Par Julie · Rédactrice eBrigade · Publié le 19 mai 2026

Recommandations ERC 2025 : la France adapte ses référentiels de réanimation cardio-pulmonaire

Les recommandations ERC 2025 maintiennent les fondamentaux de la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) — reconnaître une respiration anormale, alerter sans délai, comprimer fort et vite, puis utiliser un défibrillateur automatisé externe (DAE) — tout en renforçant l’organisation collective autour de la victime. En France, la nouveauté concrète de l’été 2026 est réglementaire : l’arrêté du 7 juillet 2026 instaure des références techniques nationales pour les formations GQS, PSC, PSE1 et PSE2.

Mise à jour du 5 août 2026 : les annonces d’avenants attendus au second semestre ne sont plus d’actualité. Publié au Journal officiel le 11 juillet, l’arrêté fixe désormais le socle technique à utiliser. Il ne mentionne pas l’ERC et ne doit donc pas être présenté comme une reprise mot pour mot des recommandations européennes : l’ERC fournit un cadre scientifique, tandis que l’État définit la doctrine française de formation.

Ce qui est officiellement en vigueur en France depuis juillet 2026

Depuis le 12 juillet 2026, les formations françaises de sécurité civile concernées doivent s’appuyer sur trois références techniques nationales : GQS, PSC et PSE. L’arrêté du 7 juillet 2026 sur Légifrance répartit leur emploi de la façon suivante :

  • annexe 1 pour la sensibilisation aux gestes qui sauvent (GQS) ;
  • annexe 2 pour l’unité d’enseignement premiers secours citoyen (PSC) ;
  • annexe 3 pour les unités secouriste (PSE1) et équipier secouriste (PSE2) ;
  • annexes correspondantes pour les formateurs PSC (FPSC) et les formateurs PSE (FPSE).

Pour le GQS uniquement, l’organisme habilité peut adapter les dispositions pédagogiques si son référentiel interne est validé par le ministre chargé de la Sécurité civile. Pour le PSC, le PSE1 et le PSE2, le texte dispose que seules les références techniques nationales correspondantes sont utilisées.

Cette distinction est importante pour les responsables pédagogiques : une recommandation scientifique européenne éclaire les pratiques, mais le document à appliquer et à enseigner en France est celui désigné par la réglementation nationale. Les supports, fiches techniques, scénarios et grilles d’évaluation doivent donc être vérifiés contre les éditions françaises de juillet 2026, et pas seulement contre un résumé de l’ERC.

La chaîne de survie 2025 reste une chaîne à quatre maillons

L’ERC conserve quatre maillons, mais en élargit le contenu à la prévention, à la régulation, aux premiers répondants et au rétablissement à long terme. La chaîne de survie ERC 2025 s’organise ainsi :

  1. prévenir l’arrêt cardiaque, reconnaître l’urgence et appeler rapidement ;
  2. commencer la RCP et défibriller précocement ;
  3. assurer les soins spécialisés pour stabiliser la victime et protéger le cerveau et le cœur ;
  4. accompagner la récupération et la qualité de vie de la personne, ainsi que ses proches.

La récupération n’est donc pas un « cinquième maillon » ajouté au schéma ERC. Elle constitue le quatrième maillon révisé. Cette approche élargit néanmoins l’évaluation de la chaîne de secours : la reprise d’une activité cardiaque n’est pas le seul résultat pertinent ; le devenir neurologique, la réadaptation et les besoins des proches comptent aussi.

La donnée nationale la plus récente porte sur l’effort de formation. Dans une publication du 5 mai 2026, la DGSCGC indique que le dispositif français participe à l’objectif de former ou initier 80 % de la population aux gestes de premiers secours. La même source rappelle que la formation continue est organisée en cascade, des équipes pédagogiques nationales jusqu’aux secouristes et au grand public (Sécurité civile, « 25 ans de formation continue du secourisme »). Il s’agit d’un objectif national, pas d’un taux déjà atteint.

