s’adresse aux directeurs d’associations agréées de sécurité civile, responsables logistiques et chefs de dispositif. Elle doit être adaptée à la convention du collecteur, aux volumes réellement produits et aux consignes de l’autorité médicale de l’association.
À retenir
- Triez le déchet immédiatement au lieu du soin.
- Placez tout objet perforant dans un collecteur rigide adapté.
- Ne considérez pas automatiquement chaque compresse tachée comme un DASRI.
- Fermez, identifiez et sécurisez les emballages avant leur transport.
- Conservez la convention d’enlèvement et les preuves de traitement.
Étape 1 — Quels déchets placer dans la filière DASRI ?
Un objet piquant ou coupant destiné à être jeté rejoint systématiquement la filière DASRI. Pour les autres déchets de soins, l’orientation dépend notamment du risque infectieux, du contexte clinique et du risque d’écoulement de sang, de sécrétions ou d’excrétions.
Le guide national DASRI publié par le ministère chargé de la Santé en 2025 distingue plusieurs situations utiles sur un poste de secours :
- Objets perforants : aiguilles, lancettes, lames ou matériels piquants et coupants, même sans contact connu avec un liquide biologique.
- Déchets fortement imprégnés : champs, pansements ou compresses présentant un risque d’écoulement.
- Déchets en contact avec un foyer infectieux : matériels non perforants utilisés sur une infection avérée ou suspectée, selon l’évaluation compétente.
- Déchets sans risque infectieux ni écoulement : une compresse légèrement souillée ou un dispositif non perforant ne relève pas nécessairement de la filière DASRI.
La seule présence visible de sang ne suffit donc pas toujours à classer un déchet. En revanche, lorsque l’équipe ne peut pas évaluer correctement le risque, l’orientation prudente vers la filière DASRI doit être prévue par le protocole interne.
Affichez au poste médical une fiche de tri comportant des exemples réellement rencontrés lors des missions. Cette fiche doit être validée par le référent médical ou sanitaire de l’association, puis intégrée au briefing des équipiers.
Étape 2 — Comment choisir et positionner les contenants ?
Le bon contenant doit être disponible au plus près du geste qui produit le déchet. Les perforants exigent une boîte rigide à usage unique, tandis que les déchets mous sont placés dans un emballage DASRI compatible avec leur nature et sans risque de fuite.
Préparez avant chaque dispositif :
- un collecteur rigide pour objets perforants, stable et conforme aux indications de son fabricant ;
- un emballage identifié pour les déchets solides non perforants orientés en DASRI ;
- un conditionnement adapté aux déchets humides ou susceptibles de couler ;
- des contenants ordinaires séparés pour les déchets sans risque ;
- une réserve permettant de remplacer immédiatement un emballage fermé ou endommagé.
La couleur, le marquage, la limite de remplissage et le mécanisme de fermeture doivent rester visibles. Ne tassez jamais un sac, ne forcez jamais un objet dans une boîte et ne dépassez pas la limite indiquée par le fabricant. Une fermeture provisoire permet l’usage en cours de mission ; la fermeture définitive interdit toute réouverture.
Placez le collecteur à portée de l’intervenant, mais hors d’accès du public et à l’abri d’un renversement. Cette préparation complète utilement le contrôle du sac d’intervention secouriste et l’inventaire du matériel d’un DPS.
Étape 3 — Où entreposer les DASRI pendant et après le DPS ?
Les emballages fermés doivent être conservés dans une zone identifiée, inaccessible au public, protégée des sources de chaleur et séparée des médicaments, denrées, textiles propres et matériels prêts à l’emploi.
Sur un dispositif temporaire, prévoyez une zone arrière dédiée dans le plan du poste. Elle ne doit pas se trouver sous une table de soins, dans un passage fréquenté ou en vrac dans un véhicule. Désignez un responsable chargé de vérifier les fermetures avant le repli.
Au retour à l’antenne :
- comptez les emballages sans les rouvrir ;
- contrôlez leur intégrité et leur identification ;
- transférez-les vers la zone d’entreposage prévue par la procédure associative ;
- nettoyez les supports réutilisables selon le protocole d’hygiène ;
- enregistrez la date de production ou de fermeture nécessaire au calcul du délai d’évacuation.
Pour une production inférieure ou égale à 5 kg par mois, la réglementation prévoit notamment un entreposage à l’écart des sources de chaleur, dans des emballages étanches adaptés et dotés de fermetures provisoire et définitive. Au-dessus de ce seuil, les exigences de la zone ou du local deviennent plus contraignantes.
Étape 4 — Quels délais d’évacuation faut-il respecter ?
Le délai dépend de la quantité produite sur un même site. Il se calcule à partir de la production effective du déchet et ne doit pas être confondu avec la date à laquelle le collecteur passe habituellement.
L’arrêté du 7 septembre 1999 relatif à l’entreposage des DASRI fixe les plafonds suivants :
| Quantité produite sur le site | Délai maximal | Point d’arrivée du délai |
|---|---|---|
| Plus de 100 kg par semaine | 72 heures | Incinération ou prétraitement par désinfection |
| Plus de 15 kg par mois et jusqu’à 100 kg par semaine | 7 jours | Incinération ou prétraitement par désinfection |
| Plus de 5 kg et jusqu’à 15 kg par mois | 1 mois | Incinération ou prétraitement par désinfection |
| Jusqu’à 5 kg par mois | 3 mois | Enlèvement des déchets |
Pour des déchets exclusivement perforants, le plafond indiqué par les articles 2 et 3 peut atteindre six mois dans les tranches concernées. Il ne faut toutefois pas attendre ce maximum si l’hygiène, l’état du contenant ou la convention d’enlèvement impose une évacuation plus rapide.
