Publié le 19 mai 2026

Gestes qui sauvent à l’école : où en est le déploiement du parcours citoyen en 2026 ?

Former 100 % d’une classe d’âge aux gestes qui sauvent. C’est l’engagement pris par les pouvoirs publics depuis plusieurs années, et réaffirmé dans le cadre du parcours citoyen de l’élève. À mi-2026, alors que la saison des PSC1 de fin d’année scolaire bat son plein dans les collèges et lycées, le ministère de l’Éducation nationale et la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises (DGSCGC) ont publié un point d’étape. Les résultats sont encourageants, mais des angles morts subsistent.

Un parcours en trois temps, du primaire au lycée

Le dispositif repose sur une logique de progression pédagogique étalée tout au long de la scolarité, et non plus sur une formation unique en fin de cursus.

  • À l’école primaire (CM1-CM2) : module Apprendre à porter secours (APS), intégré aux programmes depuis 2006 mais aujourd’hui mieux structuré. Les élèves découvrent l’alerte au 15 / 18 / 112, la protection face à un danger et les principes de base de l’observation d’une victime.
  • Au collège : sensibilisation aux Gestes Qui Sauvent (GQS) de deux heures en classe de 3ᵉ, axée sur la réanimation cardio-pulmonaire (RCP), l’utilisation du défibrillateur automatisé externe (DAE) et l’alerte.
  • Au lycée : formation PSC1 complète de sept heures, conduisant à la délivrance d’une attestation officielle valorisable sur Parcoursup et dans le monde professionnel.

Ce séquencement, recommandé par le Conseil supérieur des programmes, vise à transformer un apprentissage ponctuel en réflexe durable, en jouant sur la répétition espacée.

Les chiffres clés du déploiement

Selon le dernier rapport conjoint Éducation nationale / Intérieur, environ 78 % d’une cohorte de troisième a bénéficié en 2024-2025 de la sensibilisation aux gestes qui sauvent, contre 52 % trois ans plus tôt. La progression est nette, mais le PSC1 complet en lycée reste plus difficile à généraliser : à peine 41 % des élèves de seconde le suivent intégralement, faute de formateurs disponibles et de créneaux horaires.

Les académies rurales présentent des taux d’équipement supérieurs aux grandes métropoles, principalement parce que les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) et les associations agréées de sécurité civile (AASC) y disposent d’un meilleur maillage local et de partenariats stables avec les chefs d’établissement.

La formation des enseignants, pierre angulaire du dispositif

L’un des principaux leviers identifiés est la montée en compétence des enseignants eux-mêmes. Un enseignant titulaire du PSC1 peut animer la sensibilisation GQS de deux heures auprès de ses élèves, démultipliant ainsi la capacité de formation sans dépendre exclusivement des intervenants extérieurs.

Plusieurs rectorats ont noué des conventions cadres avec la Croix-Rouge française, la Protection Civile, l’ADPC et la Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme (FFSS) pour offrir le PSC1 gratuitement aux personnels enseignants. Les Maîtres formateurs ESPE/INSPÉ suivent quant à eux une pédagogie active du secourisme intégrée à leur formation initiale depuis 2023.

Freins persistants : disponibilité, matériel, continuité

Trois obstacles continuent de ralentir la généralisation :

  1. La disponibilité des formateurs. Les moniteurs PAE FPSC sont en nombre limité, partagés entre les formations grand public, les recyclages des salariés SST et les sessions en milieu scolaire.
  2. Le matériel pédagogique. Mannequins de RCP adulte, enfant et nourrisson, défibrillateurs de formation, kits hémorragie : leur coût pèse sur les budgets associatifs.
  3. La continuité du parcours. Un élève peut suivre la sensibilisation en 3ᵉ sans bénéficier du PSC1 en lycée si son nouvel établissement n’a pas conventionné.

L’enjeu des établissements professionnels et de l’apprentissage

L’enseignement professionnel présente un cas particulier : le PSC1 y est souvent obligatoire dans certaines filières (sanitaire et social, sécurité, restauration, BTP), au titre du référentiel diplôme. Mais pour les apprentis en CFA ou les élèves de filières tertiaires, la couverture reste hétérogène. Les Régions, compétentes en matière de formation professionnelle, jouent ici un rôle déterminant via leurs plans régionaux santé-sécurité.

Vers une culture de sécurité civile partagée

Au-delà des chiffres, l’enjeu de fond est culturel. Diffuser une véritable culture de sécurité civile suppose que les gestes appris soient entretenus, réactivés et valorisés tout au long de la vie. C’est le sens de la notion de citoyen sauveteur consacrée par la loi du 3 juillet 2020 : chaque témoin d’un arrêt cardiaque devient un maillon essentiel de la chaîne de survie, à condition d’oser intervenir. Et l’on n’ose que ce qu’on a déjà pratiqué.

Et après ? Mobiliser les associations sur le terrain

Pour les associations agréées de sécurité civile, les réserves communales et les équipes pédagogiques bénévoles, le défi opérationnel est immense : planifier des dizaines de sessions, gérer la disponibilité des moniteurs PSC1, suivre les recyclages, éditer les attestations et coordonner les déplacements avec les établissements scolaires partenaires.

eBrigade accompagne au quotidien les associations de secourisme, les SDIS, les unités de Protection Civile et les antennes Croix-Rouge dans cette mission. Notre plateforme centralise la gestion des plannings, le suivi des compétences et des recyclages, la convocation automatisée des formateurs, l’édition des feuilles de présence et le reporting auprès des préfectures et rectorats. Pour structurer votre activité de formation et libérer du temps pédagogique, découvrez eBrigade dès aujourd’hui.

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