Par la rédaction eBrigade · Publié le

Passation de consignes DPS : méthode fiable en 7 étapes

Sur un festival, une course ou une manifestation qui se prolonge, une relève mal préparée peut laisser une information utile entre deux équipes. La passation de consignes DPS doit donc être courte, structurée et traçable.

La passation de consignes DPS est le transfert structuré des informations opérationnelles entre l’équipe qui termine sa vacation et celle qui prend la relève sur un dispositif prévisionnel de secours. Elle permet de transmettre la situation, les risques, les effectifs, les moyens, les victimes en cours de prise en charge et les actions restant à mener, sans rompre la continuité du dispositif.

Voici une méthode en sept étapes, une trame prête à employer et les règles à fixer pour que chaque équipier sache quoi dire, où l’écrire et qui valide la relève.

À retenir

  • Une passation efficace suit toujours le même ordre.
  • L’équipe entrante reformule les points critiques au lieu de répondre simplement « compris ».
  • La main courante conserve les faits opérationnels ; la fiche bilan reste le support dédié aux données de la victime.
  • Le responsable de la relève vérifie les effectifs, les compétences, le matériel et les actions ouvertes avant de libérer l’équipe sortante.

Quelles informations transmettre pendant une relève de DPS ?

Une relève de DPS doit transmettre sept blocs d’information : le cadre de la mission, la situation actuelle, les risques, les effectifs, les communications, les interventions en cours et l’état des moyens. Cette séquence donne à l’équipe entrante une représentation commune de la situation avant toute nouvelle sollicitation.

Le dispositif prévisionnel de secours (DPS) relève d’une association agréée pour la mission correspondante. Le Code de la sécurité intérieure réserve aux associations agréées la contribution aux DPS lors des rassemblements de personnes. La Sécurité civile rappelle également que l’agrément D couvre les postes de secours et que l’arrêté du 7 novembre 2006 fixe leur référentiel national sur sa page consacrée aux textes réglementaires du secourisme.

La passation n’est pas un nouveau briefing complet. Elle actualise le briefing des secouristes en DPS à partir de ce qui a changé depuis l’ouverture ou la relève précédente. L’équipe sortante suit cet ordre :

  1. Cadre de la mission : nom de l’événement, horaires, périmètre couvert, interlocuteur de l’organisateur et chaîne de commandement.
  2. Situation actuelle : fréquentation observée, zones actives, modification du programme, accès fermés, météo utile à la mission et consignes de l’autorité présente.
  3. Risques à surveiller : mouvement de foule, chaleur, sol glissant, circulation, zone technique, comportement hostile ou difficulté d’accès des secours publics.
  4. Effectifs et compétences : personnes présentes, fonctions occupées, départs attendus, renforts annoncés et compétence indispensable à maintenir sur chaque poste.
  5. Communications : indicatifs, canal radio, téléphone de repli, qualité de la couverture et procédure d’alerte.
  6. Interventions : prises en charge terminées qui modifient la vigilance, victime encore suivie, demande de régulation en cours, évacuation attendue et zone momentanément indisponible.
  7. Moyens : véhicule engagé, lot utilisé, oxygène ou consommables à remplacer, matériel isolé et clé ou accès à remettre.

La transmission d’une situation concernant une victime reste limitée aux personnes qui en ont besoin pour poursuivre la prise en charge. La relève opérationnelle ne justifie pas de répéter des données médicales devant l’ensemble du dispositif. Les informations de santé sont consignées et transmises sur les supports prévus par l’association, avec des accès adaptés aux responsabilités.

Comment réussir une passation de consignes DPS en 7 étapes ?

Une passation de consignes DPS fiable se prépare avant l’heure de relève, se déroule face à face dans un endroit compatible avec la confidentialité, puis se termine par une reformulation et une validation. La méthode suivante évite qu’une information importante reste uniquement dans la mémoire d’un équipier.

1. Désigner les deux responsables de la passation

Le responsable sortant transmet au responsable entrant. Pour un dispositif réparti sur plusieurs postes, chaque responsable de zone peut effectuer une passation locale, puis signaler au chef de dispositif que sa relève est terminée. Cette organisation évite les messages contradictoires.

2. Mettre à jour la trace avant l’arrivée de la relève

L’équipe sortante clôt les événements terminés, horodate les actions encore ouvertes et identifie clairement leur responsable. Une main courante de poste de secours utile distingue un fait, une décision, une action et son état : à faire, en cours ou terminée.

3. Faire un point de situation dans un ordre fixe

Le responsable sortant utilise les sept blocs précédents, sans raconter toute la vacation. Chaque information doit conduire à une compréhension ou à une action. « Le véhicule est absent » reste incomplet ; « le véhicule accompagne une évacuation, retour annoncé au poste, lot de remplacement disponible dans l’armoire » permet d’agir.

4. Montrer les points sensibles sur place

Une courte reconnaissance complète la parole : accès ambulance, coupure électrique, zone de rassemblement, poste radio, matériel isolé ou issue temporairement condamnée. Lorsque le site a changé, un plan annoté et daté réduit les ambiguïtés entre un ancien itinéraire et le chemin réellement praticable.

