Par Manon · Rédactrice eBrigade · Publié le 26 septembre 2026
Comment gérer une victime inconsciente qui respire en DPS
Sur un dispositif prévisionnel de secours, une perte de connaissance impose une réponse immédiate et coordonnée. Face à une victime inconsciente qui respire, l’enjeu consiste à maintenir les voies aériennes libres sans aggraver un éventuel traumatisme.
Une victime inconsciente qui respire ne répond ni aux questions ni aux sollicitations physiques, mais conserve une respiration normale. La conduite à tenir consiste à libérer ses voies aériennes, rechercher un contexte traumatique, choisir la position adaptée, transmettre un bilan précis et surveiller continuellement la respiration jusqu’au relais médical.
Ce guide s’adresse aux chefs d’équipe PSE et aux encadrants de dispositifs prévisionnels de secours (DPS). Il complète les procédures de votre autorité d’emploi et les références techniques nationales de secourisme publiées par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises.
À retenir
- Une respiration agonique, irrégulière ou faite de gasps n’est pas une respiration normale.
- Une origine traumatique modifie le choix de la position d’attente.
- La position latérale de sécurité n’est pas automatique chez une victime traumatisée.
- La respiration doit rester sous surveillance permanente.
- Toute aggravation doit être immédiatement transmise à la régulation médicale.
Comment reconnaître une victime inconsciente qui respire ?
Une victime inconsciente qui respire ne répond pas, ne réagit pas et présente des mouvements respiratoires normaux. L’évaluation doit suivre l’ordre prévu par le bilan secouriste, après sécurisation de la zone et traitement d’une éventuelle hémorragie menaçante.
Recherchez successivement les éléments suivants :
- Absence de réponse verbale : posez une question simple et donnez un ordre précis, comme ouvrir les yeux ou serrer la main.
- Absence de réaction physique : sollicitez prudemment la victime conformément à votre référentiel de formation.
- Liberté des voies aériennes : ouvrez la bouche, recherchez un corps étranger visible et libérez les voies aériennes avec la technique adaptée au contexte.
- Respiration normale : observez le thorax et l’abdomen, écoutez les bruits respiratoires et percevez les mouvements ventilatoires.
Une ventilation très lente, bruyante, irrégulière ou limitée à des gasps doit faire suspecter un arrêt cardiaque. Dans cette situation, appliquez sans délai la conduite à tenir correspondante, avec réanimation cardiopulmonaire et défibrillateur automatisé externe.
Comment intervenir en 5 étapes sur un DPS ?
La prise en charge d’une victime inconsciente qui respire repose sur cinq étapes : protéger, évaluer, rechercher un traumatisme, positionner puis surveiller. Le chef d’équipe répartit les tâches afin que l’alerte, le matériel et la surveillance avancent simultanément.
1. Sécuriser la zone et répartir les rôles
Le premier équipier contrôle les dangers immédiats tandis que le chef d’équipe organise l’intervention. Sur un événement, les risques peuvent venir de la foule, d’un véhicule, d’une structure temporaire, d’une installation électrique ou du mouvement des participants.
Attribuez immédiatement les fonctions :
- un équipier auprès de la tête et des voies aériennes ;
- un équipier chargé du bilan et des constantes ;
- un équipier préparant l’oxygène, l’aspirateur de mucosités et le défibrillateur ;
- un interlocuteur unique pour le poste de commandement et la régulation médicale.
Cette organisation s’inscrit dans le rôle plus large du chef d’équipe PSE et de ses missions opérationnelles. Elle évite les ordres contradictoires et garantit qu’aucune étape critique n’est oubliée.
2. Libérer les voies aériennes et apprécier la respiration
Une perte de tonus peut laisser la langue obstruer les voies aériennes. Des sécrétions, du sang ou des vomissements peuvent également gêner la ventilation.
Libérez les voies aériennes selon la technique enseignée et adaptée à l’âge, à la position et au contexte traumatique. Une aspiration des sécrétions peut être nécessaire si l’encombrement est visible ou audible. L’administration d’oxygène relève des indications, compétences et protocoles applicables à l’équipe PSE.
Ne vous contentez pas d’une première observation. La qualité de la respiration peut évoluer rapidement, notamment après une intoxication, une crise convulsive, un traumatisme crânien ou un malaise grave.
3. Déterminer si l’origine est traumatique
Le contexte traumatique détermine la position de la victime inconsciente qui respire. Interrogez les témoins et recherchez le mécanisme : chute, collision, écrasement, choc à la tête, accident sportif ou découverte inexpliquée au sol.
Le doute doit être considéré comme une information opérationnelle. Une personne découverte inconsciente sans témoin peut avoir chuté avant d’être retrouvée. Maintenez alors l’axe tête-cou-tronc, poursuivez la liberté des voies aériennes et demandez un avis médical.
| Situation observée | Conduite d’attente en équipe PSE |
|---|---|
| Origine connue et non traumatique | Position latérale de sécurité selon le référentiel |
| Traumatisme suspecté ou origine inconnue | Maintien sur le dos, stabilisation et avis médical |
| Vomissement ou régurgitation menaçant les voies aériennes | Retournement coordonné en préservant autant que possible l’axe tête-cou-tronc |
| Respiration absente ou anormale | Conduite à tenir face à l’arrêt cardiaque |
Les logigrammes PSE de juillet 2026 distinguent clairement l’origine non traumatique de l’origine inconnue ou traumatique. Les références techniques nationales et les consignes de la régulation restent toutefois prioritaires.
4. Positionner la victime et transmettre le bilan
Une victime non traumatisée, inconsciente et respirant normalement est placée en position latérale de sécurité afin de maintenir les voies aériennes libres et de favoriser l’écoulement des liquides. Chez une femme enceinte ou une victime obèse, le côté gauche est privilégié lorsque la situation le permet.
