Par Manon · Rédactrice eBrigade · Publié le 17 septembre 2026
BAES ERP obligations : contrôles et registre de sécurité 2026
BAES ERP obligations 2026 : ce guide récapitule tout ce qu’un exploitant, un responsable sécurité ou un chef d’équipe SSIAP doit savoir pour rester conforme. Une coupure secteur en pleine soirée, une salle plongée dans le noir, un public de 800 personnes à évacuer : sans un éclairage de sécurité opérationnel, la scène tourne au drame. Dans tout Établissement Recevant du Public (ERP), les Blocs Autonomes d’Éclairage de Sécurité (BAES) sont la première ligne de défense pour guider l’évacuation et éclairer les cheminements. Ce dossier détaille les fréquences de contrôle, les mentions à consigner au registre de sécurité et les bonnes pratiques pour un suivi sans faille.
Le BAES (Bloc Autonome d’Éclairage de Sécurité) est un luminaire à batterie intégrée qui prend automatiquement le relais de l’éclairage normal en cas de coupure de courant. Obligatoire dans les ERP et les locaux de travail, il assure deux fonctions distinctes : l’éclairage d’évacuation (balisage des issues) et l’éclairage d’ambiance ou d’anti-panique (locaux recevant plus de 100 personnes en étage ou 50 en sous-sol).
Qu’est-ce qu’un BAES et pourquoi est-il obligatoire dans un ERP ?
Le BAES éclaire les circulations, les portes de sortie et les changements de direction dès qu’une coupure d’alimentation survient, pendant au moins 1 heure d’autonomie réglementaire. Cette exigence découle du règlement de sécurité contre l’incendie des ERP (arrêté du 25 juin 1980, articles EC 7 à EC 15) et, pour les lieux de travail, des articles R4227-14 et suivants du Code du travail.
Deux familles de BAES coexistent dans les ERP :
- BAES d’évacuation : flux lumineux ≥ 45 lumens, autonomie ≥ 1 heure. Ils balisent les cheminements et signalent les issues de secours.
- BAES d’ambiance / anti-panique : flux lumineux ≥ 5 lumens/m², utilisés dans les locaux à sommeil (hôtels, hébergements) et les grands volumes.
Depuis 2007, ces blocs doivent être conformes à la norme NF EN 60598-2-22 et intégrer un Système Automatique de Test Intégré (SATI) pour les installations neuves. Le SATI déclenche seul les tests de commutation (hebdomadaires) et d’autonomie (semestriels), et signale les défauts par un voyant.
Quelles obligations réglementaires en 2026 pour l’éclairage de sécurité ?
En 2026, tout ERP doit être équipé d’un éclairage de sécurité conforme à la norme NF C 71-800 (pour les BAES) et NF C 71-801 (pour les BAEH — blocs d’habitation). Les obligations dépendent du type et de la catégorie de l’établissement, mais quatre exigences transversales s’appliquent partout :
- Signalisation lumineuse des issues : chaque sortie de secours et chaque changement de direction doit être balisé par un BAES visible depuis 15 mètres au minimum.
- Autonomie minimale d’1 heure en cas de défaillance de l’éclairage normal.
- Éclairage d’ambiance dans les locaux accueillant plus de 100 personnes en étage/rez-de-chaussée ou plus de 50 en sous-sol.
- Alimentation par source de sécurité : batterie interne (BAES) ou source centralisée (LSC) pour les grands ERP.
Les ERP de 1re à 4e catégorie sont soumis à des passages périodiques de la commission de sécurité incendie, qui vérifie systématiquement l’état des BAES et la tenue du registre de sécurité. En 5e catégorie, la commission passe sur demande du maire ou en cas de plainte : la responsabilité de l’exploitant reste entière.
Le manquement expose à des sanctions lourdes : fermeture administrative de l’établissement, mise en demeure préfectorale, engagement de la responsabilité pénale du chef d’établissement en cas de sinistre (article 121-3 du Code pénal, faute caractérisée).
Comment organiser la maintenance et les contrôles périodiques des BAES ?
La maintenance des BAES repose sur trois échelons de contrôle imposés par la norme NF C 71-830 : hebdomadaire, mensuel et semestriel. Voici le calendrier à respecter et à faire tenir par vos équipes SSIAP ou votre prestataire habilité.
| Fréquence | Contrôle à réaliser | Preuve à conserver |
|---|---|---|
| Hebdomadaire (auto SATI) | Test de commutation : le bloc bascule sur batterie | Voyant vert / journal SATI |
| Mensuel | Vérification visuelle : voyants, encrassement, présence des étiquettes | Fiche de contrôle datée et signée |
| Semestriel | Test d’autonomie complet : coupure d’1 h, vérification du flux | PV d’essai + inscription au registre |
| Annuel | Vérification par une personne compétente (Q18 recommandée) | Rapport de vérification, levée des observations |
| Selon usure | Remplacement des batteries (durée de vie 4 à 6 ans) | Bon de livraison + certificat de conformité |
Le contrôle Q18 — vérification technique par un organisme agréé — n’est pas systématiquement obligatoire en 5e catégorie, mais il est fortement recommandé et systématiquement exigé au-delà de 700 personnes accueillies.
