Par la rédaction eBrigade · Publié le

Comment gérer une syncope en DPS en 5 étapes essentielles

Une perte de connaissance brève au milieu d’un événement peut sembler résolue dès que la personne rouvre les yeux. Pourtant, une syncope en DPS exige un bilan méthodique : une récupération rapide n’écarte ni une cause cardiaque ni un traumatisme provoqué par la chute.

Une syncope en DPS désigne une perte de connaissance complète, brutale, généralement brève et spontanément résolutive, prise en charge dans un dispositif prévisionnel de secours. L’équipe secouriste doit protéger la victime, contrôler ses fonctions vitales, rechercher les signes de gravité, demander un avis médical et documenter précisément l’épisode.

Ce guide donne aux directeurs d’associations agréées de sécurité civile et à leurs responsables opérationnels une conduite organisationnelle en cinq étapes. Les gestes restent ceux des référentiels en vigueur, de la formation détenue par les intervenants et des instructions du médecin régulateur.

À retenir

Pour gérer une syncope en DPS, l’équipe doit :

  1. sécuriser la zone et prévenir un second accident ;
  2. évaluer immédiatement conscience et respiration ;
  3. réaliser un bilan circonstanciel, vital et complémentaire ;
  4. transmettre sans délai les signes de gravité au SAMU ;
  5. surveiller, tracer et organiser la relève ou l’évacuation.

Une victime réveillée ne doit pas être remise debout précipitamment. Toute nouvelle altération de la conscience ou respiration absente ou anormale impose de basculer immédiatement vers la conduite prévue pour l’urgence vitale.

Comment reconnaître une syncope en DPS ?

Une syncope associe une perte de connaissance complète, une perte du tonus postural, un début rapide et un retour spontané à un état de conscience normal. L’Assurance Maladie précise qu’elle dure habituellement de quelques secondes à moins de trois minutes et résulte d’une diminution passagère de l’afflux sanguin vers le cerveau.

Les témoins peuvent rapporter une chute soudaine. Des signes annonciateurs sont parfois présents : sueurs, nausées, étourdissement, faiblesse des jambes ou vision trouble. Leur absence ne permet pas de conclure à une cause bénigne.

Le terme « syncope » décrit un symptôme, pas son origine. Le chef d’équipe ne doit donc pas étiqueter trop vite l’événement comme un simple malaise vagal.

Situation observéeÉlément distinctifPriorité secouriste
LipothymieSensation de malaise sans perte totale de connaissanceInstaller, examiner et surveiller
SyncopePerte de connaissance brève avec récupération spontanéeBilan complet et avis médical
Perte de connaissance persistanteVictime qui ne répond pas mais respireLibérer les voies aériennes et appliquer le protocole adapté
Crise convulsiveMouvements involontaires, récupération souvent progressiveProtéger, chronométrer et surveiller
Arrêt cardiaqueVictime inconsciente avec respiration absente ou anormaleAlerte, réanimation et défibrillation immédiates

Le guide consacré à la victime inconsciente qui respire complète cette distinction pour la phase où la victime ne répond toujours pas.

Quelles sont les 5 étapes de prise en charge ?

La prise en charge d’une syncope en DPS suit une séquence stable : protéger, évaluer, interroger, transmettre, puis surveiller. Cette organisation limite les oublis et permet à chaque équipier de connaître son rôle.

1. Sécuriser la victime et la scène

Supprimez ou faites supprimer le danger immédiat : circulation de personnes, matériel au sol, foule compacte, chaleur, véhicule ou installation électrique. Demandez à un équipier de créer un espace de travail et de rechercher des témoins directs.

Laissez la victime allongée pendant l’évaluation initiale. Ne la relevez pas dès le réveil, même si elle affirme aller mieux. Examinez aussi les conséquences de la chute : impact crânien, douleur cervicale, plaie, déformation ou douleur d’un membre.

