Par la rédaction eBrigade · Publié le
Comment gérer une crise de panique en DPS : 5 étapes clés
Une victime respire vite, tremble et dit qu’elle va mourir : l’équipe peut penser à tort qu’il suffit de la calmer. La crise de panique en DPS impose pourtant un bilan rigoureux, car une urgence cardiaque, respiratoire, neurologique ou métabolique peut produire des signes proches.
Une crise de panique en dispositif prévisionnel de secours (DPS) désigne un épisode brutal de peur intense accompagné de manifestations physiques, comme l’essoufflement, les palpitations, les vertiges ou les fourmillements. Pour les secouristes, la priorité consiste à rechercher une détresse, demander un avis médical si nécessaire, rassurer sans minimiser, surveiller puis tracer les actions réalisées.
Ce guide aide les directeurs d’associations agréées de sécurité civile à formaliser une conduite commune. Il ne remplace ni les références techniques nationales de secourisme, ni les procédures internes, ni les consignes médicales.
Qu’est-ce qu’une crise de panique en DPS ?
Une crise de panique est une montée soudaine de peur ou d’angoisse intense, associée à des symptômes physiques et psychiques. En DPS, le terme ne doit être retenu qu’avec prudence : les secouristes décrivent des signes, réalisent un bilan et transmettent ; ils ne posent pas de diagnostic médical.
La victime peut présenter plusieurs manifestations :
- respiration rapide ou sensation de manquer d’air ;
- palpitations, oppression ou douleur thoracique ;
- sueurs, tremblements, nausées ou vertiges ;
- fourmillements des mains ou autour de la bouche ;
- peur de mourir, de perdre le contrôle ou de devenir folle ;
- agitation, fuite, sidération ou difficulté à répondre.
Selon l’Assurance Maladie, une attaque de panique dure en moyenne 20 à 30 minutes. Seul un médecin peut toutefois établir le diagnostic, car les symptômes peuvent aussi révéler une affection cardiovasculaire, pulmonaire, neurologique ou métabolique. Consultez le dossier officiel sur les symptômes et le diagnostic du trouble panique.
Le sujet pilier du chef d’équipe PSE reste essentiel pour répartir les rôles et sécuriser les décisions. Ce protocole complète donc le guide du chef d’équipe PSE sans modifier la chaîne de commandement du dispositif.
Comment gérer une crise de panique en DPS en 5 étapes ?
Pour gérer une crise de panique en DPS, l’équipe doit protéger, rechercher une détresse, recueillir les informations utiles, apaiser la respiration sans la forcer, puis alerter et surveiller. Les cinq étapes suivantes constituent une trame de briefing ; chaque association doit les aligner sur les références techniques nationales et ses procédures.
1. Sécuriser la zone et réaliser le bilan d’urgence vitale
Éloignez la victime de la foule, du bruit ou de tout danger, sans l’isoler hors de vue. Présentez-vous et vérifiez immédiatement la conscience, la liberté des voies aériennes et la respiration.
Recherchez les signes qui ne permettent pas de conclure à une simple anxiété : difficulté à parler, respiration anormale, coloration bleutée, douleur thoracique persistante, déficit neurologique, altération de la conscience ou traumatisme associé. Si la victime devient inconsciente tout en respirant, appliquez la conduite décrite dans le guide sur la victime inconsciente qui respire.
2. Installer la victime et réduire les stimulations
Installez la victime dans la position où elle se sent le mieux, généralement assise si elle se plaint d’essoufflement, sauf indication contraire du référentiel ou de la régulation. Limitez les spectateurs et confiez la communication à un seul équipier, placé à hauteur du regard.
Employez des phrases brèves : « Je reste avec vous » ou « Dites-moi ce que vous ressentez ». N’annoncez pas « ce n’est rien » ou « c’est seulement une crise d’angoisse » : la minimisation peut masquer une aggravation.
