Par Sarah · Rédactrice eBrigade · Publié le 15 janvier 2025

Dans les interventions de secours à personnes, chaque minute compte. La fiche bilan victime — ce document qui recense l’état de conscience, les constantes vitales, les antécédents et les gestes effectués — doit être remplie vite, sans erreur, et transmise instantanément au médecin régulateur ou à l’équipe hospitalière qui prend le relais. Pendant des décennies, ce bilan voyageait sur papier, parfois illisible, souvent incomplet. La dématérialisation a changé la donne.

Efibi s’est imposé comme l’un des premiers outils de numérisation de la fiche bilan dans les services de secours français. Mais il n’est pas la seule option disponible, et ses limites poussent de nombreuses structures à chercher une alternative capable de couvrir l’ensemble du cycle opérationnel, de la planification des équipes jusqu’à l’archivage post-intervention.

Ce que couvre la fiche bilan victime numérique

La fiche bilan standardisée — issue des protocoles de la Société Française de Médecine d’Urgence et des référentiels CESU — comporte une vingtaine de champs structurés : bilan circonstanciel, score de Glasgow, fréquence respiratoire et saturation en oxygène, tension artérielle, ECG simplifié, anamnèse SAMPLER (Symptômes, Allergies, Médicaments, Pathologies, Last meal, Événements déclenchants, Risques associés), et les gestes de premiers secours réalisés.

Sur papier, la saisie prend entre 5 et 8 minutes dans des conditions calmes ; en ambiance de stress ou de nuit, les erreurs de transcription atteignent 30 % selon plusieurs études menées en SAMU de province. Un outil numérique bien conçu réduit ce taux à moins de 5 % grâce aux listes déroulantes, aux valeurs par défaut et aux alertes de champs obligatoires manquants.

La transmission vers le CRRA-15, le poste médical avancé ou le service des urgences s’effectue ensuite en quelques secondes via une connexion 4G ou Wi-Fi, supprimant la perte d’information lors du passage de relais verbal.

Efibi : périmètre et points de friction

Efibi remplit efficacement sa mission première : remplacer la fiche papier par une interface mobile structurée. Les équipes des associations de sécurité civile agréées (JSP, Croix-Rouge locale, Protection Civile) et certains SDIS l’utilisent pour les postes de secours lors de manifestations sportives ou culturelles.

Ses points forts sont la conformité au référentiel national, la lisibilité immédiate des données pour le médecin, et la simplicité d’adoption sur tablette Android.

Cependant, les responsables opérationnels remontent régulièrement plusieurs manques : l’outil ne gère pas les plannings d’astreinte ni les vacations des secouristes, il ne produit pas de statistiques d’intervention agrégées pour les rapports annuels, il n’intègre pas la gestion du matériel de premiers secours (DAE, oxymètre, tensiomètre), et son mode hors ligne reste limité dans les zones rurales à faible couverture réseau.

Pour une structure qui mobilise 40 bénévoles sur un marathon ou 120 personnes sur un dispositif prévisionnel de secours (DPS) de grande ampleur, l’absence de ces fonctions oblige à jongler avec trois ou quatre outils distincts.

Les fonctionnalités attendues d’une solution complète

Une alternative crédible à Efibi doit répondre à un cahier des charges élargi, que l’on retrouve dans les appels d’offres des fédérations nationales de secourisme et des services départementaux d’incendie et de secours :

  • Fiche bilan dématérialisée conforme au référentiel CESU, saisie sur smartphone ou tablette, avec export PDF horodaté et signé.
  • Transmission temps réel vers le poste de commandement, le médecin référent ou l’hôpital récepteur, avec accusé de réception.
  • Gestion des victimes multiples lors d’accidents collectifs (crash, effondrement, intoxication) : numérotation SINUS, tri START, tableau de bord des niveaux de gravité.
  • Planification des équipes : constitution des équipes secouristes, affectation aux postes, gestion des disponibilités et remplacement au dernier moment.
  • Suivi du matériel : affectation des équipements aux équipes, contrôle de péremption des consommables, maintenance des DEA.
  • Statistiques et reporting : taux d’intervention par type de bilan, temps moyen de prise en charge, indicateurs pour les conventions avec les organisateurs d’événements.

eBrigade comme alternative à Efibi

eBrigade est une plateforme française de gestion opérationnelle conçue pour les corps de volontaires, les associations de sécurité civile et les services d’urgence. Son module victime reprend la structure de la fiche bilan CESU et l’intègre dans un flux complet : de la création du dispositif à l’archivage des données médicales, en passant par la gestion en temps réel du poste de commandement.

Concrètement, lors d’un DPS pour un concert de 15 000 spectateurs, le chef de poste ouvre l’événement sur eBrigade Cloud depuis son ordinateur. Les secouristes sur le terrain remplissent leurs fiches bilans sur smartphone — même partiellement hors ligne — et les données remontent automatiquement au tableau de bord central dès que la connexion est rétablie. À la fin de la soirée, le responsable exporte en un clic le rapport d’intervention avec le récapitulatif des prises en charge, les numéros de victimes et les bilans transmis aux hôpitaux, directement utilisable pour les comptes rendus à la préfecture ou à la fédération.

Le module planification permet d’affecter les 40 bénévoles aux postes deux semaines à l’avance, de gérer les désistements de dernière minute par notification automatique, et de calculer les heures d’engagement pour les attestations fiscales des associations.

Critères de choix selon la taille de la structure

Pour une petite équipe de 10 à 20 secouristes intervenant sur des événements locaux, Efibi peut suffire si la structure accepte de gérer la planification et la logistique par d’autres moyens. Le coût d’adoption est faible et la prise en main rapide.

Dès que la structure dépasse 30 bénévoles actifs, organise plusieurs événements simultanés ou doit produire des rapports d’activité formalisés, une solution intégrée devient rentable : le temps économisé sur la coordination, les erreurs évitées lors des transmissions et la fiabilité des archives justifient l’investissement.

Les SDIS et les services de santé publique qui opèrent des dizaines de DPS annuels ont tout intérêt à unifier leur outillage pour éviter les silos de données et les risques liés à la multiplicité des supports.

Migration et adoption terrain

Passer d’Efibi à une nouvelle solution soulève la question de la formation des équipes. Les secouristes sont souvent bénévoles, peu disponibles pour des formations longues, et réticents aux changements d’interface en cours de saison. Une migration réussie repose sur trois conditions : une interface mobile intuitive mobilisable sans formation préalable de plus d’une heure, un mode hors ligne fiable pour les zones blanches, et un accompagnement actif lors des deux ou trois premières mises en situation réelle.

L’historique des bilans antérieurs doit pouvoir être exporté au format CSV ou PDF pour conserver la traçabilité exigée par les réglementations sur les données de santé (RGPD, référentiel HDS pour les données sensibles).


eBrigade intègre nativement ces exigences dans son module de gestion des victimes, pensé pour les équipes terrain qui n’t peuvent pas se permettre de changer d’outil entre la prise en charge de la victime et la remise du rapport d’intervention. Les structures qui cherchent à consolider la fiche bilan numérique, la planification des secouristes et le suivi du matériel dans une seule plateforme trouveront dans eBrigade une réponse concrète aux limites d’Efibi.


Pour aller plus loin :

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