Par la rédaction eBrigade · Publié le · Mis à jour le
PFR pompier : de 512 à 3 075 € par an, conditions 2026
La « PFR pompier » est aujourd’hui la nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR) : une rente annuelle versée à l’ancien sapeur-pompier volontaire à partir de 55 ans, s’il a accompli au moins 15 ans de service et cessé définitivement son engagement. Son montant dépend de l’ancienneté : de 512,50 € par an entre 15 et 19 ans de service à 3 074,85 € à partir de 35 ans, selon l’arrêté du 21 septembre 2022, dont les montants s’appliquent depuis le 1er janvier 2023 et n’ont pas été modifiés depuis. Elle n’est soumise ni à l’impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux.
La demande se fait auprès du SDIS, après la fin de l’engagement. Le reste de cet article détaille les conditions, le barème, l’articulation avec l’ancienne PFR et les points qui font perdre ou retarder des droits.
PFR et NPFR : de quoi parle-t-on ?
Le sigle PFR recouvre deux régimes successifs, ce qui explique bien des confusions.
La PFR « historique » (2005-2015). Créée par l’article 83 de la loi du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile, elle a pris effet le 1er janvier 2005 en remplacement de l’allocation de vétérance. C’était un régime par capitalisation, financé par les cotisations des volontaires, les contributions des SDIS et une contribution de l’État.
La NPFR (depuis 2016). La loi du 27 décembre 2016 a remplacé ce régime pour les volontaires qui cessent leur engagement à compter du 1er janvier 2016. La NPFR est financée chaque année par une contribution obligatoire des SDIS et une participation de l’État ; le volontaire, lui, ne cotise plus. Les cotisations versées avant le 1er janvier 2016 sont remboursées aux volontaires affiliés, et les rentes de l’ancien régime restent garanties par les provisions constituées avant cette date (articles 15-1 et 15-3 de la loi du 3 mai 1996).
Pour un volontaire qui quitte le service aujourd’hui, la question est donc simple : c’est la NPFR qui s’applique, calculée sur l’ensemble de ses années de service, y compris celles accomplies avant 2016. Il n’y a pas « deux calculs » à additionner.
Les conditions d’attribution en 2026
Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 25 novembre 2021 dite loi Matras, le 27 novembre 2021, la NPFR est ouverte à l’ancien volontaire qui remplit trois conditions, détaillées sur service-public.fr :
- Avoir au moins 55 ans. On peut cesser son engagement plus tôt : la prestation commence alors à être versée à 55 ans.
- Avoir accompli au moins 15 ans de service, en une ou plusieurs fractions. Ce seuil est ramené à 10 ans si une incapacité opérationnelle a été médicalement reconnue.
- Avoir cessé définitivement son activité de sapeur-pompier volontaire.
Pour les volontaires qui ont cessé leur engagement entre le 1er janvier 2016 et le 26 novembre 2021, le seuil reste celui d’avant la réforme : 20 ans de service, ou 15 ans en cas d’incapacité opérationnelle. Et lorsque l’engagement prend fin à la suite d’un accident survenu ou d’une maladie contractée en service, la condition de durée ne s’applique pas.
Une limite à connaître : une résiliation de l’engagement prononcée après passage en conseil de discipline entraîne la perte des droits à la NPFR.
Le barème de la NPFR
| Années de service | Montant annuel |
|---|---|
| 15 à 19 ans | 512,50 € |
| 20 à 24 ans | 1 024,95 € |
| 25 à 29 ans | 2 049,90 € |
| 30 à 34 ans | 2 690,50 € |
| 35 ans et plus | 3 074,85 € |
Source : arrêté du 21 septembre 2022 fixant le montant de la NPFR, montants applicables depuis le 1er janvier 2023.
Le barème fonctionne par paliers de cinq ans : on ne gagne rien entre deux seuils, puis le montant fait un saut. Le relèvement de 2023 a été massif : le montant prévu pour 20 ans de service est passé de 512,48 € en 2022 à 1 024,95 €, soit un doublement.
Deux exemples :
- Une volontaire engagée en 2000, qui a cessé en 2020 après 20 ans de service, relève du seuil de 20 ans applicable aux cessations antérieures à la loi Matras. Elle perçoit aujourd’hui 1 024,95 € par an, à partir de ses 55 ans.
- Un volontaire engagé en 2008, qui arrête en 2026 à 50 ans après 18 ans de service, percevra 512,50 € par an à partir de ses 55 ans. Deux années de plus lui auraient ouvert le palier de 20 ans.
Versement, fiscalité et cumul
La NPFR est versée une fois par an. Selon l’article 15-13 de la loi du 3 mai 1996, elle n’est assujettie à aucun impôt ni aux prélèvements sociaux, elle est incessible et insaisissable, et elle se cumule avec tout revenu ou prestation sociale : salaire, pension de retraite, allocation.
En cas de décès, la prestation continue d’être versée au conjoint, à défaut au partenaire de Pacs, à défaut aux enfants mineurs, selon service-public.fr.
