Par Joseph · Expert eBrigade Technologies · Publié le

Alarme incendie ERP : les 4 types et leurs obligations

L’alarme incendie dans un ERP (Établissement Recevant du Public) est bien plus qu’une simple sonnerie : elle doit alerter chaque occupant dans un délai suffisant pour organiser l’évacuation. Mais tous les ERP n’ont pas besoin du même matériel.

L’alarme incendie ERP désigne l’équipement normalisé qui, en cas de détection ou de déclenchement manuel, émet un signal sonore d’évacuation audible depuis tout point de l’établissement ; elle se décline en 4 types réglementaires (1, 2a/2b, 3, 4) imposés selon la catégorie, l’effectif et la présence de locaux à sommeil, conformément à l’arrêté du 25 juin 1980 fixant le règlement de sécurité des ERP.

Ce guide détaille les 4 types d’alarme incendie, leur correspondance avec la catégorie d’ERP et les contrôles périodiques à inscrire au registre de sécurité.

À quoi sert l’alarme incendie dans un ERP ?

L’alarme incendie ERP a une fonction unique : donner l’ordre d’évacuation. Elle ne combat pas le feu et ne prévient pas automatiquement les secours extérieurs (sauf si elle est couplée à un équipement de transmission). Son rôle est de déclencher la mise en sécurité des personnes avant que les fumées rendent les circulations impraticables.

Trois éléments la composent :

  • un équipement de commande (centrale d’alarme, UGA — unité de gestion d’alarme — ou boîtier d’alarme sonore BAAS) ;
  • des déclencheurs manuels (DM, boîtiers rouges) installés à chaque niveau près des issues ;
  • des diffuseurs sonores (DS) couvrant tout le bâtiment, voix humaine incluse pour les plus petits ERP.

Dans les établissements les plus sensibles, l’alarme est pilotée par un Système de Sécurité Incendie (SSI) complet qui gère également la détection automatique, le désenfumage et le compartimentage. Pour comprendre l’architecture globale, consultez notre guide des catégories SSI dans un ERP.

Quels sont les 4 types d’alarme incendie en ERP ?

Les types d’alarme — officiellement équipements d’alarme (EA) — sont définis par l’article MS 62 du règlement de sécurité. Ils vont du dispositif le plus complet (type 1) au plus simple (type 4), chacun répondant à un niveau de risque et à une capacité d’accueil précis.

Alarme de type 1

Alarme la plus complète, obligatoire dans les ERP les plus exposés. Elle est associée à un SSI de catégorie A : détection automatique d’incendie, UGA et asservissements (désenfumage, portes coupe-feu, ascenseurs).

  • Signal : son normalisé NF S 32-001 (alarme générale sélective puis générale).
  • Déclenchement : automatique (détecteurs) ou manuel (DM).
  • Temporisation possible : jusqu’à 5 minutes avant diffusion générale, pilotée depuis le PC sécurité.
  • Public visé : ERP avec locaux à sommeil (hôtels, hôpitaux, EHPAD, internats) de 1re à 4e catégorie.

Alarme de type 2a

Elle fonctionne avec un tableau de signalisation d’alarme (centrale UGA) alimenté par source normale + source de sécurité. Le signal provient uniquement des déclencheurs manuels — pas de détection automatique.

  • Public visé : ERP sans locaux à sommeil de 1re et 2e catégorie, et locaux à sommeil de 3e catégorie.
  • Diffusion : immédiate, sans temporisation.

Alarme de type 2b

Version simplifiée du 2a : la centrale est remplacée par des BAAS de type Pr (principal) couplés à des BAAS Sa (satellite). Le câblage inter-dispositifs est allégé.

  • Public visé : ERP sans sommeil de 3e catégorie et certains ERP de 4e catégorie avec sommeil.

Alarme de type 3

Repose sur des BAAS de type Ma (manuel) : boîtiers autonomes intégrant chacun déclencheur, pile et diffuseur sonore. Pas de centrale, pas de câblage inter-dispositifs.

  • Public visé : ERP de 4e catégorie sans sommeil et certains locaux de 5e catégorie.

Alarme de type 4

Le dispositif le plus simple : tout équipement sonore audible de tous les occupants — BAAS Sa, cloche, sifflet, corne de brume, voire la voix humaine dans les très petites structures.

  • Public visé : ERP de 5e catégorie sans locaux à sommeil (petits commerces, cabinets libéraux, restaurants de moins de 200 personnes selon l’activité).

Comment déterminer le type d’alarme obligatoire pour mon ERP ?

Le type d’alarme ERP dépend de trois critères cumulatifs : la catégorie de l’établissement (1re à 5e), son activité (code M, N, O, R, U, J…) et la présence ou non de locaux à sommeil. Le choix est verrouillé par l’arrêté du 25 juin 1980 et ses dispositions particulières à chaque type d’exploitation.