RCP adulte : les gestes immédiatement extractibles

Pour un adulte inconscient qui ne respire pas normalement, il faut appeler les secours, commencer les compressions et utiliser un DAE dès qu’il est disponible. Les recommandations ERC 2025 de réanimation de base adulte donnent les repères suivants :

  • considérer une respiration lente, laborieuse, bruyante ou faite de gasps comme anormale ;
  • comprimer au centre du thorax à une fréquence de 100 à 120 compressions par minute ;
  • viser une profondeur d’au moins 5 cm sans dépasser 6 cm chez l’adulte ;
  • laisser le thorax remonter complètement et limiter les interruptions ;
  • si le sauveteur sait et peut insuffler, alterner 30 compressions et 2 insufflations ; sinon, réaliser des compressions continues ;
  • mettre le téléphone en mode haut-parleur pour suivre les instructions de l’opérateur ;
  • brancher le DAE dès son arrivée et suivre ses consignes, sans interrompre la RCP pendant sa recherche.

La formule « compression-only pour le grand public » mérite donc d’être nuancée. Les compressions seules sont la consigne adaptée à une personne non formée, incapable ou non disposée à insuffler. Une personne formée et capable de réaliser les insufflations peut pratiquer le ratio 30:2. Chez l’enfant et le nourrisson, la ventilation conserve une importance particulière et doit être enseignée conformément au référentiel français correspondant.

Régulation, citoyens sauveteurs et intelligence artificielle : trois niveaux de preuve

L’assistance téléphonique à la RCP et les réseaux de premiers répondants sont des recommandations opérationnelles ; l’intelligence artificielle reste, elle, une technologie prometteuse dont l’effet clinique doit encore être démontré. Cette hiérarchie évite de transformer une piste de recherche en obligation réglementaire.

Pour la régulation, l’ERC demande des protocoles standardisés de reconnaissance de l’arrêt cardiaque. Une fois l’arrêt reconnu, l’opérateur doit donner des instructions de RCP à l’appelant, partir du principe qu’il ne maîtrise pas la ventilation et lui expliquer les compressions seules ; si l’appelant indique savoir insuffler, l’opérateur peut guider une RCP 30:2. Le texte européen ne fixe pas un objectif universel de détection « en 60 secondes ».

Pour les premiers répondants, les recommandations ERC 2025 « Systems Saving Lives » préconisent des programmes reliés aux centres de régulation et aux registres de DAE. Les citoyens sauveteurs proches d’un arrêt suspecté peuvent ainsi être alertés pour réduire le délai avant les premières compressions et la défibrillation. L’ERC insiste également sur leur sécurité physique, leur soutien psychologique et la mesure standardisée des résultats.

Pour l’intelligence artificielle, l’ERC rapporte des usages possibles — détection, aide à la régulation, analyse de rythmes, retour sur la qualité de la RCP — mais précise qu’aucune preuve graduée par l’ILCOR n’était disponible pour formuler une recommandation clinique. La majorité des études analysées étaient rétrospectives et peu validées en conditions réelles. En pratique, une IA peut assister un professionnel dans un cadre évalué ; elle ne remplace ni le protocole de régulation, ni le jugement humain, ni les exigences de protection des données.

Défibrillation : rendre le DAE visible, accessible et relié à l’alerte

Toute personne peut utiliser un DAE, même sans formation préalable, et l’accès à l’appareil ne doit pas retarder les compressions. L’ERC recommande une signalétique visible, la cartographie électronique des appareils et la connexion des registres de DAE aux systèmes de régulation et d’alerte des premiers répondants.

Les armoires verrouillées sont déconseillées, car elles retardent l’accès au défibrillateur. Si un verrou est indispensable, les instructions d’ouverture doivent être immédiatement compréhensibles. Lorsqu’il y a plusieurs témoins, l’un poursuit les compressions pendant qu’un autre récupère et installe le DAE. Le sauveteur suit ensuite les indications vocales ou visuelles de l’appareil et veille à ce que personne ne touche la victime pendant l’analyse et, le cas échéant, le choc.

