Par Marie Lefèvre · Experte associations & sécurité civile · Publié le
Checklist poste de secours DPS : 7 points avant ouverture

Une checklist poste de secours DPS désigne la liste écrite des vérifications qu’un chef de dispositif réalise avant l’ouverture au public, pour s’assurer que le matériel, les documents, l’équipe et les liaisons avec les secours publics sont en ordre. Elle protège juridiquement l’association agréée de sécurité civile, accélère l’installation et évite les oublis coûteux le jour de l’événement.
À retenir
- La checklist est l’outil du chef de dispositif pour tracer l’ouverture du poste de secours.
- Elle couvre cinq domaines : documents, matériel individuel, matériel collectif, équipe et liaisons.
- Elle se signe et s’archive au même titre que la main courante.
- Une installation structurée fait gagner 30 à 45 minutes sur un DPS de petite envergure.
- Elle élimine la plupart des aléas de début de poste : radio en panne, dotation incomplète, confusion des rôles.
Pourquoi une checklist d’installation sécurise votre dispositif prévisionnel de secours ?
Une checklist d’installation sécurise votre DPS parce qu’elle fige par écrit les contrôles à passer avant l’arrivée du public, à un moment où le chef de dispositif est sollicité de toutes parts. Sans support, un oubli devient probable : lampe de laryngoscope à plat, flacon de sérum périmé, fréquence radio non partagée, numéro du CODIS non affiché. Avec un support, le chef passe les postes un par un et signe chaque case.
Cette checklist répond aussi aux attentes du référentiel national des missions de sécurité civile (RNMSC) : la preuve que l’association a préparé le poste conditionne la validité de la convention signée avec l’organisateur. En cas de contestation ou de retour d’expérience après un incident, la checklist datée et signée devient un élément opposable, au même titre que la main courante du poste de secours.
Quels documents vérifier avant l’ouverture du poste de secours ?
Les documents à vérifier avant l’ouverture sont au nombre de six : la convention DPS, la déclaration en préfecture, la grille de dimensionnement RNDPS, les ordres de mission nominatifs des secouristes, un stock de fiches bilan victime vierges, et la main courante papier ou numérique.
- Convention DPS signée par l’association et l’organisateur, à présenter en cas de contrôle.
- Récépissé de déclaration si l’événement rassemble plus de 1 500 personnes (circulaire DGSCGC).
- Grille d’évaluation justifiant la catégorie du dispositif.
- Ordres de mission de chaque équipier PSE, avec diplôme en cours de validité.
- Dossier médical vierge : fiches bilan victime, consentements, feuille de refus de soins.
- Annuaire opérationnel avec numéros du CODIS, du SAMU, de l’organisateur, du référent sécurité et de l’hôpital receveur.
Un classeur rigide ou une application de gestion DPS gardent ces pièces disponibles en moins de dix secondes.
Comment organiser l’espace et le matériel dans la tente de secours ?
L’espace du poste de secours s’organise en cinq zones distinctes pour fluidifier les gestes : réception, soins, brancardage, matériel et communication. Cette répartition évite les croisements de flux entre une victime qui arrive et une équipe qui part en patrouille.
- Zone réception : table basse, chaise, pochette d’accueil, point d’eau.
- Zone soins : brancard ou plan dur, oxygène, défibrillateur, aspirateur de mucosités, consommables.
- Zone brancardage : chaise de portage, matelas coquille, attelles, minerves.
- Zone matériel : sac d’intervention secouriste prêt à partir, conteneur DASRI, réserves.
- Zone communication : radios en charge, main courante, cartographie du site, horloge murale.
Un sens de circulation marqué au sol limite la contamination entre matériel propre et matériel souillé. Pour un DPS moyenne envergure, une tente de 4 × 4 mètres reste un minimum raisonnable.
Quels équipements valider sur site avant le top départ ?
Les équipements à valider avant le top départ sont le défibrillateur automatisé externe (DAE), les bouteilles d’oxygène, les sacs d’intervention, les postes radio, le lot d’immobilisation et le véhicule de premier secours à personnes (VPSP) si l’équipe en dispose. Chaque équipement fait l’objet d’un contrôle fonctionnel, pas d’une simple vérification visuelle.