3. Rechercher les antécédents et mesurer les paramètres prévus
Recueillez l’heure de début, le contexte, les plaintes, les antécédents, les traitements, les allergies et une éventuelle consommation de substances. Un épisode identique déjà évalué ne remplace pas le bilan du jour.
Mesurez les paramètres prévus par votre niveau de formation et votre protocole : fréquences respiratoire et cardiaque, saturation en oxygène, pression artérielle ou glycémie si le cadre le justifie. Horodatez les valeurs : une mesure isolée ne suffit pas.
4. Rassurer et accompagner une respiration calme
Invitez la victime à respirer normalement et calmement, à son rythme. Parlez lentement, demandez-lui de relâcher les épaules et ramenez son attention vers un repère concret : vos questions, ses pieds au sol ou un objet visible.
Évitez les inspirations très profondes répétées, qui peuvent entretenir l’hyperventilation. Ne faites pas respirer la victime dans un sac : cette pratique peut être dangereuse si le malaise n’est pas anxieux. N’administrez ni médicament ni oxygène hors des indications et procédures applicables.
L’Assurance Maladie recommande, lors d’une crise d’angoisse connue, de rejoindre un endroit calme, de se rassurer et de respirer normalement ; une respiration trop rapide ou trop profonde peut accentuer les symptômes. Ces conseils ne dispensent jamais du bilan secouriste.
5. Demander un avis, surveiller et transmettre
Demandez un avis médical dès qu’un doute subsiste, qu’un signe de gravité apparaît ou que la procédure du dispositif le prévoit. Appelez le 15 ou le 112 pour une urgence ; ne raccrochez pas avant d’y être invité et appliquez les consignes reçues.
Surveillez la conscience, la respiration, la plainte et les paramètres. Transmettez l’identité disponible, le motif, l’heure de début, les signes, les antécédents, les valeurs successives et les actions menées. La méthode pour transmettre un bilan victime aux secours aide à ne rien omettre.
Quand faut-il appeler le 15 ou le 112 ?
Le 15 ou le 112 doit être appelé immédiatement devant une détresse respiratoire, une douleur thoracique inquiétante, une altération de la conscience ou tout signe neurologique. En l’absence de gravité évidente, un avis médical reste indiqué si le tableau est inhabituel, persistant, récidivant sans évaluation ou difficile à distinguer d’une urgence somatique.
| Situation observée | Décision opérationnelle |
|---|---|
| Difficulté à parler, signes de lutte, lèvres bleutées | Alerte immédiate et surveillance continue |
| Douleur thoracique, malaise à l’effort, palpitations inhabituelles | Avis médical urgent ; ne pas attribuer à l’anxiété |
| Confusion, déficit d’un côté, convulsion, perte de connaissance | Urgence immédiate selon le référentiel applicable |
| Intoxication possible, traumatisme ou grossesse | Signaler le contexte à la régulation médicale |
| Premier épisode ou symptômes différents des épisodes habituels | Demander un avis médical |
| Amélioration progressive, aucun signe de gravité | Poursuivre le bilan, la surveillance et suivre la procédure du DPS |
L’Assurance Maladie cite notamment la difficulté à terminer ses phrases, une coloration bleutée et les troubles de la vigilance parmi les signes qui imposent un appel immédiat. Ces critères complètent, sans les remplacer, les références secouristes applicables.
Quelles erreurs faut-il éviter au poste de secours ?
Les principales erreurs sont de diagnostiquer trop vite une attaque de panique, de banaliser la plainte, de forcer une technique respiratoire ou d’interrompre la surveillance dès l’amélioration. Une procédure écrite doit rendre ces interdits explicites lors des briefings.
- Dire « calmez-vous » sans bilan : cette injonction n’identifie aucune détresse et peut accroître le sentiment d’incompréhension.
- Faire respirer dans un sac : la pratique n’a pas sa place dans un protocole secouriste sécurisé.