Tableau de correspondance synthétique :

Catégorie ERPAvec locaux à sommeilSans locaux à sommeil
1re et 2eType 1Type 2a
3eType 2aType 2b
4eType 3Type 3
5eType 2b minimumType 4

Trois points de vigilance :

  1. Les ERP de type U (sanitaires) et J (sommeil pour personnes âgées) imposent presque systématiquement un SSI de catégorie A et une alarme de type 1, quelle que soit la catégorie.
  2. Les ERP de type R (enseignement) avec internat basculent eux aussi en type 1.
  3. Un changement d’activité ou de capacité peut imposer une mise à niveau : la commission de sécurité le vérifie à chaque visite périodique.

En cas de doute, demandez l’avis du bureau de prévention du SDIS ou d’un coordonnateur SSI avant de commander l’équipement. Une installation non conforme bloque l’avis favorable d’exploitation et retarde l’ouverture.

Quels contrôles et vérifications périodiques prévoir ?

L’exploitant d’un ERP est responsable du maintien en état de fonctionnement de l’alarme incendie. Les vérifications se répartissent sur quatre échéances, toutes consignées au registre de sécurité ERP.

  • Hebdomadaire : contrôle visuel des DM, voyants d’alimentation et absence d’anomalies (durée : 15 à 30 minutes).
  • Mensuel : essai d’un DM par niveau, test de la diffusion sonore, vérification du passage sur source de secours.
  • Semestriel : essai complet par un technicien compétent (interne ou prestataire) sur tout le périmètre, rapport consigné.
  • Annuel : vérification réglementaire Q18 réalisée par un organisme agréé. Rapport remis au chef d’établissement.

À cela s’ajoute la vérification quinquennale du SSI de catégorie A par un vérificateur agréé indépendant de l’installateur. Ces échéances sont opposables en commission de sécurité : un registre lacunaire est l’une des premières causes d’avis défavorable.

Pour éviter les oublis, de nombreux exploitants couplent le registre papier à un suivi numérique : alertes avant échéance, pièces jointes (rapport Q18), historique traçable. Les équipes SSIAP peuvent également consulter leur planning de poste SSIAP et consigner leurs rondes sur le même outil.

À retenir

  • Les 4 types d’alarme incendie ERP (1, 2a/2b, 3, 4) sont définis par l’arrêté du 25 juin 1980.
  • Le type dépend de la catégorie ERP, de l’activité (M, N, O, R, U, J…) et de la présence de locaux à sommeil.
  • Les ERP avec sommeil et les ERP de type U/J basculent presque toujours en type 1 + SSI A.
  • Les contrôles se répartissent en cinq temps : hebdo, mensuel, semestriel, annuel (Q18) et quinquennal.
  • Un registre de sécurité tenu à jour conditionne l’avis favorable d’exploitation.

FAQ

Quelle différence entre SSI et alarme incendie ERP ?

Le SSI (Système de Sécurité Incendie) est l’ensemble du dispositif : détection automatique, désenfumage, compartimentage, mise en sécurité. L’alarme incendie n’en est qu’une fonction — la diffusion du signal d’évacuation. Un ERP peut avoir une alarme sans SSI complet (types 2a à 4) mais pas l’inverse pour les catégories supérieures.

Un ERP de 5e catégorie doit-il obligatoirement avoir une alarme incendie ?

Oui. Même les plus petits ERP de 5e catégorie (cabinets, boutiques, restaurants) doivent disposer d’une alarme de type 4 au minimum — ce qui peut aller du simple sifflet d’évacuation à une cloche ou à un BAAS Sa, selon l’effectif réel et la configuration des locaux.

Qui peut réaliser la vérification annuelle Q18 ?

Un organisme agréé par le ministère de l’Intérieur, indépendant de l’installateur. Pour la plupart des ERP, un bureau de contrôle agréé (Apave, Socotec, Bureau Veritas, Dekra…) réalise la mission. Le rapport est joint au registre de sécurité et présenté à la commission de sécurité.

Faut-il former les employés au déclenchement de l’alarme ?

Oui. L’article R.4227-39 du Code du travail impose un exercice d’évacuation tous les 6 mois dans les lieux de travail recevant du public ; la formation à l’usage des DM y est intégrée. Voir notre guide des exercices d’évacuation en ERP.

Que risque un exploitant d’ERP en cas d’alarme non conforme ?

Un avis défavorable de la commission de sécurité peut déboucher sur une fermeture administrative. En cas de sinistre, la responsabilité pénale du chef d’établissement est engagée (mise en danger d’autrui, article 223-1 du Code pénal), avec des peines pouvant atteindre 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

Centraliser le suivi de votre alarme incendie et de votre registre de sécurité

Suivre à la main les échéances hebdomadaires, mensuelles, semestrielles et annuelles d’une alarme incendie — multipliées par le nombre de sites — devient vite ingérable. Une seule case oubliée au registre et c’est l’avis favorable de la commission qui vacille.

eBrigade centralise sur une même plateforme le registre de sécurité, les plannings SSIAP, les mains courantes, les rapports de ronde et les alertes avant chaque échéance Q18. Les équipes de prévention, les chefs d’établissement et les coordinateurs SSI accèdent aux documents utiles depuis mobile, et le préventionniste SDIS retrouve un dossier structuré lors de sa visite périodique.

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