- DAE : auto-test au vert, électrodes non périmées, batterie chargée.
- Oxygène médical : manomètre lu et noté, deuxième bouteille de secours sur site, masques haute concentration disponibles.
- Sacs d’intervention : inventaire signé le matin, consommables dans leur date de validité.
- Radios : canal programmé, piles neuves, portée testée entre poste fixe et équipe mobile.
- Lot d’immobilisation : attelles toutes tailles, minerves, matelas coquille, drap de portage.
- VPSP : plein de carburant, DAE embarqué, feuille de route, désinfection validée.
- DASRI et déchets : conteneurs scellés, prestataire de collecte identifié.
Noter chaque validation sur la checklist crée la preuve de contrôle. En cas de panne détectée, le chef de dispositif a encore le temps de solliciter un renfort ou un prêt de matériel auprès d’une association partenaire.
Comment briefer l’équipe secouriste à l’arrivée ?
Le briefing de l’équipe secouriste à l’arrivée dure une quinzaine de minutes et couvre sept points : la configuration du site, les rôles de chacun, les fréquences radio, les procédures d’alerte, le point de ralliement du véhicule de secours public, les horaires de relève et la conduite à tenir face aux risques spécifiques de l’événement (canicule, foule dense, consommation d’alcool).
- Présentation nominative de chaque équipier, grade et diplôme (PSE1, PSE2, chef d’équipe PSE, chef de dispositif).
- Rappel des canaux radio et des messages types, en particulier la demande de renfort.
- Carte du site avec portes, points d’eau, zones à risque et chemin d’évacuation d’une civière.
- Scénarios du jour : point chaud à tenir, horaires de forte affluence, moment de dispersion.
- Rotation des équipes toutes les trois à quatre heures, obligatoire par forte chaleur.
- Règles de communication avec le public, l’organisateur et la presse.
Formaliser ce briefing dans un support court évite les demi-mesures sur le terrain.
Questions fréquentes
Combien de temps prévoir pour l’installation d’un poste de secours DPS ?
Il faut compter 60 à 90 minutes pour un dispositif de petite envergure (PAPS, PSP) et 2 à 3 heures pour un grand dispositif, briefing inclus. L’arrivée des équipiers se cale 30 minutes avant l’ouverture au public, au minimum.
Qui signe la checklist d’ouverture du poste de secours ?
La checklist est signée par le chef de dispositif, qui engage l’association, et contresignée par le chef d’équipe PSE présent sur le poste. Les deux signatures protègent chacun en cas de retour d’expérience après un incident.
Que faire si un équipement manque à l’installation ?
Si un équipement obligatoire manque, le chef de dispositif sollicite un renfort auprès d’une association partenaire, demande un report d’ouverture à l’organisateur ou dégrade la catégorie du DPS en informant la préfecture. Ouvrir un poste non conforme engage sa responsabilité.
Quelle checklist pour un PAPS plutôt qu’un DPS de grande envergure ?
La trame reste la même, mais le volume de contrôles diffère : un point d’alerte et de premiers secours (PAPS) à deux équipiers tient sur une page, un grand dispositif multi-postes réclame une checklist par poste plus une synthèse globale au chef de dispositif.
Faut-il archiver la checklist après l’événement ?
Oui : la checklist signée s’archive avec la main courante, la fiche bilan victime et la convention, pendant la durée que l’association fixe dans sa politique d’archivage (généralement cinq ans). Elle sert en cas d’audit préfectoral ou de retour d’expérience interne.
De la checklist papier au pilotage numérique
Une checklist sur papier remplit son rôle juridique, mais elle se perd, se mouille et oblige à ressaisir chaque contrôle après l’événement. Un logiciel de gestion comme eBrigade centralise les checklists, les fiches secouristes, la main courante, le suivi du matériel et l’archivage des documents du dispositif. Le chef de dispositif coche, signe et clôt son poste en quelques secondes, et le siège de l’association retrouve l’historique d’un DPS à la demande, utile pour préparer la prochaine saison événementielle ou répondre à une préfecture.
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