Par la rédaction eBrigade · Publié le

Formation équipier seconde intervention ESI : guide 2026

La formation équipier seconde intervention est le socle technique qui transforme un salarié capable d’alerter en véritable renfort incendie, autonome avec un appareil respiratoire isolant, capable d’attaquer un feu, de reconnaître un local enfumé et d’organiser l’évacuation avant l’arrivée des sapeurs-pompiers.

L’équipier de seconde intervention (ESI) est un salarié formé pour intervenir sur un début d’incendie à l’aide de moyens hydrauliques (robinets d’incendie armés, RIA) et d’un appareil respiratoire isolant (ARI), dans l’attente des secours extérieurs. Il complète l’équipier de première intervention (EPI) qui se limite aux extincteurs. Sa mission : contenir un sinistre pendant les premières minutes critiques, avant que la chaîne publique de secours n’arrive sur site.

Qu’est-ce qu’un équipier de seconde intervention (ESI) ?

L’équipier de seconde intervention est un salarié désigné et formé pour maîtriser un début d’incendie au-delà des capacités d’un équipier de première intervention. Il manipule les RIA, utilise un ARI pour pénétrer dans une zone enfumée et participe aux opérations d’évacuation ou de reconnaissance.

Le rôle ESI apparaît dans la circulaire du 14 avril 1995 relative à la sécurité incendie dans les ERP de type U (établissements de santé), puis dans les textes applicables aux ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) et à certains immeubles de grande hauteur. L’ESI reste sous la responsabilité du chef d’établissement et du responsable sécurité incendie du site.

À retenir : l’ESI n’est pas un sapeur-pompier professionnel. Son action s’arrête à l’arrivée des secours publics, à qui il transmet le point de situation (foyer, risques annexes, personnes manquantes).

Quelle différence entre EPI et ESI en incendie ?

EPI et ESI ne couvrent pas le même risque. L’équipier de première intervention (EPI) intervient sur un feu naissant avec un extincteur. L’équipier de seconde intervention (ESI) intervient sur un feu déclaré, dans un local potentiellement enfumé, avec des moyens plus techniques et une préparation plus poussée.

CritèreÉquipier première intervention (EPI)Équipier seconde intervention (ESI)
Moyen principalExtincteur portatifRIA + ARI
Zone d’actionFeu naissant, local non enfuméFeu déclaré, atmosphère viciée
Durée formation initiale3 à 4 heures14 à 21 heures
Recyclage recommandéAnnuelAnnuel, voire semestriel
Risques couvertsClasses A, B (début)Feux structurés, risques industriels
PrérequisAucunAptitude médicale au port de l’ARI

Le passage d’EPI à ESI suppose une aptitude médicale au port de l’ARI et une forme physique compatible avec l’effort en ambiance chaude. Pour maîtriser la chaîne complète d’intervention interne, voir aussi notre dossier sur l’équipier de première intervention incendie.

Que contient la formation équipier de seconde intervention ?

La formation équipier de seconde intervention combine théorie, manipulation technique et exercices sur feux réels. Elle couvre au minimum sept blocs pédagogiques validés par un formateur spécialisé incendie.

Le programme type comprend :

  • Théorie du feu : triangle du feu, classes A, B, C, D et F, phénomènes thermiques (flashover, backdraft), fumées et toxicité.
  • Connaissance des moyens de secours : extincteurs, RIA, désenfumage, systèmes de sécurité incendie (SSI), blocs autonomes d’éclairage de sécurité (BAES), alarmes.
  • ARI (appareil respiratoire isolant) : montage, contrôle, mise en service, règles de progression en binôme, consommation d’air, seuils d’alerte sonore et pression de repli.
  • Reconnaissance : techniques de progression en milieu enfumé, lecture de porte chaude, communication radio, règles de repli.
  • Attaque feu : mise en œuvre d’un RIA, choix du jet (diffusé ou droit), extinction, protection d’une victime.
  • Mise en sécurité : évacuation, point de rassemblement, comptage, accueil des sapeurs-pompiers et transmission du bilan.
  • Exercices sur feux réels : bac à feu, maison à fumées, caisson d’embrasement.

