Par Joseph · Expert eBrigade Technologies · Publié le · Mis à jour le

Sapeurs-pompiers volontaires : l'engagement en crise en 2026

Centre d'incendie et de secours français, deux véhicules stationnés devant les remises
Un centre d'incendie et de secours et ses engins. L'essentiel du travail d'un centre se joue avant l'alerte : gardes tenues, qualifications à jour, matériel vérifié. Photo MathildePVD · CC0 · via Wikimedia Commons

La France compte 200 961 sapeurs-pompiers volontaires (SPV) au 31 décembre 2025, soit près de 78 % des 258 641 sapeurs-pompiers. L’effectif progresse de 1 % en un an, mais ce rebond ne règle pas la difficulté centrale : disposer, au bon endroit et au bon moment, de volontaires formés capables de concilier interventions, emploi et vie personnelle.

Les dernières données de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) montrent aussi l’ampleur de la sollicitation : 4,89 millions d’opérations de secours ont été réalisées en 2025, en hausse de 3 %, pour 19,99 millions d’appels traités. Le délai moyen d’arrivée sur les lieux atteint 15 minutes et 9 secondes. Ces chiffres, publiés en avril 2026 et encore provisoires, replacent la crise de l’engagement dans sa réalité : le vivier augmente légèrement, tandis que l’activité et les besoins de disponibilité progressent eux aussi. Source : Statistiques des services d’incendie et de secours au 31 décembre 2025, DGSCGC.

Les chiffres clés du volontariat en 2026

Les SPV restent le socle du modèle français de sécurité civile : ils représentent près de quatre sapeurs-pompiers sur cinq et réalisent près des deux tiers des interventions quotidiennes. Cette proportion nationale ne signifie toutefois pas que chaque centre dispose des mêmes ressources, notamment les jours ouvrés et en zone rurale.

Indicateur officielDernière valeur disponible
Sapeurs-pompiers volontaires200 961 (+1 %)
Ensemble des sapeurs-pompiers258 641 (+1 %)
Femmes sapeurs-pompiers57 753 (+4 %)
Jeunes sapeurs-pompiers27 326 (-1 %)
Opérations de secours en 20254,89 millions (+3 %)
Part du secours et des soins d’urgence aux personnes79 %

La part de 79 % consacrée au secours et aux soins d’urgence aux personnes (SSUAP) doit être lue avec prudence : la DGSCGC a changé de nomenclature en 2025 en classant notamment les carences ambulancières parmi les « autres interventions ». À méthode constante, le SSUAP aurait représenté 85 % de l’activité. Cette précision évite de conclure à tort à un recul massif du secours à personne.

Pourquoi parle-t-on encore d’une crise de l’engagement ?

La crise n’est pas seulement une question de nombre de volontaires ; elle concerne leur disponibilité réelle, la durée des engagements et la répartition territoriale des compétences. Un effectif national peut progresser sans garantir qu’une équipe complète soit mobilisable en journée dans chaque bassin de vie.

Quatre tensions se cumulent :

  • la difficulté pour certains salariés à quitter leur poste de travail pour une intervention ou une formation ;
  • les départs précoces lorsque l’accueil, la formation ou la charge opérationnelle ne correspondent pas aux contraintes annoncées ;
  • le besoin de compétences précises par créneau, notamment conducteur, chef d’agrès ou équipier formé au feu de forêt ;
  • l’augmentation des renforts longs et interdépartementaux lors des événements climatiques majeurs.

Le bon indicateur n’est donc pas le seul effectif inscrit. Pour un service d’incendie et de secours (SIS), il faut suivre les disponibilités par plage horaire, les qualifications valides, les suspensions d’engagement, les délais entre candidature et incorporation ainsi que les motifs de départ.

Le plan d’actions 2026-2028 change la priorité : recruter durablement

Lancé le 24 avril 2026, le plan national 2026-2028 pour les SPV vise moins le recrutement de masse que des parcours soutenables et adaptés aux profils. Portée par la DGSCGC et élaborée sous l’égide du Conseil national des sapeurs-pompiers volontaires, la feuille de route s’organise autour de trois axes : faciliter l’engagement, associer davantage les employeurs et accompagner les publics, en particulier les jeunes.

