Par la rédaction eBrigade · Publié le
Guide — traumatisme du bassin en DPS : 5 étapes terrain
Une chute de hauteur, un écrasement ou un choc violent peut cacher une hémorragie interne sans lésion spectaculaire. Le traumatisme du bassin en DPS impose donc une organisation calme, une mobilisation minimale et un avis médical précoce.
Un traumatisme du bassin en dispositif prévisionnel de secours (DPS) désigne une atteinte potentiellement grave de l’anneau pelvien et des organes voisins. La conduite à tenir consiste à rechercher les signes évocateurs sans manipuler le bassin, traiter les détresses vitales, laisser la victime allongée, transmettre le bilan et suivre les consignes médicales.
Ce guide s’adresse aux directeurs d’associations agréées de sécurité civile, responsables opérationnels et chefs d’équipe. Il prépare l’organisation et les contrôles ; les gestes techniques restent réservés aux secouristes formés, dans leur champ de compétences et selon le référentiel de leur autorité d’emploi.
À retenir
- Suspectez une atteinte du bassin après un mécanisme violent ou une chute chez une personne âgée.
- Ne testez jamais la stabilité du bassin par pression ou mobilisation.
- Traitez d’abord toute urgence vitale et demandez rapidement un avis médical.
- La contention pelvienne relève du PSE2 et répond à des indications précises.
- Tracez le mécanisme, les signes, les constantes, les gestes et leur chronologie.
Pourquoi le traumatisme du bassin est-il une urgence en DPS ?
Le traumatisme du bassin peut provoquer des fractures et des lésions internes hémorragiques capables de mettre rapidement en jeu le pronostic vital. Une victime initialement consciente et parlante peut s’aggraver ; l’absence de plaie visible ne permet donc pas de rassurer l’équipe.
Les Références techniques nationales de premiers secours en équipe de juillet 2026 indiquent que des lésions du thorax, du crâne ou des membres sont associées dans deux cas sur trois et situent la mortalité entre 8 % et 15 % (Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, 2026). Ces données justifient une recherche méthodique des atteintes associées et une surveillance continue.
Pour un responsable associatif, l’enjeu ne se limite pas à acheter une ceinture pelvienne. Il faut garantir la présence d’équipiers PSE2 à jour, des procédures connues, un matériel contrôlé et une transmission fiable. Le guide du chef d’équipe PSE complète cette préparation sur la répartition des rôles.
Étape 1 — Comment suspecter un traumatisme du bassin ?
Le traumatisme du bassin doit être suspecté à partir du mécanisme, des plaintes et des signes observables, sans chercher à faire bouger la victime. Un choc direct sur le bas-ventre, les hanches ou les fesses, un écrasement, une chute de hauteur ou une réception sur les talons constituent des circonstances évocatrices.
Recherchez notamment :
- une douleur spontanée du bassin ou de la partie basse de l’abdomen ;
- une impossibilité de bouger les membres inférieurs en raison de la douleur ;
- une plaie, un œdème ou un hématome du pubis, des hanches ou des fesses ;
- du sang dans les urines ou sur les sous-vêtements ;
- des signes de détresse circulatoire ;
- une perte de connaissance ou des lésions associées pouvant masquer la douleur pelvienne.
Chez une personne âgée, un traumatisme à faible énergie peut suffire. À l’inverse, une victime inconsciente ne peut pas localiser sa douleur : les circonstances et les signes circulatoires prennent alors une importance majeure.
À ne pas faire : ne comprimez pas les ailes iliaques, ne rapprochez pas les jambes pour « vérifier » une instabilité et ne demandez pas à la victime de se relever. Une recherche clinique agressive n’a pas sa place dans le bilan secouriste.
Étape 2 — Quelles priorités appliquer avant l’immobilisation ?
La première priorité reste le traitement d’une urgence ou d’une détresse vitale ; l’immobilisation vient ensuite. Le responsable d’équipe fait interrompre l’analyse locale si une hémorragie externe, une détresse respiratoire, une altération neurologique ou une détresse circulatoire exige une action immédiate.
Organisez la séquence suivante :
- sécuriser la zone et se protéger ;
- réaliser le bilan d’urgence vitale et les gestes qui s’imposent ;
- laisser la victime en position allongée stricte si possible ;
- limiter les mouvements et protéger rapidement du froid, du vent ou de la chaleur ;
- transmettre le bilan afin d’obtenir un avis médical.
Le déshabillage ciblé sert à rechercher plaies, hématomes, œdèmes ou sang tout en préservant l’intimité et la protection thermique. Il ne doit pas entraîner de mouvements inutiles. En présence d’une douleur abdominale associée, la conduite doit aussi intégrer les risques détaillés dans le guide sur le traumatisme abdominal en DPS.
Étape 3 — Quand utiliser une ceinture pelvienne ?
La ceinture pelvienne est mise en place par des équipiers PSE2 chez une victime suspecte de traumatisme du bassin, après avis ou à la demande du médecin. Si des signes de détresse circulatoire sont présents et qu’aucun avis médical ne peut être obtenu, le référentiel PSE prévoit également sa mise en place avant le transport.