Les référentiels INRS, APSAD règle R6 et CNPP constituent les bases pédagogiques reconnues en France. Un centre de formation sérieux délivre une attestation nominative mentionnant la date, le nom du formateur et les modules validés.

Combien de temps dure la formation ESI et son recyclage ?

La formation initiale ESI dure entre 14 et 21 heures, soit 2 à 3 jours selon l’organisme et les risques spécifiques du site. Le recyclage ESI est recommandé tous les 12 mois, parfois tous les 6 mois pour les sites à risques (chimie, pétrochimie, data centers critiques).

Durées indicatives à retenir :

  1. Formation initiale : 2 à 3 jours (14 à 21 h), avec validation pratique sur feux réels.
  2. Recyclage annuel : 7 à 10 heures (manipulation ARI, exercices binôme, mise à jour réglementaire).
  3. Formation complémentaire au port de l’ARI : 4 à 7 heures si l’ESI n’a pas suivi le volet ARI en formation initiale.
  4. Entraînement interne : exercice trimestriel recommandé par les assureurs APSAD.

La durée exacte dépend du référentiel retenu (INRS, APSAD règle R6, CNPP) et des exigences de l’assureur. Pour cadrer les obligations générales de formation incendie en entreprise, consultez notre dossier formation incendie obligatoire en entreprise.

Qui est concerné par l’obligation ESI ?

L’obligation ESI n’est pas universelle : elle découle du type d’établissement, du risque exploitation et parfois d’une exigence de l’assureur ou de la commission de sécurité.

Sont principalement concernés :

  • Les ERP de type U (établissements de santé) : l’organisation d’équipes de seconde intervention est prévue par les textes de 1990 et 1995.
  • Les ICPE soumises à autorisation : l’arrêté préfectoral d’exploitation peut imposer une équipe ESI permanente, en complément des moyens fixes.
  • Les sites classés SEVESO, dépôts pétroliers, sites chimiques et usines à risque incendie majeur.
  • Les IGH (immeubles de grande hauteur), bâtiments à sommeil, data centers critiques.
  • Les sites assurés APSAD règle R6 : la règle recommande des équipiers ESI formés et exercés régulièrement.

Pour les ERP standards de 5e catégorie, un dispositif EPI bien dimensionné est généralement suffisant. L’évaluation précise relève du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et des échanges avec la commission de sécurité et le SDIS. Pour mieux cadrer les exercices d’évacuation côté ERP, voir aussi exercices d’évacuation ERP : organisation et traçabilité.

Comment organiser le suivi des équipiers ESI dans l’entreprise ?

Un suivi ESI structuré repose sur trois piliers : la nomination officielle des équipiers, le planning des recyclages, et la traçabilité des aptitudes médicales. Sans ce triptyque, un contrôle externe ou un sinistre révèle vite les failles.

Les bonnes pratiques observées sur le terrain :

  • Nommer officiellement les ESI par note de service, avec diffusion aux chefs de service et au service de prévention et de santé au travail (SPST).
  • Vérifier l’aptitude médicale au port de l’ARI avant toute formation initiale et à chaque recyclage, documentée par le médecin du travail.
  • Dimensionner l’équipe pour couvrir tous les horaires : nuit, week-end, périodes estivales, télétravail du responsable sécurité.
  • Planifier les recyclages 60 jours avant échéance et bloquer des créneaux récurrents dans le planning annuel.
  • Archiver les attestations (formation initiale, recyclages, exercices) pendant 5 ans minimum.
  • Croiser le planning ESI avec le registre de sécurité ERP pour prouver la continuité de la couverture 24 h/24.