Parmi les mesures opérationnelles proposées figurent :

  • réduire le délai entre le premier contact du candidat et son engagement ;
  • reconnaître les compétences et expériences déjà acquises afin d’individualiser la formation ;
  • renforcer l’accueil et l’intégration des nouvelles recrues dans les centres ;
  • analyser les causes de départ ou de suspension selon les territoires ;
  • structurer des réseaux et des rencontres régulières avec les employeurs ;
  • construire des partenariats avec les acteurs de l’insertion et de la formation.

Le plan insiste également sur la nécessité d’outils de suivi qualitatif. Une organisation doit pouvoir distinguer un manque de candidatures d’un problème d’intégration, de formation trop tardive ou de disponibilité en journée. Source : Plan d’actions 2026-2028 pour les sapeurs-pompiers volontaires, DGSCGC.

Retraite et employeurs : ce qui est concret en 2026

Depuis le 1er juillet 2026, l’engagement comme SPV peut ouvrir des trimestres supplémentaires pour la retraite à partir de dix années de service. Le décret du 20 janvier 2026 prévoit un trimestre à partir de 10 ans d’engagement, deux à partir de 20 ans et trois à partir de 25 ans. Le dispositif s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1er juillet 2026 ; il complète les dispositifs de reconnaissance existants sans transformer le volontariat en emploi salarié. Source : décret n° 2026-18 du 20 janvier 2026, Légifrance.

Pour l’employeur, la convention de disponibilité reste l’outil le plus concret. Conclue avec le SIS, elle peut préciser les absences autorisées pour intervention et formation, les modalités d’alerte, les justificatifs et les périodes incompatibles avec l’activité de l’entreprise. Le label « employeur partenaire des sapeurs-pompiers » valorise les organisations engagées dans cette démarche.

Une réduction de cotisations patronales pouvant atteindre 2 000 euros par salarié SPV et 10 000 euros par employeur et par an reste par ailleurs applicable jusqu’au 31 décembre 2026, sous conditions. Elle concerne les salariés recrutés pendant la période légale alors qu’ils sont déjà SPV, ou ceux qui deviennent SPV pour la première fois pendant cette période. L’employeur doit notamment disposer de l’attestation du SIS ; il convient de vérifier l’éligibilité du cas avec le service de paie ou l’Urssaf.

Une formation adaptée aux missions réellement confiées

Un SPV n’a pas besoin d’attendre de maîtriser toutes les missions pour commencer à servir : sa formation initiale est adaptée aux activités qui lui seront effectivement confiées. Secours à personne, incendie et opérations diverses peuvent ainsi être acquis progressivement, selon l’organisation du SIS, le centre d’affectation et les compétences déjà détenues.

Cette progressivité réduit le temps entre l’engagement et la première activité opérationnelle, mais elle impose un suivi précis : aptitude, modules acquis, formations de maintien et de perfectionnement des acquis (FMPA), restrictions éventuelles et échéances doivent être visibles avant toute planification. Le plan national 2026-2028 demande en outre de mieux reconnaître l’expérience préalable et de construire des parcours évolutifs selon les moments de vie.

Feux de forêt : l’été 2026 confirme une pression nationale

L’été 2026 a montré que le risque feu ne se limite plus aux départements méditerranéens et qu’il mobilise durablement les renforts territoriaux. Au 31 juillet, le ministère de l’Intérieur recensait 14 320 feux et 119 000 hectares brûlés depuis le début de l’année, dans un contexte de sécheresse précoce et généralisée.

Pour répondre à cette extension du risque, le dispositif national comptait 51 colonnes de renfort, soit 3 500 intervenants et plus de 700 véhicules spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt. En Gironde, 72 colonnes ont été engagées lors de l’épisode majeur de juillet, dont 20 au-delà du volume initialement prévu. Ces mobilisations supposent de gérer simultanément la relève des personnels partis en renfort et la couverture des secours courants dans leur département d’origine. Source : bilan opérationnel publié le 31 juillet 2026 par le ministère de l’Intérieur.