2. Contrôler conscience et respiration

Recherchez immédiatement une réponse à une sollicitation verbale et physique, puis vérifiez la respiration conformément au référentiel Premiers Secours en Équipe (PSE). Une victime inconsciente qui respire doit bénéficier de la libération et du maintien des voies aériennes selon la situation, notamment en tenant compte d’un éventuel traumatisme.

Une respiration absente ou anormale fait suspecter un arrêt cardiaque. Faites alors alerter les secours, apporter le défibrillateur automatisé externe et appliquez sans délai la procédure de réanimation correspondant à votre niveau de formation.

3. Reconstituer précisément l’épisode

Le bilan circonstanciel commence auprès des témoins, car la victime peut ne garder aucun souvenir de la chute. Recueillez notamment :

  • l’heure et la durée estimée de la perte de connaissance ;
  • la position et l’activité avant la chute ;
  • les signes annonciateurs éventuels ;
  • la présence de mouvements anormaux ;
  • l’existence d’un choc, notamment à la tête ;
  • la couleur de la peau et l’aspect de la respiration ;
  • la rapidité et la qualité de la récupération.

Une fois la victime réveillée, recherchez les plaintes, antécédents, traitements, allergies et épisodes similaires. Relevez les paramètres prévus par votre référentiel et votre dotation. Notez les heures exactes plutôt que des formulations vagues comme « environ deux minutes ».

4. Repérer la gravité et transmettre le bilan

Une récupération rapide ne suffit pas à rassurer. Demandez un avis médical selon votre procédure opérationnelle et signalez immédiatement tout critère préoccupant.

Les principaux signaux d’alerte sont :

  • absence de récupération complète ou nouvelle perte de connaissance ;
  • respiration anormale, pouls très rapide, très lent ou irrégulier selon l’évaluation autorisée ;
  • douleur thoracique, palpitations ou essoufflement ;
  • syncope pendant un effort ou sans signe annonciateur ;
  • déficit neurologique, confusion persistante ou céphalée intense ;
  • traumatisme consécutif à la chute ;
  • hémorragie, intoxication possible ou grossesse connue ;
  • antécédent cardiaque ou épisodes répétés ;
  • syncope chez une personne vulnérable ou récupération inhabituelle.

La transmission doit présenter les faits dans l’ordre : contexte, état initial, durée, évolution, bilan actuel, antécédents utiles et gestes réalisés. La méthode détaillée pour transmettre un bilan victime aux secours aide à standardiser ce message.

5. Surveiller et tracer jusqu’à la décision médicale

La surveillance continue après le réveil, car l’état de la victime peut de nouveau se dégrader. Réévaluez régulièrement la conscience, la respiration, les plaintes et les paramètres accessibles à votre niveau de compétence. Conservez la victime au calme et protégez-la du froid, de la chaleur et de l’agitation du public.

N’administrez ni boisson, ni aliment, ni médicament de votre propre initiative. Respectez les consignes du médecin régulateur et les protocoles applicables à votre structure. Organisez ensuite l’évacuation, la remise à un moyen de secours ou la conduite décidée par la régulation.

Inscrivez dans la fiche bilan les constatations, horaires, valeurs relevées, gestes, évolutions et consignes reçues. Les références techniques nationales applicables à la fiche bilan permettent d’harmoniser les pratiques documentaires.

Comment préparer les équipes avant le prochain DPS ?

Une association secouriste prépare la gestion des syncopes avant l’ouverture du poste en définissant les rôles, le circuit d’alerte et les supports de traçabilité. Cette préparation évite qu’un équipier cherche un tensiomètre, un défibrillateur ou le numéro de la régulation pendant l’intervention.

Intégrez au briefing une vérification courte :

  • attribution du chef d’intervention et de l’équipier chargé de l’alerte ;
  • emplacement du défibrillateur et contrôle de son état opérationnel ;
  • disponibilité du matériel de bilan et de protection ;
  • accès des moyens de secours jusqu’au poste ;
  • canal radio et solution de repli en cas de réseau saturé ;
  • modèle de fiche bilan et règles de conservation ;
  • point de transmission sécurisé, à l’écart du public.

