Bordeaux Métropole — les centres d'accueil des évacués, pilotés depuis eBrigade
Depuis le 22 juillet 2026, l'incendie parti de Saumos mobilise la Gironde entière. Bordeaux Métropole a ouvert ses centres d'accueil pour les personnes évacuées et coordonne, sur eBrigade, les femmes et les hommes qui les font tourner : réserve citoyenne métropolitaine, agents des 28 communes, associations agréées.
Un incendie, des dizaines de milliers d'évacués, des centres à ouvrir en quelques heures
Le feu se déclare le 22 juillet 2026 sur la commune de Saumos, dans le massif forestier du Médoc. Poussé par le vent et la sécheresse, il progresse vers Le Porge, Le Temple puis Lège-Cap-Ferret. La préfecture de la Gironde ordonne des évacuations préventives massives et ouvre, avec les communes, un réseau de centres d'accueil répartis sur le département.
Bordeaux Métropole se trouve alors dans la position de la collectivité d'appui : elle n'est pas la zone sinistrée, elle est la zone qui héberge. Le Parc des Expositions de Bordeaux est armé pour recevoir jusqu'à 10 000 personnes — lits de camp, espaces de repos, repas, boissons, espace dédié aux animaux — et le complexe sportif Colette Besson voisin est ouvert pour les douches.
Ouvrir un bâtiment est la partie facile. Le vrai sujet, dans les six premières heures, c'est qui tient ce bâtiment : combien de personnes, sur quels créneaux, avec quelles compétences, et qui les remplace à 2 heures du matin.
- Une montée en charge non planifiable : personne ne sait, à l'ouverture, si le centre accueillera 200 ou 4 000 personnes le lendemain. Le dimensionnement des équipes doit être révisé toutes les quelques heures.
- Des renforts venus de partout : réserve citoyenne métropolitaine, agents territoriaux détachés de leur service d'origine, bénévoles associatifs, spontanés. Des statuts différents, des rattachements différents, une seule feuille de présence.
- Un fonctionnement 24 h/24 sur plusieurs sites : chaque centre a ses créneaux jour/nuit, son référent, ses besoins propres. Tenir cela au téléphone et sur tableur, c'est perdre la main dès la deuxième nuit.
- Des besoins logistiques mouvants : couvertures, lits pliants, eau, produits d'hygiène, couches, matériel animalier. Les dons arrivent par les mairies des 28 communes et doivent être orientés vers le bon centre.
Ce qu'eBrigade prend en charge sur un dispositif d'accueil
Une alerte part vers les réservistes utiles : proximité géographique, disponibilité déclarée, compétences (secourisme, accueil du public, langues, conduite). Chacun répond depuis son téléphone — les réponses remontent en temps réel, sans chaîne d'appels.
Chaque centre d'accueil est une « activité » avec ses vacations jour et nuit, ses postes (accueil, restauration, logistique, référent de site) et son effectif cible. Les trous de planning se voient d'un coup d'œil, plusieurs heures avant qu'ils ne deviennent un problème.
Arrivées et départs sont pointés sur place depuis le mobile. On sait à tout instant qui est présent sur quel site — utile pour la relève, pour la sécurité des intervenants, et pour le retour d'expérience une fois le feu éteint.
Chaque commune garde la main sur ses propres bénévoles et ses propres créneaux ; la métropole dispose de la vue consolidée sur l'ensemble du dispositif. Le même outil sert les deux niveaux, avec des droits distincts.
Lits, couvertures, kits d'hygiène, véhicules de navette : les ressources sont suivies par site et affectées comme les personnes. Ce qui manque à un endroit se voit depuis le poste de coordination.
Heures engagées, effectifs par centre et par jour, pics de charge : les données sont produites par l'usage quotidien. Le bilan de crise ne demande pas de reconstituer trois semaines de tableurs.
Quelques repères publics
Chiffres publics au 25 juillet 2026, issus des communications de Bordeaux Métropole et des points de situation de la préfecture de la Gironde. La situation évolue quotidiennement : les informations opérationnelles à jour (centres ouverts, dons, numéro vert) sont publiées par la préfecture et les communes.
Trois enseignements transposables à toute collectivité
- Le vivier se constitue avant la crise, pas pendant. Une réserve citoyenne n'est mobilisable en quelques heures que si ses membres, leurs compétences et leurs disponibilités sont déjà à jour dans un outil. Le jour du feu, on n'a plus le temps de recruter.
- Un centre d'accueil, c'est un planning avant d'être un bâtiment. La contrainte réelle est l'armement humain en continu, sur des semaines éventuellement. Raisonner en vacations dès l'ouverture évite l'épuisement des mêmes dix volontaires.
- La coordination intercommunale doit être fédérée, pas centralisée. Chaque commune reste responsable de ses bénévoles ; l'échelon métropolitain a besoin d'une vue d'ensemble. C'est un problème de droits et de périmètres, que l'outil doit traiter nativement.
Ressources liées
- Bordeaux Métropole — la gestion des équipes terrain au quotidien
- Ouvrir un centre d'accueil pour évacués : la check-list des 72 premières heures
- Armer un centre d'hébergement d'urgence 24 h/24 : construire le planning de vacations
- Recenser les personnes évacuées : registre d'accueil, main courante et RGPD
- Logiciel de gestion de réserve communale de sécurité civile
- Logiciel de cellule de crise