Publié le 19 mai 2026
Chaque année en France, plus de 40 000 personnes décèdent d’un arrêt cardiaque, et la majorité de ces drames pourrait être évitée si un témoin intervenait dans les premières minutes. En tant que formateur certifié en secourisme, je constate que la peur de mal faire reste le principal frein à l’action. Pourtant, ne rien faire est toujours pire que d’essayer. Voici un guide pratique pour vous donner les clés essentielles.
Les trois réflexes fondamentaux : Protéger, Alerter, Secourir
La règle d’or du secourisme tient en trois verbes simples, à appliquer dans cet ordre strict.
Protéger consiste d’abord à sécuriser la zone pour éviter un suraccident. Avant de vous précipiter vers une victime sur la chaussée, coupez le moteur d’un véhicule accidenté, éloignez les curieux, déclenchez le feu tricolore d’urgence. Votre sécurité prime : un sauveteur blessé devient une victime supplémentaire.
Alerter signifie joindre les secours adaptés. En France, retenez trois numéros :
- 15 : SAMU, urgences médicales
- 18 : pompiers, accidents et incendies
- 112 : numéro européen, fonctionne depuis tous les mobiles, même sans réseau de votre opérateur
Lors de l’appel, restez calme et précis : lieu exact, nature de l’urgence, nombre de victimes, état apparent. Ne raccrochez jamais avant que le régulateur ne vous y autorise.
Secourir vient en dernier, avec les gestes adaptés à la situation.
Reconnaître et réagir face à un arrêt cardiaque
Une victime inconsciente qui ne respire pas normalement est en arrêt cardiaque. Chaque minute sans massage diminue ses chances de survie de 10 %.
La procédure tient en quatre étapes :
- Vérifier la conscience : secouez doucement les épaules en parlant fort.
- Vérifier la respiration pendant 10 secondes maximum : penchez-vous, regardez le thorax, écoutez, sentez le souffle.
- Appeler les secours ou faire appeler par un témoin, et demander un défibrillateur (DAE).
- Démarrer le massage cardiaque : talons des mains au centre du thorax, bras tendus, compressions de 5 à 6 cm de profondeur, rythme de 100 à 120 par minute (le tempo du tube Stayin’ Alive des Bee Gees est parfait).
Si un DAE est disponible, allumez-le et laissez-vous guider par la voix. Ces appareils sont conçus pour être utilisés par tous, sans formation préalable. Vous ne pouvez pas faire d’erreur : l’appareil n’envoie un choc que s’il est nécessaire.
Hémorragie, étouffement, brûlure : les autres urgences fréquentes
En cas d’hémorragie externe, appuyez fermement et directement sur la plaie avec un linge propre ou votre main gantée. Allongez la victime et maintenez la pression jusqu’à l’arrivée des secours. Le garrot reste un geste de dernier recours, à n’utiliser que si la compression ne suffit pas.
Face à un étouffement total (la personne ne peut ni parler, ni tousser, ni respirer), administrez immédiatement cinq claques vigoureuses entre les omoplates. Si l’obstruction persiste, enchaînez avec cinq compressions abdominales (manœuvre de Heimlich), puis alternez tant que nécessaire.
Pour une brûlure, appliquez la règle des « 3-15 » : refroidissez à l’eau tempérée (15-25 °C) pendant 15 minutes, à 15 cm de distance. Ne percez jamais les cloques et ne tartinez pas de corps gras.
Se former : la seule façon d’être vraiment prêt
Lire un article est un premier pas, mais rien ne remplace une formation pratique. Plusieurs parcours existent en France :
- GQS (Gestes Qui Sauvent) : 2 heures, gratuit ou peu coûteux, accessible dès 10 ans.
- PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) : 7 heures, la formation grand public de référence.
- SST (Sauveteur Secouriste du Travail) : 14 heures, obligatoire dans certains secteurs professionnels et fortement recommandée partout.
Le recyclage régulier est essentiel : les gestes s’oublient en 18 à 24 mois sans pratique. Un Maintien et Actualisation des Compétences (MAC) tous les 24 mois suffit à garder un niveau opérationnel.
La prévention en milieu professionnel
Au-delà des gestes d’urgence, la prévention reste le meilleur des secours. En entreprise, le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est obligatoire dès le premier salarié. Il doit identifier les dangers, évaluer les risques et planifier les actions correctives.
Quelques bonnes pratiques essentielles :
- maintenir les trousses de secours accessibles et à jour ;
- afficher les numéros d’urgence et les consignes d’évacuation ;
- former au moins un SST par tranche de 20 salariés ;
- réaliser des exercices d’évacuation au moins deux fois par an ;
- vérifier annuellement les DAE et les extincteurs.
Conclusion
Le secourisme n’est pas une affaire de spécialistes : c’est une responsabilité citoyenne. Chaque minute compte, et votre intervention, même imparfaite, peut sauver une vie. Formez-vous, recyclez-vous, et osez agir.
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