Par Marie Lefèvre · Experte associations & sécurité civile · Publié le 16 septembre 2026
DICRIM et PCS : informer n'est pas organiser
Le DICRIM, document d’information communal sur les risques majeurs, s’adresse aux habitants : il leur dit à quels risques ils sont exposés et comment se protéger. Le PCS, plan communal de sauvegarde, s’adresse à la commune elle-même : il organise sa réponse quand l’événement survient. Les deux sont liés, souvent élaborés ensemble, et régulièrement confondus — au point que certaines communes pensent avoir un plan parce qu’elles ont distribué une plaquette.
Deux documents, deux publics
| DICRIM | PCS | |
|---|---|---|
| Destinataire | La population | Les élus, les agents, les acteurs du plan |
| Objet | Informer sur les risques et les bons réflexes | Organiser l’alerte, la protection et le soutien |
| Base légale | Code de l’environnement, information préventive | Code de la sécurité intérieure, art. L. 731-3 et R. 731-1 s. |
| Auteur | Le maire | Le maire |
| Diffusion | Publique, consultable en mairie, souvent distribuée | Existence portée à la connaissance du public ; annuaire non diffusé |
| Contenu type | Risques, mesures de prévention, consignes, moyens d’alerte | Enjeux, annuaire, réserve, PCC, actions, moyens |
Ce que contient un DICRIM
Le DICRIM reprend, pour la commune, les informations transmises par le préfet sur les risques majeurs, et y ajoute les mesures prises par la commune. On y trouve typiquement :
- la description des risques auxquels la commune est exposée ;
- les mesures de prévention et de protection mises en place ;
- les consignes de sécurité à suivre en cas d’événement ;
- les moyens d’alerte de la population — sirène, message, porte-à-porte, application ;
- les repères pratiques : lieux de rassemblement, fréquences radio, numéros utiles.
Il est court, illustré, rédigé pour un habitant qui ne connaît rien au vocabulaire de la sécurité civile.
Ce que contient un PCS
Le PCS est un document d’organisation interne, dont le contenu est fixé par l’article R. 731-2 : identification des enjeux et des personnes vulnérables, organisation de la protection et du soutien de la population avec l’annuaire opérationnel, réserve communale, poste de commandement communal, actions de la commune, inventaire des moyens. Le détail est dans notre article sur les six rubriques du PCS.
Comment les articuler
Le DICRIM annonce, le PCS exécute. Chaque promesse du DICRIM doit avoir sa traduction dans le PCS. Si le DICRIM annonce « en cas d’inondation, la population sera alertée par la sirène et un porte-à-porte dans les rues concernées », le PCS doit dire qui déclenche la sirène, qui fait le porte-à-porte, dans quelles rues, et comment on sait que c’est fait.
Le PCS référence le DICRIM. L’article L. 731-3 indique que le plan regroupe l’ensemble des documents de compétence communale contribuant à l’information préventive et à la protection de la population : la plupart des communes annexent ou référencent le DICRIM dans leur PCS.
Les deux se révisent ensemble. Un nouveau plan de prévention des risques, un nouveau moyen d’alerte ou un nouveau lieu de rassemblement modifient les deux documents à la fois.
Les trois confusions les plus fréquentes
- « Nous avons un DICRIM, donc nous sommes couverts. » Le DICRIM n’organise rien : il n’y a ni annuaire, ni poste de commandement, ni inventaire des moyens.
- « Le PCS doit être distribué aux habitants. » Non : son existence est portée à la connaissance du public, mais son annuaire contient des coordonnées personnelles qui n’ont pas à être diffusées.
- « Une application d’information des habitants suffit à alerter. » Elle informe ceux qui l’ont installée ; elle ne réveille ni l’élu d’astreinte ni l’agent qui a les clés. L’alerte de la population et la mobilisation des acteurs du plan sont deux chaînes différentes, et le PCS doit décrire les deux.
À retenir
- Le DICRIM informe la population ; le PCS organise la commune.
- Le DICRIM est public et pédagogique ; le PCS est un document d’organisation dont seule l’existence est portée à la connaissance du public.
- Chaque promesse du DICRIM — alerte, consignes, lieux — doit avoir sa traduction opérationnelle dans le PCS.
- Les deux documents se révisent ensemble à chaque changement de risque ou de moyen d’alerte.
- Alerter la population et mobiliser les acteurs du plan sont deux chaînes distinctes.
FAQ
Le DICRIM est-il obligatoire ?
Le DICRIM relève de l’information préventive des populations prévue par le code de l’environnement. Il concerne les communes exposées à des risques majeurs identifiés par le préfet, ce qui recoupe largement les communes soumises au PCS. Le préfet transmet au maire les informations nécessaires, et le maire établit le document et le tient à disposition du public. En cas de doute sur votre commune, le service de prévention des risques de la préfecture est le bon interlocuteur.
Peut-on faire un seul document pour le DICRIM et le PCS ?
Ce n’est pas recommandé. Les publics sont différents, les niveaux de langage aussi, et surtout le PCS contient des informations — annuaire, personnes vulnérables, organisation interne — qui ne doivent pas être diffusées. La bonne pratique consiste à élaborer les deux en même temps, avec des sources communes, mais à les publier séparément.
À quelle fréquence mettre à jour le DICRIM ?
À chaque évolution des risques ou des mesures : nouveau plan de prévention, nouveau moyen d’alerte, nouveau lieu de rassemblement. En pratique, sa révision s’aligne utilement sur celle du PCS, dont le délai ne peut excéder cinq ans selon l’article R. 731-8. Un DICRIM qui renvoie à un numéro ou à un lieu qui n’existe plus est pire que pas de DICRIM.
Où ranger le DICRIM et les documents du plan ?
Le DICRIM se publie sur le site de la commune et reste consultable en mairie. Le PCS, ses fiches réflexes, ses cartes et ses conventions gagnent à être rangés dans un espace documentaire versionné, accessible aux seuls acteurs du plan, avec une version imprimée à jour dans le classeur du poste de commandement : une seule source, une date de mise à jour visible.
Le DICRIM promet une alerte ; le PCS doit la rendre réelle. eBrigade (ebrigade.app) range le DICRIM, le PCS et leurs annexes dans une GED versionnée et tient la chaîne qui exécute les promesses du document : alerte des acteurs du plan, réserve communale et poste de commandement. À lire aussi : le logiciel PCS & PICS et quelles communes doivent avoir un PCS.
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