Par Manon · Rédactrice eBrigade · Publié le 20 août 2026
Comment remplir une fiche bilan victime : guide pratique
Sur un dispositif prévisionnel de secours (DPS), une fiche incomplète peut ralentir la régulation médicale, fragiliser la continuité des soins et compliquer le compte rendu de l’association. Savoir comment remplir une fiche bilan permet au chef d’équipe de transmettre une situation clinique lisible, chronologique et immédiatement exploitable.
Remplir une fiche bilan victime consiste à consigner l’identité utile, les circonstances, l’examen, les paramètres mesurés, les gestes réalisés, l’évolution et les consignes reçues, avec leur heure. La fiche doit refléter fidèlement la prise en charge, sans diagnostic supposé, puis être transmise et conservée selon les procédures de l’autorité d’emploi.
Ce guide s’adresse aux directeurs d’associations agréées de sécurité civile, chefs de dispositif et équipiers PSE. Il propose une méthode en cinq étapes et une checklist de contrôle.
À retenir
- Écrivez les faits observés et les propos utiles de la victime, jamais un diagnostic improvisé.
- Horodatez les paramètres, les gestes, les appels et les consignes.
- Réévaluez la victime après chaque geste et dès que son état évolue.
- Faites relire la fiche avant la transmission ou la clôture de l’intervention.
- Limitez l’accès aux données de santé et appliquez une durée de conservation définie.
Quelles informations une fiche bilan victime doit-elle contenir ?
Une fiche bilan victime doit permettre à un autre intervenant de comprendre qui est pris en charge, pourquoi, dans quel état, avec quelle évolution et quelle orientation. Le modèle varie selon l’autorité d’emploi, mais le socle reste stable.
| Bloc | Informations à renseigner | Contrôle du chef d’équipe |
|---|---|---|
| Identification | identité disponible, âge ou date de naissance, sexe si utile, coordonnées selon la procédure | éviter les homonymies et les champs superflus |
| Circonstances | lieu précis, heure, mécanisme, plainte principale, témoins utiles | distinguer faits, déclarations et hypothèses |
| Bilan | conscience, ventilation, circulation, plaintes, lésions, antécédents et traitements pertinents | noter les valeurs avec l’heure et l’unité |
| Actions | gestes, matériel, oxygène selon protocole, position, surveillance | associer chaque action à une heure et à un effet observé |
| Transmission | destinataire, heure d’appel, synthèse, consignes, destination et moyen d’évacuation | reformuler la consigne et tracer son auteur |
Les références techniques nationales de secourisme de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises constituent la base à suivre, complétée par les procédures internes de votre association. La fiche bilan n’est ni un brouillon ni un dossier destiné à accumuler toutes les informations possibles : chaque donnée doit servir la prise en charge, la transmission ou la traçabilité autorisée.
Comment remplir une fiche bilan en 5 étapes ?
La méthode la plus fiable consiste à renseigner la fiche dans l’ordre réel de la prise en charge, puis à la mettre à jour pendant la surveillance. Les cinq étapes suivantes réduisent les oublis sans détourner l’équipier de la victime.
1. Identifier l’intervention et sécuriser le contexte
Commencez par le numéro d’intervention, le DPS, le lieu exact et les horaires structurants : demande de secours, arrivée auprès de la victime et début de prise en charge. Ces repères relient la fiche à la main courante et évitent de confondre deux victimes.
Décrivez ensuite le mécanisme ou le contexte en une phrase factuelle : « chute de sa hauteur observée par un témoin » est plus utile que « traumatisme grave ». Notez les dangers persistants, le nombre de victimes et les renforts demandés. Pour structurer l’ensemble du poste, reliez cette pratique au pilier consacré au bilan dématérialisé en association de secours.
2. Recueillir la plainte et l’histoire utile
Reprenez les mots de la victime entre guillemets lorsqu’ils éclairent la plainte principale. Précisez le début, la durée, le facteur déclenchant, la localisation, l’intensité selon l’échelle prévue et les signes associés.
Recherchez seulement les antécédents, allergies, traitements et événements utiles. Si l’information est inconnue, écrivez « inconnu » ou « non recueilli » au lieu de laisser un blanc ambigu.
3. Noter le bilan et les paramètres avec leur heure
Inscrivez d’abord les détresses recherchées et les observations cliniques, puis les mesures obtenues avec le matériel autorisé. Une valeur isolée perd une grande partie de son intérêt si elle n’est pas associée à une heure, à une unité et, lorsque nécessaire, aux conditions de mesure.
Utilisez les termes enseignés dans les référentiels PSE et évitez toute conclusion médicale hors de votre champ de compétence. Par exemple, consignez « douleur thoracique apparue au repos, EVA 7/10 » plutôt que « infarctus ». Une fiche bilan victime sert à décrire et transmettre, pas à poser un diagnostic.
4. Tracer les gestes et surveiller l’évolution
Pour chaque geste, notez l’heure, l’action réalisée et la réponse observée. La surveillance doit produire une chronologie : paramètres initiaux, réévaluations, amélioration, stabilité ou aggravation.
Définissez qui observe, qui mesure et qui écrit afin d’éviter une retranscription tardive. Après tout geste prévu par le référentiel, contrôlez à nouveau les fonctions concernées.
5. Transmettre, reformuler et clôturer
Préparez une synthèse courte avant l’appel : identification utile, motif, circonstances, état initial, bilan actuel, gestes, évolution et demande. Notez l’heure, le service joint, l’identité fonctionnelle de l’interlocuteur si la procédure le prévoit, les consignes reçues et la destination retenue.
