Par Marie Lefèvre · Experte associations & sécurité civile · Publié le

Premiers secours chute sur verglas : 5 étapes à suivre

Tente « Poste de secours » des Sauveteurs Secouristes Lyonnais (UDPS 69) installée sur une place publique pendant un événement
Poste de secours des Sauveteurs Secouristes Lyonnais (UDPS 69) pendant une manifestation publique, place Bellecour à Lyon. Photo Sebleouf · CC BY-SA 4.0 · via Wikimedia Commons

Une plaque de verglas sur un parking d’entreprise, un trottoir à l’entrée d’un chantier BTP, un quai de livraison givré : chaque hiver, les chutes sur glace surprennent salariés, livreurs et secouristes. Ce guide détaille les premiers secours chute sur verglas que tout sauveteur-secouriste du travail (SST) ou équipier de dispositif prévisionnel de secours (DPS) doit maîtriser avant le retour du froid.

Les premiers secours chute sur verglas désignent la séquence de gestes appliqués par un témoin ou un secouriste pour protéger une victime tombée sur une surface gelée, évaluer son état, limiter l’aggravation (fracture, traumatisme du rachis, hypothermie de contact) et transmettre un bilan clair aux secours spécialisés.

Quels sont les risques spécifiques d’une chute sur verglas ?

Une chute sur verglas combine trois dangers que les chutes de plain-pied classiques présentent rarement ensemble : un choc mécanique violent et imprévu, un sol gelé qui refroidit rapidement la victime restée allongée, et une surface instable pour les sauveteurs eux-mêmes.

  • Fractures du poignet, de la hanche ou de la cheville, particulièrement chez les plus de 60 ans ;
  • Traumatisme crânien si la tête heurte le sol dur, avec ou sans perte de connaissance initiale ;
  • Traumatisme du rachis cervical ou lombaire, en cas de chute arrière ou latérale brutale ;
  • Hypothermie de contact dès 10 à 15 minutes au sol gelé, même quand la température de l’air semble supportable ;
  • Sur-accident : un deuxième témoin ou un ambulancier peut glisser à son tour sur la même plaque.

Sur un chantier BTP ou une zone logistique, s’ajoute le risque de chute d’engin ou de circulation d’un véhicule sur la zone glissante, d’où l’intérêt d’un plan de secours chantier isolé qui anticipe ces scénarios d’hiver.

Comment réaliser le bilan d’une victime de chute sur verglas ?

Avant tout geste technique, le secouriste approche la victime en marchant par petits pas, idéalement en se tenant à un appui fixe, puis réalise un bilan circonstanciel rapide. L’objectif : déterminer si la victime est consciente, respire, saigne et si elle peut bouger sans douleur.

Déroulez ensuite un bilan d’urgence vitale :

  1. Conscience : parler fort, serrer la main, sans mobiliser la tête ;
  2. Ventilation : écouter et sentir la respiration ; libérer les voies aériennes uniquement s’il n’y a pas de suspicion de traumatisme cervical ;
  3. Circulation : rechercher une hémorragie visible, inspecter sous le dos et le bassin ;
  4. Doléances : douleur dorsale, cervicale, au bassin ou à la hanche ;
  5. Tête, tégument, membres : plaie du crâne, déformation d’un membre, perte d’urines.

Quelles sont les 5 étapes des premiers secours chute sur verglas ?

Les 5 étapes des premiers secours chute sur verglas sont : sécuriser la zone, évaluer la victime, immobiliser les segments blessés, protéger du froid et alerter les secours avec un bilan précis. Cette séquence s’applique en entreprise, sur un chantier ou lors d’une maraude hivernale.

1. Sécuriser la zone glissante

Délimitez un périmètre autour de la plaque de verglas (cônes, chaises, palettes). Interdisez l’accès aux badauds et aux véhicules. Prévenez le responsable du site pour qu’il sable ou épande du sel, afin que les secours et le brancard puissent approcher sans glisser à leur tour.

2. Évaluer la victime sans la mobiliser

Parlez à la victime, demandez-lui de ne pas bouger, surtout la tête. Repérez une perte de connaissance brève, un vomissement, une amnésie des faits : ce sont des signes de traumatisme crânien qui imposent un transport médicalisé. Palpez doucement la nuque, le dos et le bassin en guettant toute douleur ou déformation.

3. Immobiliser les segments blessés

En cas de suspicion de traumatisme du rachis, maintenez la tête dans l’axe du corps avec vos deux mains, sans tenter de redresser la victime. Pour une fracture visible du poignet ou de la cheville, immobilisez à l’aide d’une écharpe, d’un vêtement replié ou d’un coussin, sans serrer. Cette conduite rejoint le protocole traumatisme du rachis au travail enseigné en formation SST.

4. Protéger la victime du sol gelé

C’est l’étape la plus souvent négligée. Glissez une couverture de survie entre la victime et le sol dès que possible, ou à défaut une veste de chantier, un carton rigide, un tapis de voiture. Couvrez ensuite la victime d’une seconde couverture, en laissant les voies respiratoires libres. N’essayez pas de la déplacer pour la mettre « au chaud » : un transport improvisé peut aggraver une fracture ou un traumatisme vertébral.