Pour les événements exposés à la chaleur, à la station debout prolongée ou à une forte densité de public, repérez aussi les zones fraîches et les cheminements d’évacuation. Le briefing des secouristes en DPS fournit une trame réutilisable avant la prise de poste.

Le responsable associatif doit enfin exploiter les prises en charge sans collecter plus de données de santé que nécessaire. Une revue anonymisée peut révéler un besoin de recyclage, un problème de transmission radio ou un matériel mal positionné.

Quelles erreurs faut-il éviter ?

Les erreurs les plus fréquentes consistent à banaliser la récupération, relever trop vite la victime et transmettre un bilan incomplet. Une syncope apparemment simple peut révéler une cause sérieuse ou avoir provoqué un traumatisme passé inaperçu.

Évitez notamment de :

  • conclure à un malaise vagal sans bilan complet ;
  • laisser la victime repartir seule après son réveil ;
  • omettre d’interroger les témoins ;
  • donner systématiquement du sucre ou de l’eau ;
  • minimiser une syncope survenue pendant l’effort ;
  • oublier de noter la durée et les récidives ;
  • communiquer des données médicales sur un canal radio ouvert ;
  • clôturer la fiche avant la décision de la régulation.

Les références techniques nationales de secourisme de la Sécurité civile doivent rester la base des procédures internes. La page de l’Assurance Maladie sur la perte de connaissance détaille également la définition de la syncope et les signes imposant une alerte urgente.

FAQ sur la syncope en DPS

Une victime réveillée après une syncope peut-elle repartir immédiatement ?

Non. Une victime réveillée doit rester sous surveillance pendant le bilan et jusqu’à la conduite décidée après avis médical. La récupération spontanée ne détermine ni la cause de la syncope ni l’absence de traumatisme.

Faut-il mettre systématiquement la victime en position latérale de sécurité ?

La position dépend de l’état de conscience, de la respiration, du contexte traumatique et du référentiel appliqué. Une victime qui reste inconsciente et respire nécessite la protection de ses voies aériennes selon les techniques enseignées. Une victime redevenue consciente reste installée dans une position adaptée à son état et surveillée.

Faut-il donner du sucre après une syncope ?

Non, pas systématiquement. Une syncope n’est pas synonyme d’hypoglycémie. Un apport oral peut être inadapté si la conscience est altérée ou si une autre cause est possible. Les secouristes suivent leur bilan, leur protocole et les consignes de la régulation médicale.

Quels renseignements demander aux témoins ?

Demandez ce que faisait la victime, comment elle est tombée, combien de temps elle n’a pas répondu, si elle a convulsé, comment elle respirait et comment elle a récupéré. Identifiez le témoin afin qu’il puisse répéter ses observations aux secours spécialisés si nécessaire.

Pourquoi tracer une syncope apparemment bénigne ?

La traçabilité établit la chronologie, facilite la décision médicale et garantit la continuité de la prise en charge. Elle permet aussi à l’association d’analyser ses délais d’alerte, la qualité des bilans et les besoins de formation sans établir elle-même de diagnostic.

Transformer le protocole en réflexe quotidien

Une syncope en DPS se gère efficacement lorsque la méthode est connue avant l’incident : protection, contrôle vital, interrogatoire, transmission et surveillance. Le directeur d’association doit rendre cette séquence observable dans les briefings, les fiches bilan et les retours d’expérience, tout en maintenant les compétences et le matériel disponibles.

Pour appliquer cette organisation sur chaque événement, eBrigade permet de centraliser les effectifs qualifiés, les disponibilités, les formations, le matériel, les véhicules et la traçabilité des missions. L’association dispose ainsi d’un cadre concret pour armer ses DPS, affecter les bonnes compétences et conserver un suivi opérationnel cohérent au quotidien.

Partager cet article

Gérez vos équipes terrain avec eBrigade

Planning, formations, habilitations, pointage — tout en un.

Demander une démo gratuite
Essai gratuit 30 jours Sans CB · Sans engagement · Espace prêt en 2 min
Commencer →