Les seuils mensuels de 5 et 15 kg sont appréciés comme des moyennes sur douze mois consécutifs, dans les conditions prévues par l’arrêté. Une association qui centralise les déchets de plusieurs antennes doit distinguer production sur un site et regroupement de déchets provenant de producteurs multiples : les règles applicables ne sont pas identiques.
Étape 5 — Comment assurer la collecte et la traçabilité ?
L’association doit identifier la personne responsable de l’élimination, contractualiser avec un opérateur compétent et pouvoir suivre chaque lot jusqu’à son traitement. Confier la collecte à un prestataire ne supprime pas la responsabilité du producteur.
Avant la saison opérationnelle, vérifiez les éléments suivants :
- une convention écrite avec le prestataire lorsque l’élimination est confiée à un tiers ;
- l’identité de l’entité productrice pour chaque antenne ou mission ;
- les jours de collecte et la procédure en cas de dépassement imprévu de capacité ;
- les emballages admis au transport par le prestataire ;
- le bordereau de suivi des DASRI et la preuve de traitement final ;
- les modalités d’utilisation de Trackdéchets retenues avec le collecteur ;
- l’archivage accessible des conventions, bordereaux et anomalies.
Au 18 octobre 2026, la documentation officielle de Trackdéchets invite encore les producteurs à vérifier le calendrier réglementaire propre à la dématérialisation des bordereaux DASRI. Ne présumez donc pas qu’un tableau interne ou un bon de passage remplace, à lui seul, le document réglementaire attendu.
Le registre opérationnel peut associer numéro de mission, date, type de contenant, identifiant interne, quantité estimée, date d’enlèvement et référence du bordereau. N’inscrivez pas le nom de la victime sur le contenant ou dans un registre de déchets.
Quelle checklist utiliser avant l’ouverture du poste ?
La checklist DASRI doit être contrôlée par une personne nommément désignée avant l’accueil du public, puis vérifiée au repli.
Avant la mission
- Référent DASRI et suppléant désignés
- Fiche de tri validée et affichée
- Contenants adaptés disponibles en quantité suffisante
- Limites de remplissage et dates contrôlées
- Zone temporaire d’entreposage identifiée
- Équipiers informés pendant le briefing
- Collecte et solution de repli confirmées
À la fermeture du DPS
- Fermetures définitives réalisées sans compression
- Emballages intègres et identifiés
- Aucun contenant laissé dans la zone publique
- Transfert vers le lieu autorisé enregistré
- Stock et besoin de réapprovisionnement mis à jour
- Incident, fuite ou erreur de tri consigné
En cas de piqûre, coupure ou projection sur une muqueuse, interrompez la manipulation et appliquez immédiatement la procédure prévue. L’accident d’exposition au sang et sa conduite à tenir doivent faire l’objet d’une fiche réflexe connue de tous les intervenants.
Questions fréquentes
Qui est responsable des DASRI produits sur un poste de secours ?
La responsabilité dépend de l’organisation juridique de l’activité. Le Code de la santé publique vise notamment la personne morale pour le compte de laquelle un professionnel exerce l’activité productrice. L’association doit identifier ce responsable dans sa procédure et sa convention, sans supposer que l’organisateur de l’événement ou le collecteur l’est automatiquement.
Une compresse avec une trace de sang est-elle toujours un DASRI ?
Non. La présence de sang n’impose pas systématiquement la filière DASRI. Le risque infectieux, le contexte du soin et le risque d’écoulement doivent être évalués. Une compresse fortement imprégnée avec risque d’écoulement est, elle, orientée vers la filière DASRI.
Peut-on transporter les contenants dans un véhicule de secours ?
Le transport ne doit être réalisé qu’avec des emballages fermés et dans les conditions prévues par la réglementation, la convention du collecteur et les règles applicables au transport de matières dangereuses. Un sac libre dans la cellule sanitaire ou mélangé au matériel propre n’est pas acceptable.
Que faire si un contenant fuit ou est perforé ?
Isolez immédiatement la zone, interdisez toute manipulation à mains nues et appliquez le protocole interne de suremballage compatible. Signalez l’incident au responsable, remplacez le contenant et tracez l’anomalie. Ne transvasez pas manuellement son contenu.
Faut-il former tous les bénévoles à la gestion des DASRI ?
Toute personne susceptible de produire, fermer, déplacer ou stocker un déchet doit connaître les consignes correspondant à son rôle. Un briefing court avant chaque DPS complète la formation initiale et réduit les écarts entre antennes.
Piloter la procédure au quotidien
Une gestion DASRI poste de secours fiable repose sur cinq réflexes : classifier, conditionner, sécuriser, évacuer et prouver. La procédure doit rester assez simple pour être appliquée sous pression, tout en couvrant les différents sites et prestataires de l’association.
Pour passer de la checklist papier à un suivi régulier, eBrigade peut centraliser les responsables de mission, les documents opérationnels, les contrôles de matériel et les rappels logistiques. L’association dispose ainsi d’un cadre concret pour préparer chaque DPS, suivre les actions correctives et conserver des preuves accessibles sans disperser les informations entre plusieurs tableurs.
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