- Multiplier les interlocuteurs : plusieurs questions simultanées augmentent la stimulation et dégradent le recueil.
- Administrer un traitement de sa propre initiative : les médicaments relèvent du cadre médical et des consignes applicables.
- Laisser repartir sans décision tracée : l’amélioration ne supprime pas le besoin de noter le bilan, l’avis reçu et l’orientation.
- Inscrire un diagnostic dans la main courante : consignez des faits observables et les propos utiles de la victime.
Comment préparer les équipes avant un DPS ?
La préparation repose sur une fiche réflexe validée, des rôles attribués et un exercice court fondé sur un scénario réaliste. Le directeur de l’association doit vérifier que les bénévoles savent reconnaître leurs limites de compétence, transmettre une évolution et protéger la confidentialité.
Avant la saison événementielle, simulez une victime qui hyperventile dans une foule puis signale une douleur thoracique. Vérifiez que l’équipe bascule sans délai vers l’alerte, la surveillance et une transmission complète.
Après la prise en charge, consignez les seules informations nécessaires et limitez les accès. Une main courante de poste de secours structurée restitue la chronologie sans exposer inutilement les données de santé.
À retenir
- Une crise de panique en DPS reste un diagnostic d’exclusion médicale, pas une conclusion secouriste immédiate.
- Le bilan d’urgence vitale précède toujours les techniques d’apaisement.
- Une seule personne conduit l’échange, dans un environnement calme et surveillé.
- La respiration doit rester normale et calme ; le sac en papier est à proscrire.
- Toute aggravation, présentation atypique ou incertitude justifie un avis médical.
- Les paramètres, décisions, transmissions et consignes reçues doivent être horodatés.
FAQ sur la crise de panique en DPS
Une crise de panique peut-elle provoquer des fourmillements ?
Oui. L’hyperventilation peut s’accompagner de fourmillements ou de contractures, notamment aux extrémités. Ces signes ne suffisent toutefois pas à identifier une crise de panique : l’équipe doit rechercher une cause urgente et transmettre le bilan.
Faut-il allonger une victime qui hyperventile ?
Pas systématiquement. Une victime consciente qui se plaint de gêne respiratoire est généralement installée dans la position où elle se sent le mieux, souvent assise. Le secouriste adapte la position aux signes observés, au référentiel et aux consignes médicales.
Peut-on faire respirer la victime dans un sac en papier ?
Non. La respiration dans un sac ne doit pas être utilisée, car l’origine de la gêne respiratoire peut être autre qu’une crise de panique. Accompagnez plutôt une respiration normale et calme tout en poursuivant la surveillance.
Une saturation normale exclut-elle une urgence ?
Non. Une saturation normale n’exclut ni une urgence cardiaque, ni une cause neurologique ou métabolique. La décision repose sur l’ensemble du bilan, l’évolution et l’avis médical, jamais sur une seule mesure.
Que faut-il écrire dans la fiche bilan ?
Notez les signes observés, les paroles utiles entre guillemets si nécessaire, les paramètres avec leurs horaires, les antécédents recueillis, les gestes réalisés, l’évolution, l’heure de l’appel et les consignes reçues. Évitez d’inscrire un diagnostic non établi.
Faire vivre le protocole au quotidien
Un protocole efficace doit devenir un réflexe collectif : fiche accessible, équipiers formés, matériel contrôlé, rôles connus et traçabilité homogène. Pour un directeur d’association secouriste, eBrigade permet de centraliser les compétences, planifier les effectifs qualifiés, diffuser les consignes et conserver la chronologie opérationnelle. L’outil transforme ainsi ces cinq étapes en pratique vérifiable sur chaque DPS, sans se substituer au jugement des secouristes ni à la régulation médicale.
Gérez vos équipes terrain avec eBrigade
Planning, formations, habilitations, pointage — tout en un.
Demander une démo gratuite