Si un traumatisme est suspecté, la victime reste normalement sur le dos avec stabilisation de la tête, dans l’attente d’un avis médical. Une PLS à deux secouristes est alors réalisée sur indication médicale, sauf menace immédiate pour les voies aériennes imposant une adaptation urgente.
Transmettez un bilan structuré comprenant :
- l’heure et les circonstances de découverte ;
- l’absence de réponse et de réaction ;
- les caractéristiques de la respiration ;
- le mécanisme traumatique connu ou suspecté ;
- les constantes et signes de détresse recherchés ;
- les gestes réalisés et leur effet ;
- les antécédents ou traitements retrouvés sans retarder les gestes vitaux.
Une transmission concise peut être préparée avec la méthode décrite dans le guide pour transmettre un bilan victime aux secours.
5. Surveiller sans interruption jusqu’au relais
La surveillance d’une victime inconsciente qui respire est continue, car une perte de connaissance peut évoluer vers un arrêt respiratoire puis cardiaque. Un équipier désigné reste au contact visuel et manuel de la victime pendant toute l’attente et tout déplacement.
Contrôlez notamment :
- les mouvements du thorax et de l’abdomen ;
- la fréquence et la régularité respiratoires ;
- les bruits anormaux ou l’apparition de sécrétions ;
- la coloration de la peau et des lèvres ;
- toute reprise de conscience, agitation ou convulsion ;
- l’efficacité de la position et des gestes entrepris.
Protégez la victime contre le froid, la chaleur et les intempéries sans masquer son visage. Si la respiration s’arrête ou devient anormale, replacez-la sur le dos si nécessaire, commencez la réanimation et signalez immédiatement l’évolution.
Quelles erreurs faut-il éviter ?
Les erreurs les plus dangereuses sont une évaluation trop rapide de la respiration, une PLS systématique malgré un traumatisme et une surveillance intermittente. Le chef d’équipe doit transformer ces risques en points de contrôle observables.
Évitez en particulier de :
- confondre des gasps avec une respiration efficace ;
- asseoir une personne qui ne répond pas ;
- donner à boire, à manger ou un médicament par la bouche ;
- laisser la victime seule pour chercher du matériel ;
- mobiliser inutilement une victime potentiellement traumatisée ;
- attendre la fin du bilan complet avant de demander un avis médical ;
- inscrire des données de santé visibles de tous sur une main courante générale.
La traçabilité reste indispensable. Notez les horaires des évaluations, gestes, transmissions et changements d’état dans une main courante de poste de secours structurée, avec des droits d’accès adaptés aux informations sensibles.
Comment préparer l’équipe avant le prochain DPS ?
La préparation doit permettre à chaque équipier d’exécuter la conduite à tenir sans hésitation et au chef d’équipe de conserver une vision globale. Un exercice court, réaliste et chronométré révèle souvent les problèmes de coordination mieux qu’un simple rappel théorique.
Avant le prochain dispositif :
- vérifiez les dates de formation continue PSE1 et PSE2 ;
- contrôlez l’aspirateur de mucosités, l’oxygène et le défibrillateur ;
- affichez les canaux de transmission et les numéros opérationnels ;
- attribuez les rôles avant l’ouverture du poste ;
- simulez une perte de connaissance traumatique et une aggravation respiratoire ;
- débriefez la communication, la surveillance et la traçabilité.
Le suivi des compétences doit être rattaché à la formation continue PSE1-PSE2 des secouristes associatifs, pilier indispensable de la préparation opérationnelle des équipes.
FAQ sur la victime inconsciente qui respire
Faut-il toujours placer une victime inconsciente en PLS ?
Non. Une victime inconsciente non traumatisée qui respire normalement est placée en PLS. En cas de traumatisme suspecté ou d’origine inconnue, l’équipe PSE maintient généralement la victime sur le dos, stabilise sa tête et sollicite un avis médical.
Combien de temps faut-il surveiller la respiration ?
La respiration doit être surveillée en permanence jusqu’au relais par l’équipe médicale ou le service receveur. Une vérification ponctuelle ne suffit pas, car l’état respiratoire peut s’aggraver brutalement.
Que faire si la victime vomit alors qu’un traumatisme est suspecté ?
Si les vomissements menacent les voies aériennes, l’équipe retourne la victime sur le côté en coordonnant la manœuvre et en maintenant autant que possible l’axe tête-cou-tronc. La liberté des voies aériennes prime sur le risque traumatique théorique.
Peut-on administrer de l’oxygène systématiquement ?
Non. L’oxygène est administré selon les signes observés, les mesures disponibles, les compétences de l’équipe et les protocoles applicables. Le traitement ne doit jamais retarder la libération des voies aériennes ni l’alerte.
Que faire si la respiration devient irrégulière ?
Une respiration absente, agonique ou anormale impose de basculer vers la conduite à tenir face à l’arrêt cardiaque. Commencez la réanimation, utilisez le défibrillateur et informez immédiatement la régulation de l’évolution.
Transformer la procédure en réflexe collectif
La prise en charge d’une victime inconsciente qui respire dépend autant de la maîtrise technique que de la coordination : rôles définis, matériel disponible, transmission structurée et surveillance continue. Le chef d’équipe doit aussi pouvoir vérifier les qualifications, conserver les horaires du bilan et retrouver la chronologie de l’intervention.
eBrigade permet de centraliser les disponibilités, les formations et habilitations PSE, les affectations sur les DPS, le matériel ainsi que la traçabilité opérationnelle. L’outil aide ainsi les associations agréées de sécurité civile à convertir cette procédure en organisation quotidienne, du contrôle des compétences jusqu’au retour d’expérience après mission.
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