Les logiciels de gestion des habilitations et formations permettent d’automatiser ces trois piliers : alertes 60/30/15 jours avant péremption, convocations automatiques aux sessions, édition des attestations et exports exploitables par la commission de sécurité et l’inspection du travail. Pour un panorama général, voir logiciel formation entreprise : compétences et habilitations.

À retenir

  • L’équipier de seconde intervention (ESI) intervient avec RIA et ARI sur un feu déclaré, pas uniquement sur un feu naissant.
  • La formation initiale ESI dure 2 à 3 jours (14 à 21 heures) ; le recyclage est annuel, parfois semestriel sur sites à risques.
  • L’ESI nécessite une aptitude médicale au port de l’ARI vérifiée par le médecin du travail du SPST.
  • L’obligation concerne surtout les ERP de type U, les ICPE, les sites SEVESO et les IGH.
  • Le suivi passe par la nomination officielle, la planification des recyclages et l’archivage des preuves pendant 5 ans minimum.

Questions fréquentes sur l’équipier seconde intervention

Un équipier de seconde intervention remplace-t-il les sapeurs-pompiers ?

Non. L’ESI est un salarié formé pour gagner les premières minutes avant l’arrivée des sapeurs-pompiers. Il n’a ni le matériel, ni la formation, ni l’autorité d’un pompier professionnel. Dès l’arrivée des secours publics, il transmet le bilan et se met à leur disposition pour guidage et renseignements.

Quelle différence entre ESI et SSIAP 1 ?

Un SSIAP 1 est un agent de service de sécurité incendie et d’assistance à personnes, qualifié pour la surveillance d’un ERP ou IGH, avec diplôme national (dossier d’instruction, examen officiel). Un ESI est un salarié de l’entreprise formé en interne pour l’intervention incendie sur son site, sans diplôme d’État équivalent. Les deux rôles peuvent coexister mais ne se substituent pas.

Qui finance la formation équipier de seconde intervention ?

L’employeur finance la formation ESI au titre de ses obligations de sécurité prévues à l’article L.4121-1 du Code du travail. La formation est imputable sur le plan de développement des compétences et éligible aux financements OPCO sur dossier. Les salaires et le temps de formation sont à la charge de l’entreprise.

Faut-il un médecin du travail pour valider l’aptitude ARI ?

Oui. Le port d’un ARI (environ 12 kg) et l’effort physique en atmosphère viciée nécessitent une aptitude médicale spécifique délivrée par le médecin du travail du SPST. Elle est renouvelée annuellement et conditionne le maintien de la mission ESI.

Combien d’ESI faut-il par site industriel ?

Il n’existe pas de ratio universel national. Le dimensionnement résulte du DUERP, de l’arrêté préfectoral pour les ICPE, des recommandations de l’assureur (APSAD règle R6) et de la couverture horaire visée. Un site industriel de 300 salariés en 3×8 compte souvent 2 à 4 ESI par poste pour garantir la permanence opérationnelle.

L’ESI est-il obligatoire dans un ERP de 5e catégorie ?

Non, pas de façon systématique. Les ERP de 5e catégorie relèvent surtout de dispositifs EPI (extincteurs, consignes, exercices d’évacuation). L’ESI devient pertinent dès que l’établissement présente un risque industriel particulier, un public dépendant, un sommeil, ou une exigence spécifique du contrat d’assurance.

Centraliser la gestion ESI avec un logiciel adapté

Entre les attestations à archiver cinq ans, les aptitudes médicales annuelles, les recyclages, les exercices trimestriels et les exigences de la commission de sécurité, le pilotage des équipiers ESI devient vite ingérable sur tableur. eBrigade.app centralise les habilitations, les aptitudes médicales, les plannings de garde, les convocations aux recyclages et la traçabilité documentaire — pour les SDIS, services sécurité ERP, industriels et associations agréées de sécurité civile. Les responsables sécurité disposent d’un tableau de bord unique, les salariés d’une application mobile pour signer leurs convocations, et l’inspection d’exports exploitables en un clic.

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