La ceinture peut être préinstallée sous la victime dans l’attente de l’avis. Son centrage se fait au niveau des grands trochanters, conformément à la notice du dispositif et à la technique enseignée. Une ceinture improvisée avec un drap n’est pas recommandée par les Références techniques nationales PSE de juillet 2026.
| Situation | Décision opérationnelle |
|---|---|
| Suspicion sans détresse circulatoire | Transmettre le bilan, demander un avis médical et suivre les consignes reçues |
| Suspicion avec détresse circulatoire | Traiter la détresse, demander l’avis médical et préparer la contention |
| Avis médical impossible avec détresse circulatoire | Faire poser la contention par des PSE2 selon le référentiel et le protocole applicable |
| Équipe non formée ou matériel inadapté | Ne pas improviser ; limiter les mouvements et rendre compte à la régulation |
Une fois posée, la ceinture reste avec la victime jusqu’à l’hôpital. Le serrage dépend du modèle : la notice fabricant, la formation et les contrôles périodiques doivent donc être intégrés à la gestion du sac et du matériel d’intervention secouriste.
Étape 4 — Comment transmettre et surveiller la victime ?
Le bilan doit permettre à la régulation médicale de comprendre le mécanisme, la gravité et l’évolution sans devoir reconstruire la scène. Une transmission structurée mentionne l’heure, le mécanisme, l’état initial, les plaintes, les signes observés, les constantes, les lésions associées, les gestes réalisés et la réponse de la victime.
Utilisez une trame courte :
- circonstances : type de choc, hauteur de chute si elle est connue, écrasement, énergie apparente ;
- victime : âge apparent, conscience, respiration, circulation, douleur et localisation ;
- lésions : plaie, hématome, sang constaté, atteintes du thorax, du crâne, de l’abdomen ou des membres ;
- actions : protection thermique, oxygène ou autre geste selon indication, contention, immobilisation ;
- évolution : nouvelles constantes et tout signe d’aggravation.
Après la transmission, poursuivez une surveillance attentive et réévaluez selon votre référentiel et les consignes reçues. Une pâleur croissante, des sueurs, une altération de la conscience, une respiration anormale ou une modification du pouls imposent un nouveau bilan et une nouvelle transmission. Pour fiabiliser la formulation, appuyez-vous sur la méthode de transmission du bilan victime aux secours.
Étape 5 — Comment préparer l’association avant le prochain DPS ?
Une prise en charge sûre se prépare avant l’événement par la vérification des compétences, du matériel, des procédures et de la traçabilité. Le directeur de l’association doit transformer le référentiel national en contrôles simples, compatibles avec les règles de son autorité d’emploi.
Checklist avant départ
- Équipiers PSE2 identifiés et qualifications à jour
- Répartition des rôles rappelée au briefing
- Ceinture pelvienne disponible, complète et adaptée aux gabarits prévus
- Notice du modèle accessible et équipes entraînées à son utilisation
- Matelas immobilisateur à dépression et moyens de relevage contrôlés
- Oxygène, aspiration et matériel de bilan vérifiés selon la dotation
- Moyens radio et téléphoniques testés
- Fiche bilan, main courante et horodatage disponibles
- Procédure d’appel de la régulation connue
- Contrôle et reconditionnement prévus après utilisation
Intégrez le traumatisme du bassin à un exercice court : mécanisme annoncé, victime simulée immobile, bilan transmis, décision médicale jouée et préparation du relevage. Le débriefing doit vérifier les points critiques, sans transformer l’exercice en simple démonstration de pose de ceinture.
FAQ sur le traumatisme du bassin en DPS
Peut-on tester la stabilité du bassin avec les mains ?
Non. Le secouriste recherche le mécanisme, les plaintes et les signes visibles sans exercer de pression destinée à provoquer une douleur ou à confirmer une instabilité. La mobilisation doit rester minimale.
Une douleur de hanche signifie-t-elle toujours une fracture du bassin ?
Non. Une douleur de hanche peut avoir plusieurs causes, mais le mécanisme et les signes associés peuvent conduire à suspecter un traumatisme du bassin. Le rôle de l’équipe secouriste consiste à reconnaître le risque, non à poser un diagnostic de fracture.
Faut-il poser une ceinture pelvienne à toute victime suspecte ?
Non. Le référentiel PSE2 prévoit une contention après avis ou à la demande du médecin, ou en présence d’une détresse circulatoire lorsque l’avis médical ne peut pas être obtenu. Les protocoles de l’autorité d’emploi restent applicables.
Peut-on fabriquer une contention avec un drap ?
Non. Les Références techniques nationales PSE de juillet 2026 précisent qu’une ceinture improvisée avec un moyen de fortune n’est pas recommandée. Utilisez un dispositif adapté et maîtrisé par des équipiers formés.
Quelle information ne doit jamais manquer dans le bilan ?
Le bilan doit toujours préciser le mécanisme du traumatisme, l’état des fonctions vitales, les signes observés, les atteintes associées, les gestes effectués et l’évolution. L’heure de chaque donnée importante améliore la continuité de prise en charge.
Mettre ces cinq étapes en pratique
Le traumatisme du bassin en DPS exige moins de gestes improvisés et davantage de méthode : suspecter sans manipuler, traiter les détresses, demander un avis, immobiliser selon les consignes et surveiller sans relâche. Pour le directeur d’une association secouriste, la conformité repose aussi sur des qualifications à jour, un matériel contrôlé et une trace exploitable de chaque action.
eBrigade permet de centraliser les compétences PSE2, les disponibilités, les affectations, les contrôles de matériel et les comptes rendus. L’outil aide ainsi à transformer cette checklist en routine opérationnelle avant, pendant et après chaque dispositif prévisionnel de secours.
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