Publié le 19 mai 2026

Premiers Secours en Santé Mentale : la nouvelle frontière du secourisme grand public

Longtemps cantonné aux gestes qui sauvent la vie corporelle, le secourisme français est en train de prendre un virage. Depuis le printemps 2026, la formation Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) franchit la barre des 250 000 secouristes formés sur le territoire, soit une progression de près de 40 % en un an selon les chiffres consolidés par l’association nationale PSSM France. Une dynamique qui place désormais la santé mentale au même rang d’urgence collective que l’arrêt cardiaque ou l’étouffement — et qui rebat les cartes pour les organismes de formation, les employeurs et les associations agréées de sécurité civile.

Un dispositif inspiré du modèle australien, adapté à la France

Né en Australie en 2000 sous le nom de Mental Health First Aid, le programme a été importé en France en 2018 par un consortium réunissant Santé mentale France, l’UNAFAM et l’Infipp. Le principe est calqué sur celui du PSC1 : une formation standardisée de deux jours (14 heures), dispensée par des formateurs accrédités, qui apprend à repérer les signes précoces de souffrance psychique, à amorcer un dialogue sans jugement et à orienter la personne vers des ressources adaptées.

L’acronyme AÉRER — Approcher, Écouter, Évaluer, Réconforter, Encourager les ressources — fait office de pendant pédagogique du célèbre « Protéger, Alerter, Secourir » du PSC1. Le parallèle est volontaire : il ancre la santé mentale dans une logique de chaîne de secours, où chaque citoyen formé devient un maillon de détection précoce avant l’arrivée des professionnels.

Une accélération portée par le plan gouvernemental 2025-2030

L’essor du PSSM en 2026 n’est pas accidentel. Il s’inscrit dans le Plan national de prévention du suicide et de promotion de la santé mentale 2025-2030, qui fixe un objectif chiffré : un million de Français formés au PSSM d’ici 2030, dont 100 % des entreprises de plus de 250 salariés disposant d’au moins un secouriste PSSM identifié.

Pour y parvenir, plusieurs leviers ont été activés cette année :

  • Prise en charge OPCO : depuis janvier 2026, les principaux opérateurs de compétences (Akto, Opco EP, Atlas) référencent le PSSM dans leurs catalogues de formations finançables, au même titre que le SST (Sauveteur Secouriste du Travail).
  • Reconnaissance dans le DUERP : la circulaire DGT du 12 février 2026 recommande explicitement l’intégration du risque psychosocial et des dispositifs PSSM dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels.
  • Conventions avec l’Éducation nationale : 18 académies expérimentent depuis la rentrée 2025 un module PSSM Ados destiné aux personnels enseignants et aux référents harcèlement.

Quelle articulation avec les acteurs traditionnels du secourisme ?

La montée en puissance du PSSM soulève une question structurelle pour les associations agréées de sécurité civile — Croix-Rouge française, Protection civile, Fédération nationale des sapeurs-pompiers, Ordre de Malte. Beaucoup ont engagé une réflexion sur l’intégration de modules de sensibilisation à la santé mentale dans leurs parcours de formateurs, sans pour autant absorber le PSSM dans le référentiel PSC1.

La DGSCGC a, pour l’heure, choisi de maintenir une séparation claire entre les deux dispositifs : le PSC1 reste centré sur l’urgence vitale somatique, tandis que le PSSM relève d’une démarche complémentaire pilotée par les autorités sanitaires. Cette dualité pose toutefois la question de la double qualification des secouristes opérationnels engagés sur le terrain — postes de secours, dispositifs prévisionnels, équipes de bénévoles événementiels — où les détresses psychiques (crises d’angoisse, idées suicidaires, états de stress aigu post-événementiel) constituent désormais une part significative des prises en charge.

Les enjeux pour les structures de bénévolat

Pour les associations de secouristes bénévoles, le PSSM représente à la fois une opportunité et un défi logistique. Opportunité, parce qu’il permet d’élargir le périmètre d’intervention et de fidéliser des bénévoles parfois en perte de sens face à des missions perçues comme répétitives. Défi, parce qu’il exige une gestion fine des compétences : qui est formé à quoi, à quelle date, avec quel renouvellement ?

Sans un outil de suivi rigoureux, le risque est double : envoyer sur un dispositif un secouriste qualifié PSC1 mais non formé aux situations de détresse psychique, ou à l’inverse, ne pas valoriser les compétences PSSM acquises par certains équipiers. La traçabilité des qualifications, des recyclages biennaux et des affectations devient un enjeu central, particulièrement pour les structures gérant plusieurs centaines de bénévoles répartis sur des zones géographiques étendues.

Conclusion : un secourisme en mutation

L’arrivée en force du PSSM dans le paysage français marque une évolution profonde de la notion même de premier secours. Ce n’est plus seulement le corps que l’on apprend à protéger, mais aussi la personne dans son intégralité. Pour les responsables d’équipes secouristes — qu’il s’agisse d’associations agréées, d’entreprises ou de collectivités —, cela signifie un suivi de compétences plus complexe, des plannings de formation plus denses et une coordination renforcée.


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