Reformulez les instructions importantes pour lever toute ambiguïté. Le guide sur la transmission du bilan victime aux secours détaille la préparation d’un message oral concis. Après le relais, consignez l’heure, le service receveur ou le refus de prise en charge, puis faites contrôler la complétude de la fiche par le responsable désigné.
Comment contrôler la fiche avant de la transmettre ?
Le contrôle final doit durer moins d’une minute et vérifier la cohérence plutôt que la seule présence d’écriture. Le chef d’équipe compare la fiche, la chronologie de l’intervention et les consignes réellement exécutées.
Utilisez cette checklist :
- Le numéro d’intervention, le lieu et les horaires sont présents.
- La victime est identifiée sans collecte excessive.
- Les circonstances distinguent observation, propos rapportés et information inconnue.
- Les paramètres comportent une valeur, une unité et une heure.
- Les gestes et leurs effets sont tracés chronologiquement.
- Toute évolution a déclenché une réévaluation documentée.
- L’appel, le destinataire, les consignes et la décision finale sont notés.
- Les incohérences et champs vides sont expliqués ou corrigés de façon traçable.
- La fiche est signée ou validée selon la procédure de l’association.
Papier ou logiciel de fiche bilan victime : que choisir ?
Un logiciel de fiche bilan victime apporte de la valeur s’il accélère la saisie, fonctionne dans les conditions du terrain et améliore les contrôles. Le numérique ne remplace ni l’examen de la victime ni la procédure dégradée sur papier.
Évaluez l’outil avec six critères concrets :
- Mode hors ligne pour poursuivre la saisie sans réseau, point détaillé dans le guide du logiciel de fiche bilan victime hors ligne.
- Horodatage automatique des mesures, gestes, appels et modifications.
- Champs conditionnels qui guident l’équipier sans multiplier les écrans inutiles.
- Contrôles de cohérence sur les unités, valeurs manquantes et chronologies impossibles.
- Gestion des accès par rôle, avec journalisation des consultations et corrections.
- Export et transmission sécurisés compatibles avec les procédures de l’autorité d’emploi.
Prévoyez une fiche papier de secours, un protocole de resynchronisation et une formation par scénario. Testez l’outil avec des gants et sans réseau.
Comment protéger et archiver les données de la victime ?
Les informations médicales d’une fiche bilan sont des données sensibles : leur accès doit être limité aux personnes habilitées et leur conservation ne peut pas être indéfinie. L’association doit documenter la finalité, les destinataires, la sécurité, la durée retenue et la procédure de suppression ou d’archivage.
La Commission nationale de l’informatique et des libertés rappelle que la durée doit être déterminée en fonction de l’objectif de la collecte et des obligations applicables. N’inventez donc pas une durée universelle : faites-la valider selon votre cadre juridique, vos conventions et les prescriptions de l’autorité d’emploi.
Sur le terrain, évitez les photos sur des téléphones personnels et les messageries non autorisées. Une solution numérique doit proposer des habilitations nominatives, une traçabilité des accès et une purge contrôlée.
FAQ sur la fiche bilan victime
Qui doit remplir la fiche bilan victime sur un DPS ?
L’équipier désigné renseigne généralement la fiche pendant que le chef d’équipe conduit la prise en charge, selon l’organisation prévue par l’autorité d’emploi. Le chef d’équipe reste attentif à la cohérence du bilan, à sa transmission et à sa validation selon la procédure interne.
Faut-il noter un diagnostic supposé ?
Non. Le secouriste décrit les circonstances, signes, plaintes, paramètres, gestes et évolutions avec le vocabulaire du référentiel. La qualification médicale relève du professionnel compétent ; une supposition peut orienter à tort le lecteur et masquer un signe important.
Que faire lorsqu’une information est inconnue ?
Indiquez explicitement « inconnu », « non recueilli » ou la mention prévue par votre modèle. Un champ vide ne permet pas de savoir si l’information a été recherchée, oubliée ou perdue.
Peut-on corriger une fiche bilan après la transmission ?
Une erreur factuelle peut être rectifiée selon une procédure qui conserve la lisibilité, l’auteur, la date et la nature de la correction. Il ne faut jamais antidater, effacer discrètement une donnée initiale ni modifier le sens d’une consigne reçue.
Comment former les bénévoles à une fiche bilan commune ?
Utilisez trois scénarios courts : malaise stable, traumatisme évolutif et victime nécessitant une régulation. Faites remplir, transmettre puis relire chaque fiche avec une grille identique. Pour cadrer l’équipe et les moyens, complétez cette formation par le guide sur l’organisation d’un dispositif prévisionnel de secours.
Faire de la fiche bilan un réflexe opérationnel
Une fiche fiable repose sur une méthode partagée : identifier, recueillir, examiner, surveiller puis transmettre. Ajoutez un contrôle de soixante secondes, des exercices réguliers et une procédure claire de protection des données pour obtenir une documentation utile au SAMU, aux secours publics et à votre association.
Pour appliquer cette méthode au quotidien, eBrigade permet de centraliser les effectifs, les dispositifs, les habilitations et les informations opérationnelles dans un même environnement. Une association peut ainsi relier la préparation du DPS, la disponibilité des secouristes et la traçabilité de l’activité, tout en conservant ses procédures métier pour la fiche bilan victime.
Gérez vos équipes terrain avec eBrigade
Planning, formations, habilitations, pointage — tout en un.
Demander une démo gratuite