Pour un organisme, la conformité ne se limite pas à posséder un DAE : il faut connaître son emplacement, contrôler son accessibilité, suivre les électrodes et la batterie, et rendre l’information exploitable par les équipes et la régulation.

Ce que les organismes de formation doivent faire maintenant

La priorité n’est plus d’attendre un futur avenant : elle consiste à aligner dès maintenant la documentation et les pratiques sur les références techniques nationales de juillet 2026. Une revue de conformité peut suivre six étapes :

  1. identifier chaque formation délivrée : GQS, PSC, PSE1, PSE2, FPSC ou FPSE ;
  2. associer la ou les annexes réglementaires applicables ;
  3. comparer les fiches techniques, diaporamas, scénarios et évaluations avec la version nationale en vigueur ;
  4. tracer la diffusion des changements auprès des formateurs et formateurs de formateurs ;
  5. mettre à jour les mannequins, DAE de formation, consommables et scénarios de régulation ;
  6. conserver la preuve des versions utilisées et des actualisations de compétences.

Le SST suit une gouvernance distincte de l’arrêté du 7 juillet : le dispositif relève du réseau Assurance maladie – Risques professionnels / INRS. L’aide-mémoire SST ED 4085 publié en mai 2026 indique que ses conduites à tenir sont conformes à la dernière version du guide des données techniques. Un organisme qui propose à la fois PSC/PSE et SST doit donc piloter deux corpus documentaires sans les confondre.

Un enjeu de traçabilité pour les associations agréées

Le passage à un nouveau corpus national crée un besoin immédiat de traçabilité : qui a reçu la mise à jour, sur quelle version a-t-il été formé et jusqu’à quelle date sa compétence est-elle valide ? Pour une association multi-antennes, ces réponses doivent pouvoir être obtenues sans consolider manuellement plusieurs tableurs.

eBrigade centralise les qualifications PSC, PSE1, PSE2 et SST, la planification des formations et des dispositifs prévisionnels de secours, les alertes d’équipe ainsi que le suivi du matériel et des DAE. La plateforme aide les responsables à relier une personne, une compétence, une échéance et une version de support, afin de transformer la mise à jour réglementaire en plan d’action vérifiable.

À l’heure où les références techniques nationales 2026 sont en vigueur, cette traçabilité permet de concentrer l’énergie des équipes pédagogiques sur l’entraînement et la qualité des gestes.

Questions fréquentes sur les recommandations ERC 2025 en France

Les recommandations ERC 2025 sont-elles directement obligatoires en France ?

Non. L’ERC produit un cadre scientifique européen dont la mise en œuvre dépend des règles de chaque pays. En France, l’arrêté du 7 juillet 2026 rend applicables les références techniques nationales désignées pour GQS, PSC, PSE1 et PSE2.

Faut-il encore parler de PSC1 ?

Le libellé réglementaire actuel est premiers secours citoyen (PSC). « PSC1 » reste fréquent dans le langage courant et dans d’anciens supports, mais les organismes doivent employer l’intitulé du texte en vigueur dans leurs documents officiels.

Un témoin non formé doit-il faire du bouche-à-bouche ?

Non. S’il ne sait pas ou ne peut pas réaliser des insufflations, il commence des compressions thoraciques continues et suit les consignes de l’opérateur. S’il est formé et capable d’insuffler, l’ERC recommande le ratio 30:2.

Peut-on utiliser un DAE sans formation ?

Oui. L’ERC précise que tout le monde peut utiliser un DAE. Il faut l’allumer, poser les électrodes comme indiqué et suivre ses instructions, tout en limitant au maximum l’interruption des compressions.

L’arrêté de juillet 2026 couvre-t-il aussi le SST ?

Non. Il vise les filières de sécurité civile mentionnées dans le texte, notamment GQS, PSC et PSE. Le SST relève du dispositif Assurance maladie – Risques professionnels / INRS et de ses propres documents de référence.


Pour aller plus loin :

Gérez vos équipes terrain avec eBrigade

Planning, formations, habilitations, pointage — tout en un.

Demander une démo gratuite
Essai gratuit 30 jours Sans CB · Sans engagement · Espace prêt en 2 min