5. Contrôler les effectifs et les moyens

Le responsable entrant rapproche le planning de la présence réelle. Il vérifie les fonctions indispensables, les qualifications attendues par l’organisation et la disponibilité des équipements. Le planning des équipiers PSE en mission DPS doit signaler une compétence, une absence ou un remplacement sans obliger le chef de dispositif à comparer plusieurs tableaux.

6. Faire reformuler les points critiques

L’équipe entrante reformule les actions ouvertes, les risques inhabituels et les moyens indisponibles. Une bonne question est précise : « Qui appelle l’organisateur si l’accès nord reste fermé ? » ou « Quel équipage prend en charge la zone sportive pendant le retour du véhicule ? » La reformulation révèle immédiatement une responsabilité ou une échéance mal comprise.

7. Valider et horodater la prise de relève

Le responsable entrant confirme la prise de fonction. La trace mentionne au minimum l’heure, les responsables sortant et entrant, les anomalies transmises et les actions ouvertes. L’équipe sortante ne quitte le dispositif qu’après cette validation et selon les règles internes de l’association.

Quelle trame utiliser pour tracer la relève d’un poste de secours ?

Une trame de relève de poste de secours doit être assez courte pour être utilisée à chaque changement d’équipe et assez précise pour attribuer les actions. Le tableau suivant peut être intégré à une main courante numérique ou repris dans une fiche interne validée par l’association.

RubriqueInformation à saisirContrôle de l’équipe entrante
RelèveDate, heure, responsables sortant et entrantIdentités et prise de fonction confirmées
SituationActivité, fréquentation, programme modifiéSituation comprise et plan à jour
RisquesDanger, zone, mesure déjà priseSurveillance et responsable désignés
EffectifsPrésents, absents, remplaçants, fonctionsComposition conforme à l’organisation prévue
CommunicationsCanal, indicatifs, téléphone de repliEssai radio ou moyen de repli vérifié
Actions ouvertesAction, responsable, échéance, étatPriorité et prochaine vérification comprises
MatérielIndisponibilité, consommation, réassortMoyen de remplacement identifié
VictimesRéférence interne et état de la prise en chargeTransmission réservée aux personnes habilitées

Cette trame ne remplace ni la fiche bilan, ni le registre prévu par l’association, ni les documents convenus avec l’organisateur. Elle sert d’index opérationnel : le lecteur sait où se trouve l’information détaillée et quelle action reste à conduire.

Avant chaque saison événementielle, testez aussi la relève lors d’un exercice court. Demandez à une équipe entrante de prendre le poste à partir de la seule trace disponible. Les questions qu’elle pose révèlent les champs manquants, les libellés ambigus et les accès trop larges.

La checklist de contrôle peut tenir en six questions :

  • La composition réelle correspond-elle à l’organisation du DPS ?
  • Chaque risque inhabituel possède-t-il une mesure de maîtrise ?
  • Chaque action ouverte possède-t-elle un responsable et une échéance ?
  • Les communications et leur solution de repli fonctionnent-elles ?
  • Les moyens indisponibles sont-ils signalés avec une solution temporaire ?
  • Les données de victime sont-elles séparées de la trace opérationnelle générale ?

FAQ sur la passation de consignes DPS

Combien de temps prévoir pour une relève de DPS ?

La durée dépend de la taille du dispositif, du nombre de postes et des actions en cours. Fixez un chevauchement dans le planning au lieu de demander à l’équipe entrante d’arriver à l’heure exacte du départ. Le bon critère n’est pas un nombre uniforme de minutes : la relève se termine lorsque les contrôles critiques sont réalisés et validés.

Qui doit signer ou valider la passation ?

Le responsable sortant transmet et le responsable entrant confirme la prise de fonction selon l’organisation de l’association. Sur un grand dispositif, les responsables de zone peuvent valider leur niveau, tandis que le chef de dispositif conserve une vue d’ensemble des relèves et des anomalies.

Faut-il inscrire le nom des victimes dans la main courante ?

La main courante générale ne doit pas devenir un dossier médical parallèle. Utilisez la référence prévue par l’association et limitez les données visibles au strict besoin opérationnel. L’identité, les constantes et les observations de santé restent sur la fiche bilan ou dans l’outil dédié, avec des droits d’accès appropriés.

Une passation orale suffit-elle sur un petit DPS ?

Une transmission orale facilite le dialogue, mais elle ne suffit pas à suivre une action différée, un matériel indisponible ou une décision contestée. Une trace courte, horodatée et attribuée complète l’échange, même lorsque le dispositif ne comporte qu’une seule équipe.

Que faire si le remplaçant prévu est absent ?

Le responsable applique la procédure de remplacement de l’association, vérifie les compétences disponibles et réévalue l’organisation avant de libérer l’équipier sortant. Il ne suffit pas de remplacer un nom : il faut préserver les fonctions et les capacités nécessaires au dispositif.

Une passation de consignes DPS devient fiable lorsqu’elle relie le planning, les présences, la main courante, les moyens et les documents de prise en charge. eBrigade centralise la gestion des équipes, des formations et des plannings afin que le responsable retrouve les informations utiles au même endroit et prépare chaque relève à partir de données à jour.

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