Fidéliser les volontaires : cinq indicateurs à piloter

La fidélisation repose sur une organisation prévisible, une formation accessible et une reconnaissance concrète, davantage que sur une campagne de recrutement isolée. Pour passer de l’intention à un pilotage mesurable, un SIS ou une unité peut suivre chaque mois :

  1. le délai médian entre la candidature, l’engagement et la première mission ;
  2. le taux de disponibilité par créneau horaire et par centre ;
  3. la couverture des qualifications nécessaires à chaque garde ou astreinte ;
  4. le taux de réalisation des formations et FMPA avant échéance ;
  5. les départs et suspensions, avec leur motif documenté.

Ce tableau de bord permet d’agir au bon niveau : simplifier l’accueil, ouvrir une session de formation, rechercher une convention employeur, renforcer un centre ou adapter les sollicitations. Il évite aussi de confondre effectif administratif et capacité opérationnelle réelle.

Structurer la gestion des équipes avec eBrigade

Une donnée à jour sur les personnes, leurs compétences et leurs disponibilités est indispensable pour transformer un effectif en capacité de secours. Le suivi sur des fichiers dispersés augmente le risque d’oublier une échéance de formation, de planifier une personne indisponible ou de perdre l’historique d’une intervention.

eBrigade centralise les plannings, disponibilités, qualifications, formations, interventions, matériels, communication interne et éléments administratifs des équipes de secours. La plateforme s’adresse notamment aux centres, associations agréées de sécurité civile, dispositifs prévisionnels de secours et équipes SST qui doivent partager une information fiable sans multiplier les ressaisies.

Pour évaluer l’outil sur vos propres contraintes, consultez les fonctionnalités pour les pompiers et SDIS, le module de gestion des formations et les tarifs eBrigade.

Questions fréquentes sur les sapeurs-pompiers volontaires

Combien y a-t-il de sapeurs-pompiers volontaires en France en 2026 ?

La DGSCGC recense 200 961 SPV au 31 décembre 2025, dernière photographie officielle publiée en avril 2026. Ils représentent environ 78 % des 258 641 sapeurs-pompiers français.

Un sapeur-pompier volontaire est-il rémunéré ?

Un SPV ne perçoit pas un salaire pour son activité de volontariat, mais des indemnités horaires non soumises à l’impôt ni aux prélèvements sociaux. Les taux de base fixés par l’arrêté du 29 septembre 2026 vont, à partir du 1er novembre 2026, de 8,77 euros pour un sapeur à 13,21 euros pour un officier (8,71 et 13,11 euros jusqu’au 31 octobre 2026, selon l’arrêté du 17 novembre 2025) ; des coefficients peuvent s’appliquer selon la nature de l’activité.

Peut-on devenir SPV en travaillant à temps plein ?

Oui. L’activité est organisée selon les disponibilités professionnelles et personnelles du volontaire. Une convention entre l’employeur et le SIS peut encadrer les absences pour les interventions et la formation, mais les modalités concrètes dépendent de l’accord conclu et de l’organisation locale.

Quelles sont les conditions pour devenir SPV ?

Il faut notamment avoir au moins 16 ans, résider légalement en France, jouir de ses droits civiques, satisfaire aux conditions de santé requises et ne pas avoir de condamnation incompatible inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire. L’engagement est souscrit pour cinq ans et peut être renouvelé. La candidature se fait auprès du SIS du département ou du centre de secours le plus proche.

Combien de trimestres de retraite un SPV peut-il obtenir ?

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er juillet 2026, le barème réglementaire est d’un trimestre supplémentaire après au moins 10 ans de service, de deux trimestres après 20 ans et de trois trimestres après 25 ans. Les services peuvent être continus ou non ; la validation dépend du régime de retraite compétent.

Partager cet article

Gérez vos équipes terrain avec eBrigade

Planning, formations, habilitations, pointage — tout en un.

Demander une démo gratuite
Essai gratuit 30 jours Sans CB · Sans engagement · Espace prêt en 2 min
Commencer →