5. Alerter et transmettre un bilan clair

Appelez le 15, le 18 ou le 112 (ou le numéro interne pompiers du site). Transmettez un bilan structuré : identité, âge approximatif, circonstances (chute sur verglas, hauteur du choc), état de conscience, respiration, saignements, segments douloureux, température ressentie. Restez joignable et ne raccrochez qu’après l’accord du régulateur.

Comment protéger une victime du sol glacé sans aggraver l’hypothermie ?

Isoler la victime du sol est la priorité, car la conduction thermique vers une surface gelée refroidit le corps bien plus vite que l’air ambiant à la même température. L’objectif n’est pas de réchauffer brutalement, mais d’arrêter la perte de chaleur.

GesteÀ faireÀ éviter
Isolation du solCouverture de survie (face argentée vers la victime), carton, tapisLaisser la victime directement sur le verglas plus de 2 minutes
CouvertureBloc thermique, plusieurs couches respirantesFrictionner la peau ou verser de l’alcool
Boisson chaudeRéservée aux victimes conscientes, sans suspicion abdominaleAlcool, café très chaud, grande quantité d’eau
MobilisationRotation minimale, manœuvres à quatre secouristes si besoinFaire marcher la victime vers une voiture

Pour un rappel complet sur la prise en charge du froid en opérationnel, consultez notre guide hypothermie en DPS.

Quels gestes éviter absolument après une chute sur verglas ?

Certains réflexes bien intentionnés aggravent le pronostic. Les erreurs les plus fréquentes relevées en retour d’expérience des équipes SST et DPS :

  • Relever la victime pour « voir si elle peut marcher » : jamais, tant que le rachis et le bassin n’ont pas été évalués ;
  • Mobiliser la tête d’un blessé qui se plaint de la nuque, même pour lui donner à boire ;
  • Masser une zone douloureuse : aucune utilité, risque de déplacement de fracture ;
  • Donner de l’alcool « pour réchauffer » : l’alcool vasodilate et accélère la perte de chaleur ;
  • Transporter la victime en voiture particulière : préférez toujours l’attente d’un VSAV ou d’une ambulance équipée.

Sur un chantier isolé, la coordination avec le coordinateur SPS reste décisive, comme le rappelle notre article premiers secours chute de hauteur BTP.

Questions fréquentes

Combien de temps une victime peut-elle rester sur un sol gelé ?

Au-delà de 10 à 15 minutes de contact avec une surface gelée, le risque d’hypothermie modérée devient réel, même chez un adulte en bonne santé. Chez une personne âgée, maigre ou en état d’ébriété, l’hypothermie peut apparaître en moins de 5 minutes. L’isolation du sol doit donc être posée dès les premières secondes.

Faut-il systématiquement appeler le 15 après une chute sur verglas ?

Oui dès qu’il existe une perte de connaissance, un choc à la tête, une douleur dorsale ou cervicale, une déformation visible, ou une victime qui ne peut pas se relever seule. Dans le doute, l’appel au 15 ou 112 est toujours la bonne décision ; le régulateur vous guidera.

Peut-on faire marcher une victime qui semble aller bien ?

Non, pas avant d’avoir vérifié l’absence de douleur dorsale, cervicale et au bassin. Une fracture tassée de vertèbre peut passer inaperçue dans les premières minutes, puis se déplacer à la marche et provoquer une atteinte neurologique.

Comment reconnaître une fracture du poignet après une chute ?

La fracture du poignet se manifeste par une douleur vive à la mobilisation, un gonflement rapide, parfois une déformation en « dos de fourchette ». L’immobilisation en l’état et l’évacuation médicale sont les seules bonnes réponses.

Comment prévenir les chutes sur verglas en entreprise ?

La prévention repose sur trois axes : traitement du sol (sel, pouzzolane), chaussures antidérapantes adaptées aux EPI d’hiver, et consigne de circulation hivernale dans le plan de prévention. Chaque chute doit déclencher une analyse via la méthode de l’arbre des causes et une mise à jour du DUERP.

Qui doit intervenir en premier sur un chantier ?

Le sauveteur-secouriste du travail (SST) le plus proche. Sur un chantier BTP, il transmet ensuite au coordinateur SPS qui active le plan particulier de sécurité. Une procédure pré-écrite évite les hésitations au moment critique et sécurise toute la chaîne de secours.

À retenir

  • Les 5 étapes des premiers secours chute sur verglas sont : sécuriser, évaluer, immobiliser, protéger du froid, alerter ;
  • Isoler la victime du sol glacé dès les premières secondes limite l’hypothermie de contact ;
  • Toute suspicion de traumatisme du rachis impose le maintien de la tête dans l’axe sans mobilisation ;
  • Évitez absolument de relever ou de déplacer une victime pour « voir si elle va bien » ;
  • Chaque incident doit nourrir le DUERP et l’arbre des causes pour éviter la récidive.

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Préparer la saison hivernale, c’est aussi s’assurer que les sauveteurs-secouristes du travail sont à jour de leur MAC, que les trousses de secours sont vérifiées et que chaque intervention est tracée pour nourrir l’analyse de risques. eBrigade centralise le suivi des formations SST, le registre des incidents, la main courante numérique et la planification des équipes multi-sites : un seul outil pour sécuriser la chaîne, de l’alerte verglas jusqu’au RETEX post-chute.

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