Trois points de vigilance concentrent 80 % des non-conformités relevées par les commissions :
- Blocs éteints ou masqués par du mobilier, une décoration ou une signalétique publicitaire.
- Batteries en fin de vie : le voyant clignote rouge et le SATI signale un défaut, mais personne ne consigne l’anomalie.
- Étiquettes réglementaires absentes ou illisibles (référence, date de mise en service, autonomie).
Comment tracer les vérifications dans le registre de sécurité ?
Le registre de sécurité, imposé par l’article R123-51 du Code de la construction et de l’habitation, doit consigner toutes les opérations relatives à l’éclairage de sécurité, avec date, opérateur, anomalies constatées et suites données. C’est le document que la commission de sécurité contrôle en priorité lors de son passage.
Les mentions BAES à inscrire :
- Date et nature du contrôle (mensuel, semestriel, Q18).
- Identité et qualification de l’opérateur (agent SSIAP, technicien habilité, entreprise agréée).
- Résultat : conforme, anomalie détectée, action corrective.
- Numéro d’identification du bloc concerné (plan d’implantation à jour).
- Signature de l’exploitant ou du responsable sécurité.
De plus en plus d’exploitants remplacent le registre papier par une main courante numérique synchronisée avec les plannings SSIAP. L’intérêt : les contrôles sont horodatés, les anomalies déclenchent automatiquement un ticket de maintenance, et l’export PDF est prêt à présenter à la commission. Cette digitalisation s’inscrit dans la même logique que la tenue moderne du registre de sécurité ERP et facilite la préparation des contrôles réalisés par la commission de sécurité.
Reliée à un logiciel de gestion des équipes, elle permet aussi d’orchestrer la planification des rondes SSIAP en nuit et week-end et de bloquer une prise de poste tant que le contrôle mensuel n’a pas été validé.
À retenir
- Le BAES est obligatoire dans tout ERP : évacuation (45 lm min., 1 h d’autonomie) et ambiance selon la capacité d’accueil.
- Trois fréquences de contrôle : hebdomadaire (SATI), mensuel visuel, semestriel (test d’autonomie).
- Le registre de sécurité doit tracer chaque intervention, avec date, opérateur, résultat et suites.
- La commission de sécurité peut fermer un ERP en cas de non-conformité BAES persistante.
- Les batteries se remplacent tous les 4 à 6 ans : anticipez le budget et le planning.
FAQ
Quelle est la durée d’autonomie minimale d’un BAES en ERP ?
L’autonomie minimale d’un BAES en ERP est de 1 heure, imposée par la norme NF C 71-800 et l’arrêté du 25 juin 1980. Cette autonomie doit être vérifiée par un test complet tous les six mois, avec traçabilité au registre de sécurité.
Le contrôle Q18 est-il obligatoire pour tous les ERP ?
Le Q18 (vérification technique par organisme agréé) est obligatoire pour les ERP de 1re à 4e catégorie et fortement recommandé au-delà de 700 personnes accueillies. En 5e catégorie, il n’est pas imposé mais reste la meilleure preuve de diligence en cas de sinistre.
Qui peut réaliser la maintenance des BAES ?
Les contrôles mensuels et semestriels peuvent être réalisés par un agent SSIAP 1/2 formé ou une personne compétente désignée par l’exploitant. Le Q18 annuel doit être confié à un organisme agréé par le ministère de l’Intérieur (APAVE, Bureau Veritas, Socotec…).
Quelles sanctions en cas de BAES non conforme ?
Un BAES non conforme peut entraîner une mise en demeure préfectorale, la fermeture administrative de l’ERP et, en cas d’accident, une mise en cause pénale du chef d’établissement pour faute caractérisée (article 121-3 du Code pénal). Les assurances peuvent également refuser leur garantie.
À quelle fréquence remplacer les batteries d’un BAES ?
Les batteries d’un BAES ont une durée de vie de 4 à 6 ans en moyenne. Le SATI signale le défaut par un voyant rouge clignotant, mais un plan de renouvellement anticipé (tous les 5 ans) évite les non-conformités lors des passages de la commission de sécurité.
Faut-il un plan d’implantation des BAES à jour ?
Oui, la commission de sécurité exige un plan d’implantation à jour listant chaque bloc, sa référence, sa date de mise en service et son emplacement. Ce plan doit être annexé au registre de sécurité et actualisé à chaque ajout, déplacement ou dépose.
Piloter les BAES et les contrôles ERP avec eBrigade
Assurer la conformité BAES d’un ERP suppose de coordonner plusieurs métiers : agents SSIAP pour les contrôles, prestataires pour le Q18 annuel, direction pour la lecture du registre lors de la commission. eBrigade centralise ces flux dans un logiciel unique : planning des rondes de vérification, main courante numérique synchronisée avec le registre de sécurité, alertes automatiques à l’approche des échéances, suivi des habilitations SSIAP et export prêt pour la commission. La plateforme s’intègre également à la préparation du passage de la commission de sécurité et au suivi des vérifications périodiques d’extincteurs, pour une conformité pilotée d’un seul écran.
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