Par Sarah · Rédactrice eBrigade · Publié le 20 juillet 2026
Registre de sécurité ERP : obligations légales et tenue au quotidien
Le registre de sécurité ERP est un document réglementaire obligatoire pour tout établissement recevant du public, quelle que soit sa catégorie. Il centralise l’ensemble des informations nécessaires au contrôle de la sécurité incendie, à la traçabilité des vérifications techniques et à la gestion des travaux affectant la sécurité. Mal tenu, il expose le responsable à des sanctions administratives, à des difficultés lors des visites de la commission de sécurité, voire à une mise en cause pénale en cas d’accident.
Un registre de sécurité ERP bien tenu n’est pas seulement une obligation légale : c’est un outil de pilotage qui permet de savoir, à tout moment, si les installations sont conformes, quels contrôles sont à planifier et quelles anomalies sont en attente de traitement.
La vraie difficulté ne réside pas dans l’existence du registre mais dans sa mise à jour régulière. Un registre à jour au moment d’une visite de commission, puis abandonné, ne protège ni l’établissement ni ses occupants.
Quelle est la base réglementaire du registre de sécurité ERP ?
Le registre de sécurité ERP est imposé par le règlement de sécurité contre l’incendie relatif aux établissements recevant du public, issu de l’arrêté du 25 juin 1980 et de ses modifications successives. L’article MS 46 en fixe le principe général ; d’autres articles précisent les obligations spécifiques selon le type et la catégorie de l’établissement.
Son contenu n’est pas libre : il doit refléter la réalité des vérifications effectuées, des travaux réalisés et des observations formulées par les organismes agréés ou la commission de sécurité.
Les textes s’appliquent à tous les ERP, de la première à la cinquième catégorie, avec des exigences adaptées à l’effectif maximal et à l’activité de l’établissement.
Que doit contenir un registre de sécurité ERP ?
Le contenu obligatoire comprend plusieurs grandes familles de documents :
L’état du personnel concerné par la sécurité
- noms et fonctions des agents chargés du service de sécurité incendie (SSIAP) ;
- qualifications et habilitations correspondantes ;
- dates de recyclage et de remise à niveau.
Les vérifications périodiques réglementaires
| Installation ou système | Périodicité habituelle |
|---|---|
| Moyens de lutte contre l’incendie (extincteurs, RIA) | Annuelle |
| Système de sécurité incendie (SSI) | Annuelle |
| Éclairage de sécurité (BAES, bloc de secours) | Mensuelle et annuelle |
| Installations électriques | Annuelle ou selon catégorie |
| Ascenseurs | Semestrielle et quinquennale |
| Installations de gaz | Annuelle |
| Chauffage et ventilation | Selon équipements |
| Désenfumage | Annuelle |
Chaque vérification doit être attestée par un rapport signé par l’organisme ou le technicien compétent. Le rapport doit être conservé dans le registre ou y être joint par référence.
Les exercices d’évacuation
Pour les ERP soumis à cette obligation, le registre doit mentionner la date de chaque exercice, le nombre de personnes présentes, le temps d’évacuation observé et les difficultés constatées.
Les travaux ayant une incidence sur la sécurité
Tout aménagement, modification d’installation ou changement d’affectation de local susceptible d’affecter la sécurité doit être consigné, avec la date d’exécution, la nature de l’intervention et l’entreprise intervenante.
Les observations des commissions de sécurité
Les avis formulés lors des visites périodiques ou inopinées de la commission de sécurité doivent être inscrits, avec la date de la visite, les prescriptions émises et les suites données à chaque observation.
Qui est responsable de la tenue du registre ?
La responsabilité du registre de sécurité ERP incombe au chef d’établissement ou à la personne qu’il désigne expressément. En cas de délégation, celle-ci doit être formalisée et la personne désignée doit disposer des moyens nécessaires pour exercer effectivement cette mission.
Dans un établissement géré par un exploitant au nom d’une personne morale (association, société, collectivité), la responsabilité peut se partager entre le propriétaire des locaux et l’exploitant. La répartition des obligations doit être clarifiée dans les contrats ou conventions liant les deux parties.
En cas de contrôle ou d’accident, l’absence de registre ou un registre manifestement incomplet constitue un élément à charge. L’argument selon lequel les vérifications ont été réalisées sans être consignées ne dispense pas des conséquences liées à l’absence de traçabilité.
Sous quelle forme tenir le registre de sécurité ERP ?
La réglementation n’impose pas de format physique particulier. Le registre peut être tenu :
- sous forme papier, dans un classeur dédié, accessible à toute personne autorisée ;
- sous forme numérique, dès lors que les documents peuvent être présentés immédiatement lors d’une visite de la commission de sécurité et que l’intégrité des enregistrements est assurée.