La gestion est assurée au niveau national : une association nationale surveille le régime et en confie la gestion administrative et financière à un organisme national. Les arrêtés fixant la participation de l’État désignent la société Impala Gestion comme destinataire des fonds. Cette participation a été fixée à 25,05 millions d’euros pour 2026 par un arrêté du 18 juin 2026, contre 17,9 millions pour 2024.
Comment demander sa PFR
La démarche part du SDIS. Service-public.fr indique de contacter son SDIS après la fin de l’engagement, à la fois pour connaître le calcul et pour demander la prestation.
Avant la demande, trois vérifications évitent la plupart des retards :
- Obtenir son état des services auprès du SDIS et contrôler les dates d’engagement, de renouvellement et de fin.
- Signaler les périodes manquantes : un engagement dans un autre département, une interruption, un changement de centre mal enregistré. Lorsque les services ont été accomplis dans plusieurs corps, le versement est réparti entre eux.
- Conserver ses justificatifs (arrêtés d’engagement, courriers de fin d’engagement) : ce sont eux qui permettent de reconstituer une période contestée.
La bonification de retraite, un droit distinct
Depuis le décret n° 2026-18 du 20 janvier 2026, les volontaires obtiennent des trimestres supplémentaires de retraite pour les pensions qui commencent à partir du 1er juillet 2026 : 1 trimestre à partir de 10 ans d’engagement, 2 à partir de 20 ans, 3 à partir de 25 ans, selon service-public.fr.
Cette bonification est distincte de la NPFR et se cumule avec elle, comme le rappelle la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. Elle améliore la durée d’assurance mais n’avance pas l’âge légal de départ. Le justificatif est un état des services établi par le dernier SDIS d’engagement.
Un levier de fidélisation, discuté
La NPFR a été pensée comme une reconnaissance de la durée : elle ne récompense pas le nombre d’interventions, mais la constance de l’engagement. Son coût croissant fait toutefois débat, et la FNSPF a publiquement fait savoir qu’elle s’oppose à toute remise en cause du dispositif. Pour les volontaires en activité, c’est un argument de plus pour tenir leur dossier à jour dès maintenant.
La fidélisation ne se joue pas seulement sur des montants. Dans beaucoup de centres, c’est l’amicale des sapeurs-pompiers, une association loi 1901 distincte du SDIS, qui fait vivre la caserne au quotidien : activités sportives, sorties, événements culturels et de loisirs qui soudent les équipes au-delà des gardes. Elle ne gère pas la PFR, mais elle a les besoins de toute association et peut s’appuyer sur un logiciel pour association sportive pour ses entraînements et compétitions ou sur un logiciel d’association culturelle et de loisirs pour ses sorties et ses fêtes.
Côté argent, la NPFR vient s’ajouter aux indemnités perçues pendant l’engagement, détaillées dans notre article sur les indemnités des sapeurs-pompiers volontaires et, pour le cas concret d’une garde, dans celui sur le salaire d’un pompier volontaire pour une garde de 24 h.
FAQ
La PFR des pompiers est-elle imposable ?
Non. La NPFR n’est assujettie à aucun impôt ni soumise aux prélèvements sociaux, en vertu de l’article 15-13 de la loi du 3 mai 1996. Elle se cumule en outre avec tout revenu ou prestation sociale.
Combien touche un pompier volontaire après 20 ans de service ?
1 024,95 € par an, versés une fois par an à partir de 55 ans, tant que l’ancienneté reste entre 20 et 24 ans. Le montant passe à 2 049,90 € à partir de 25 ans de service.
Que se passe-t-il si j’arrête avant 15 ans de service ?
La NPFR n’est pas due, sauf incapacité opérationnelle médicalement reconnue (le seuil est alors de 10 ans) ou fin d’engagement due à un accident ou une maladie de service, pour laquelle aucune durée n’est exigée. La bonification de retraite, elle, est ouverte dès 10 ans d’engagement.
Peut-on toucher la PFR avant 55 ans ?
Non. On peut cesser son engagement avant 55 ans, mais la prestation n’est versée qu’à partir de cet âge, une fois l’engagement définitivement terminé.
Une sanction disciplinaire fait-elle perdre la PFR ?
Oui, dans un cas précis : la résiliation de l’engagement prononcée par un conseil de discipline entraîne la perte des droits à la NPFR, selon service-public.fr. Une fin d’engagement pour raison médicale, au contraire, peut abaisser le seuil de durée exigé.
Tenir les dates à jour pendant l’engagement
Le montant de la PFR dépend d’une seule donnée : la durée de service. Une date d’engagement erronée ou une période oubliée peut faire basculer un volontaire sous un palier, et la correction se fait souvent des années plus tard, quand les témoins ont changé de centre.
Dans eBrigade (ebrigade.app), la fiche de chaque personne porte sa date d’engagement et, le cas échéant, sa date de fin, et le journal des modifications peut garder la trace des changements apportés aux fiches. Ces informations ne remplacent pas l’état des services établi par le SDIS, mais elles aident le centre à repérer une incohérence avant qu’elle ne pèse sur un dossier.
Pour aller plus loin :
Gérez vos équipes terrain avec eBrigade
Planning, formations, habilitations, pointage — tout en un.
Demander une démo gratuite