Par Joseph · Expert eBrigade Technologies · Publié le · Mis à jour le

Salaire d'un pompier volontaire : combien pour 24 h de garde

Centre d'incendie et de secours français, deux véhicules stationnés devant les remises
Un centre d'incendie et de secours et ses engins. L'essentiel du travail d'un centre se joue avant l'alerte : gardes tenues, qualifications à jour, matériel vérifié. Photo MathildePVD · CC0 · via Wikimedia Commons

Un sapeur-pompier volontaire ne touche pas de salaire, mais des indemnités horaires non imposables. Pour une garde postée de 24 heures en caserne, un sapeur perçoit entre 73,67 € et 157,86 € à partir du 1er novembre 2026 : la garde est indemnisée entre 35 % et 75 % de son taux horaire de 8,77 €, et c’est chaque SDIS qui fixe le pourcentage. Au taux plein, réservé aux gardes en salle opérationnelle, 24 heures représentent 210,48 €. Une astreinte de 24 heures à domicile rapporte, elle, 18,94 € au maximum.

Ces montants appliquent l’arrêté du 29 septembre 2026, publié au Journal officiel du 2 octobre et en vigueur au 1er novembre 2026. Jusqu’au 31 octobre 2026, ce sont ceux de l’arrêté du 17 novembre 2025 qui s’appliquent, avec 8,71 € de l’heure pour un sapeur : une garde de 24 heures rapporte alors entre 73,16 € et 156,78 €.

Ce que rapporte une garde de 24 h, grade par grade

Le cadre est fixé par le décret n° 2012-492 du 16 avril 2012. Son article 6 prévoit que les gardes accomplies dans un centre d’incendie et de secours sont indemnisées entre 35 % et 75 % de l’indemnité horaire de base du grade, le pourcentage exact étant décidé localement ; seules les gardes tenues dans un centre opérationnel (CTA-CODIS, COZ, COGIC) sont indemnisées au taux plein.

GradeTaux horaire au 1er nov. 202624 h de garde à 35 %24 h de garde à 75 %24 h au taux plein
Sapeur8,77 €73,67 €157,86 €210,48 €
Caporal9,42 €79,13 €169,56 €226,08 €
Sous-officier10,63 €89,29 €191,34 €255,12 €
Officier13,21 €110,96 €237,78 €317,04 €

Dans un centre qui a retenu 50 %, la garde de 24 heures d’un sapeur représente 105,24 €, soit environ 4,39 € de l’heure : c’est cet écart avec le taux affiché qui surprend le plus souvent les nouveaux volontaires. L’évolution des taux sur dix ans est retracée dans notre article sur les indemnités des sapeurs-pompiers volontaires.

Ce qui est indemnisé, et à quel taux

Une garde de 24 heures peut mêler plusieurs régimes d’indemnisation. Le décret les distingue nettement :

  • La garde postée en centre : présence physique à la caserne, indemnisée entre 35 % et 75 % du taux de base (article 6), au pourcentage fixé par le SDIS, sur le nombre d’heures passées en service.
  • L’astreinte : le volontaire reste chez lui ou à proximité, prêt à rejoindre le centre. Elle est indemnisée dans la limite de 9 % du taux de base (article 7), soit 18,94 € au plus pour 24 heures d’un sapeur et 28,53 € pour un officier. Voir notre article sur l’astreinte du sapeur-pompier volontaire.
  • Les interventions : le temps compte de l’alerte jusqu’au retour au centre, matériel remis en état. Il est indemnisé au taux de base du grade, majoré de 50 % les dimanches et jours fériés et de 100 % entre 22 heures et 7 heures, ces deux majorations ne se cumulant pas (article 3).
  • La formation : les heures de stage sont indemnisées au taux de base, dans la limite de 8 heures par jour (article 5).

La façon dont une intervention survenue pendant une garde postée se combine avec l’indemnité de garde relève du règlement de chaque SDIS : c’est ce document, avec le pourcentage de garde, qu’il faut consulter pour connaître ce que vous percevrez. À titre d’ordre de grandeur, lorsque le temps d’intervention est indemnisé au taux opérationnel, deux heures de sortie entre 22 heures et 7 heures représentent pour un sapeur 35,08 € (taux doublé).

Ces indemnités ne sont pas un salaire. L’article 11 de la loi du 3 mai 1996 prévoit qu’elles ne sont assujetties à aucun impôt ni aux prélèvements sociaux, et qu’elles se cumulent avec tout revenu ou prestation sociale. Elles ne cotisent donc pas pour la retraite, mais l’ancienneté d’engagement ouvre d’autres droits : trimestres de retraite supplémentaires depuis 2026 et, après 15 ans de service, la PFR des pompiers volontaires.