Quelle que soit la forme choisie, le registre doit être présenté à toute demande de la commission de sécurité ou de l’autorité de police administrative compétente. Un registre numérique accessible uniquement depuis un poste absent lors de la visite n’est pas satisfaisant.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?
Registre incomplet à la suite de travaux
Un changement de système d’éclairage de sécurité, un recloisonnement ou l’installation d’un nouveau dispositif de fermeture automatique doivent être tracés. Les travaux réalisés sans mise à jour du registre créent des zones d’ombre sur l’état réel de l’établissement.
Rapports de vérification non joints
Certains exploitants conservent les rapports d’organismes agréés dans des dossiers distincts. Si ces documents ne sont pas intégrés au registre ou référencés de façon exploitable, le registre ne reflète pas la réalité des vérifications.
Observations de commission restées sans suite
Une observation formulée lors d’une visite précédente et non résolue lors de la visite suivante aggrave la situation de l’établissement. Le registre doit montrer non seulement la prescription, mais aussi les actions entreprises et leur date de réalisation.
Registre non présenté lors de la visite
L’incapacité à présenter le registre lors d’une visite inopinée ou planifiée constitue un manquement grave. Le registre doit être accessible sans délai.
Comment planifier les vérifications pour maintenir le registre à jour ?
Un registre de sécurité ERP ne se tient pas dans l’urgence d’une visite de commission. Il se construit au fil des vérifications effectuées tout au long de l’année.
Une approche opérationnelle efficace consiste à :
- lister toutes les installations soumises à vérification périodique et identifier la date de la dernière vérification pour chacune ;
- calculer la prochaine échéance et la reporter dans un planning annuel ;
- mandater les organismes ou techniciens compétents avant la date limite, pas au dernier moment ;
- intégrer les rapports dans le registre dès réception, sans attendre un classement ultérieur ;
- noter immédiatement toute anomalie signalée et la durée prévue de correction ;
- vérifier, à intervalles réguliers, que les actions correctives ont bien été réalisées.
Cette discipline évite les situations où un rapport manquant, une vérification oubliée ou une anomalie non résolue apparaît lors d’une visite de commission.
Quelle articulation avec le dossier technique de l’établissement ?
Le registre de sécurité ERP doit être distingué du dossier technique de l’établissement, qui regroupe les plans, notices de sécurité, autorisation d’ouverture et correspondances administratives. Ces deux ensembles se complètent mais n’ont pas la même fonction : le dossier technique décrit l’établissement tel qu’il a été autorisé ; le registre de sécurité trace ce qui s’est passé depuis l’ouverture.
En pratique, il est utile que les deux soient disponibles ensemble lors d’une visite de commission, afin de pouvoir confronter la situation actuelle à la situation autorisée.
À retenir
- Le registre de sécurité ERP est obligatoire pour tout établissement recevant du public, dès la première catégorie jusqu’à la cinquième.
- Il doit consigner les vérifications périodiques, les exercices, les travaux et les observations des commissions.
- La responsabilité de sa tenue incombe au chef d’établissement ou à son délégataire désigné.
- Un registre incomplet ou non présentable lors d’une visite expose à des sanctions administratives et pénales.
- La clé d’un registre utile est la mise à jour systématique après chaque vérification, travaux ou observation.
FAQ — registre de sécurité ERP
Le registre de sécurité ERP est-il obligatoire pour un ERP de 5e catégorie ?
Oui. L’obligation s’applique à tous les ERP, quelle que soit la catégorie. Les exigences de contenu et de fréquence des vérifications sont toutefois adaptées à l’effectif et à l’activité de l’établissement.
Peut-on tenir le registre de sécurité ERP sous format numérique ?
Oui, sous réserve que les documents soient présentables immédiatement lors d’une visite de la commission de sécurité et que leur intégrité soit assurée. Un format numérique non accessible lors d’une visite ne satisfait pas à l’obligation.
Combien de temps doit-on conserver le registre de sécurité ERP ?
Il n’existe pas de durée légale de conservation explicitement fixée pour le registre lui-même, mais les documents qu’il contient peuvent être nécessaires en cas de litige ou d’enquête. Il est recommandé de conserver le registre et ses pièces jointes au moins dix ans.
Que se passe-t-il si le registre est absent lors d’une visite de commission ?
L’absence du registre constitue un manquement constaté dans le procès-verbal de la commission de sécurité. Cela peut entraîner une mise en demeure, une prescription formelle, voire une proposition de fermeture de l’établissement si d’autres lacunes sont constatées simultanément.
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