Par Marie Lefèvre · Experte associations & sécurité civile · Publié le 16 septembre 2026
Organiser le poste de commandement communal (PCC)
L’organisation du poste de commandement communal est l’une des six rubriques obligatoires du plan communal de sauvegarde, selon l’article R. 731-2 du code de la sécurité intérieure. Le PCC est la cellule qui, autour du maire, conduit la réponse de la commune : il décide, coordonne, informe et garde la trace.
La plupart des PCC fonctionnent bien pendant les trois premières heures. Ceux qui échouent le font à la sixième : personne n’a prévu la relève, la main courante tient sur un bloc-notes et le seul qui savait où étaient les clés est rentré dormir.
Les fonctions, pas les personnes
Un PCC se décrit par fonctions. Chaque commune les regroupe selon sa taille, mais on retrouve partout les mêmes :
| Fonction | Rôle |
|---|---|
| Direction des opérations communales | Le maire ou son représentant : décide, arbitre, rend compte au préfet |
| Coordination du PCC | Fait tourner la cellule, tient le point de situation |
| Secrétariat et main courante | Trace chaque information reçue, décision et action, avec l’heure |
| Logistique | Moyens, matériel, lieux d’accueil, ravitaillement |
| Relations avec la population | Accueil, hébergement, personnes vulnérables, standard |
| Communication | Messages à la population et aux médias, en lien avec la préfecture |
| Liaison terrain et secours | Lien avec les sapeurs-pompiers, la gendarmerie ou la police, les équipes communales |
Dans une commune de 500 habitants, trois personnes tiennent ces sept fonctions. Dans une ville moyenne, chacune a un titulaire et un suppléant. Dans tous les cas, chaque fonction doit avoir au moins deux personnes capables de la tenir.
Le lieu, et le lieu de repli
Le plan désigne un lieu principal et un lieu de repli, parce que la mairie peut être elle-même touchée : inondée, sans électricité, dans le périmètre évacué.
Un lieu de PCC se vérifie sur une liste courte : accès garanti de jour comme de nuit, alimentation électrique de secours ou groupe électrogène disponible, réseau téléphonique et connexion internet, un poste de travail par fonction, un affichage mural pour la carte et le point de situation, de quoi tenir douze heures (eau, café, sanitaires).
Le lieu de repli se teste au moins une fois : c’est souvent là qu’on découvre qu’il n’a pas de réseau.
Le matériel minimal
- Le classeur du PCS imprimé, avec les fiches réflexes et l’annuaire à jour.
- Une carte murale de la commune, des feutres effaçables.
- Des téléphones chargés et leurs chargeurs, une batterie externe par fonction.
- Un ordinateur ou une tablette par fonction qui saisit.
- De quoi tenir la main courante — et un moyen de l’exporter.
- Des gilets ou chasubles identifiant les fonctions quand plusieurs services se mélangent.
L’armement : les vingt premières minutes
L’armement du PCC suit toujours la même séquence :
- décision du maire ou de son représentant d’activer le plan ;
- alerte des fonctions du PCC — toutes à la fois, pas l’une après l’autre ;
- ouverture de la main courante, avec l’heure d’activation ;
- premier point de situation dès que trois fonctions sont présentes ;
- information de la préfecture et, le cas échéant, de l’intercommunalité.
Le point 2 est celui qui prend le plus de temps quand il se fait par téléphone. Une alerte envoyée en une fois, avec les réponses qui remontent, transforme vingt minutes d’appels en deux minutes d’attente.
La main courante : la mémoire de la crise
La main courante trace chaque information reçue, chaque décision et chaque action, avec l’heure et son auteur. Elle sert trois fois : pendant la crise, pour que la relève sache où l’on en est ; après, pour le retour d’expérience ; et en cas de contentieux, pour montrer ce que la commune a fait et quand.
Une main courante sur papier fonctionne, à condition d’être tenue par une seule personne dont c’est l’unique rôle. Une main courante numérique permet à plusieurs fonctions — et au terrain — d’y écrire, avec l’horodatage automatique et la photo à l’appui, et s’exporte sans ressaisie. C’est aussi la matière première de l’évaluation d’opérationnalité.
Les relèves : la sixième heure
Une cellule ne tient pas plus de six à huit heures sans dégradation des décisions. Le plan doit prévoir :
- une grille de relève par fonction, préparée dès l’armement si l’événement s’annonce long ;
- un point de passation de dix minutes, main courante à l’appui ;
- des personnes identifiées pour la nuit, qui rentrent dormir au lieu de rester « au cas où ».
C’est exactement là que la connaissance des disponibilités réelles fait la différence : savoir, dès 20 h, qui peut prendre la relève à 2 h.
À retenir
- Le PCC est une rubrique obligatoire du PCS (article R. 731-2).
- Il se décrit par fonctions, avec au moins deux personnes capables de tenir chacune.
- Un lieu de repli est prévu et testé : la mairie peut être touchée.
- L’armement suit cinq étapes ; l’alerte simultanée des fonctions est celle qui fait gagner le plus de temps.
- La main courante et la grille de relève décident de la tenue de la cellule au-delà de la sixième heure.
FAQ
Qui dirige le poste de commandement communal ?
Le maire, en tant qu’autorité de police administrative et directeur des opérations sur sa commune, ou un élu qu’il désigne pour le représenter. La coordination quotidienne de la cellule peut être confiée à un cadre — souvent le directeur général des services ou le référent du plan — mais les décisions relevant des pouvoirs de police restent celles du maire. Si le préfet prend la direction des opérations, le PCC continue de conduire les actions communales en lien avec lui.
Quelle différence entre PCC et cellule de crise ?
Le poste de commandement communal est la cellule de crise de la commune au sens du PCS. Le terme « cellule de crise » est plus général : une préfecture, une intercommunalité, une entreprise ou un hôpital ont la leur. Le PCC s’articule avec le centre opérationnel départemental de la préfecture et, le cas échéant, avec la cellule intercommunale prévue par le PICS.
Faut-il un local dédié au PCC ?
Non, peu de communes en ont les moyens. Une salle du conseil ou une salle de réunion équipée suffit, à condition d’être préparée : prises électriques, réseau, affichage, matériel stocké à proximité, et accès garanti la nuit. Le plus important est que tout le monde sache où elle est et comment y entrer — et où se trouve le lieu de repli.
Le PCC peut-il fonctionner à distance ?
Partiellement, et c’est utile pour les fonctions de soutien ou quand les accès sont coupés. Un point de situation en visioconférence et une main courante partagée permettent à un élu bloqué hors de la commune de participer. Mais la direction des opérations gagne presque toujours à être physiquement réunie : les décisions se prennent plus vite autour d’une carte que sur un écran partagé.
Un PCC tient à ses fonctions armées vite, à sa main courante et à ses relèves. eBrigade (ebrigade.app) donne à la cellule l’alerte simultanée des fonctions, l’événement, ses interventions sur carte SITAC et sa main courante avec photos, les checklists d’activation, les disponibilités pour préparer la relève et le point de situation en visio. À lire aussi : le logiciel PCS & PICS et le logiciel de cellule de crise.
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