Et pour un sapeur-pompier professionnel ? La garde fait partie de son temps de travail, rémunéré par son traitement : elle n’est pas payée à l’heure. Le décret n° 2001-1382 du 31 décembre 2001 impose qu’une garde de 24 heures soit suivie d’une interruption de service d’une durée au moins égale.

Le déroulé d’une garde de 24 heures

Au-delà des chiffres, une garde suit une organisation assez stable, même si les horaires et les usages varient selon les SDIS.

La prise de garde

La garde commence le plus souvent en début de matinée, à 7 h ou 8 h selon le centre. Le chef de garde réunit l’équipe : répartition des postes sur les engins, consignes du jour, matériel indisponible. Chacun contrôle ses équipements de protection individuelle, puis les équipes vérifient les véhicules, du fourgon pompe-tonne (FPT) au véhicule de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) : niveaux, matériel médical, oxygène, défibrillateur. Un engin indisponible est signalé immédiatement, car il modifie la capacité de réponse du centre.

La matinée : manœuvres, entretien et sport

Quand les interventions laissent du temps, la matinée sert aux manœuvres : établissements de tuyaux, secours routier, prise en charge de victimes. Ces exercices entretiennent des gestes qui doivent rester automatiques sous stress, dans le cadre de la formation de maintien et de perfectionnement des acquis (FMPA), dont le volume est fixé par chaque SDIS. Le sport fait aussi partie du programme : la condition physique conditionne la sécurité en intervention.

Les interventions : un rythme qui dépend du secteur

Le nombre de départs varie énormément d’un centre à l’autre. Un centre rural peut connaître des gardes calmes, quand un centre urbain enchaîne les sorties de VSAV du matin au soir. À l’échelle nationale, les services d’incendie et de secours ont réalisé 4 754 811 interventions en 2024, soit environ 13 000 par jour, et 87 % d’entre elles relevaient du secours d’urgence aux personnes, selon les statistiques publiées par la DGSCGC (édition 2025). Chaque sortie de VSAV se termine par la désinfection et le reconditionnement du matériel avant que l’engin redevienne disponible.

La nuit : repos fractionné

Le soir, les personnels de garde qui ne sont pas en intervention se reposent au centre. L’alerte, transmise par le CTA-CODIS, les déclenche par la sonorisation, les bips ou une application. Les nuits actives laissent peu de sommeil : c’est une source majeure de fatigue, et une raison de surveiller le temps de travail des volontaires qui cumulent garde et emploi.

La relève

Le lendemain matin, le chef de garde sortant transmet à l’équipe montante les faits marquants et l’état des engins et du matériel. La garde est ensuite clôturée, et la feuille de garde fait foi des présences et des horaires réellement tenus : c’est la base du décompte des indemnités.

FAQ

Combien gagne un pompier volontaire pour une garde de 24 h ?

À partir du 1er novembre 2026, un sapeur perçoit entre 73,67 € et 157,86 € pour 24 heures de garde postée, selon le pourcentage retenu par son SDIS (35 % à 75 % du taux horaire de 8,77 €). Pour un officier, la fourchette va de 110,96 € à 237,78 €.

Les indemnités de garde sont-elles imposables ?

Non. Selon l’article 11 de la loi du 3 mai 1996, les indemnités des sapeurs-pompiers volontaires ne sont assujetties à aucun impôt ni aux prélèvements sociaux. Elles se cumulent avec un salaire, une pension ou une allocation.

Combien rapporte une astreinte de 24 heures ?

Au maximum 9 % du taux horaire de base : 18,94 € pour un sapeur et 28,53 € pour un officier sur 24 heures, à partir du 1er novembre 2026. Le taux exact dépend de la délibération du SDIS. Les heures d’intervention déclenchées pendant l’astreinte sont, elles, indemnisées au taux opérationnel.

Tenir les gardes sans les reconstituer

Pour un chef de centre, la difficulté n’est pas de connaître les taux, mais de savoir qui a tenu quoi : garde postée ou astreinte, heures réelles, remplacements de dernière minute.

eBrigade gère les tableaux de garde, les disponibilités déclarées par chaque volontaire et les astreintes, ainsi que la feuille de garde, que le chef de garde valide et peut exporter en PDF. Les compétences requises peuvent être définies pour chaque type de garde, et leurs dates d’expiration sont suivies sur la fiche de chacun. Le service dispose ainsi d’une base fiable pour appliquer ses propres taux.


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