Par Joseph · Expert eBrigade Technologies · Publié le 8 septembre 2026

Guide inhalation fumées incendie : agir vite en 5 étapes

Une toux après un départ de feu peut sembler banale, alors qu’une atteinte respiratoire peut s’aggraver à distance. Ce guide inhalation fumées incendie aide les responsables d’associations agréées de sécurité civile à donner aux équipes d’un dispositif prévisionnel de secours (DPS) une conduite commune, du retrait de la zone dangereuse jusqu’à la transmission du bilan.

L’inhalation de fumées d’incendie désigne l’exposition des voies respiratoires à un mélange chaud de particules et de gaz toxiques, notamment le monoxyde de carbone. Toute victime exposée doit être soustraite au danger sans exposer le sauveteur, évaluée rapidement, signalée aux secours et surveillée, même si son état paraît d’abord rassurant.

Ce guide s’adresse à l’encadrement opérationnel. Il ne remplace ni une formation PSE à jour, ni les procédures de votre autorité d’emploi, ni les consignes du médecin régulateur.

À retenir

  • Ne faites jamais entrer un équipier non protégé dans un volume enfumé.
  • Appelez le 18 ou le 112 pour un incendie et transmettez explicitement la notion d’inhalation de fumées.
  • Une voix rauque, des suies dans la bouche, une gêne respiratoire ou un trouble de conscience imposent une prise en charge urgente.
  • Une saturation pulsée normale n’exclut pas une intoxication au monoxyde de carbone.
  • Notez les circonstances, les horaires, les signes et leur évolution dans la fiche bilan.

Comment agir après une inhalation de fumées d’incendie ?

Après une inhalation de fumées d’incendie, appliquez cinq étapes dans cet ordre : protéger, évaluer les fonctions vitales, alerter, réaliser les gestes relevant de vos compétences, puis surveiller et transmettre. La sécurité de l’équipe prime : un secouriste associatif sans appareil respiratoire isolant n’est pas équipé pour pénétrer dans une atmosphère enfumée.

1. Protéger sans créer une seconde victime

Faites déclencher l’alarme, éloignez le public et rejoignez une zone réellement sûre. Fermez les portes derrière l’évacuation si cette action reste possible sans exposition. N’utilisez pas l’ascenseur et ne retournez pas chercher un objet ou une victime non visible dans un local enfumé.

Organisez immédiatement trois fonctions :

  1. un équipier interdit l’accès à la zone dangereuse ;
  2. un équipier accueille et guide les sapeurs-pompiers ;
  3. l’équipe secouriste prend en charge les victimes déjà sorties.

Le chef de dispositif fait préciser le lieu d’exposition, le type de feu, la durée approximative, le caractère clos ou ventilé du local et l’existence éventuelle d’une explosion. Ces informations influencent l’évaluation médicale.

2. Évaluer conscience, respiration et lésions associées

Vérifiez immédiatement si la victime répond et respire normalement. Recherchez ensuite une gêne respiratoire, une toux, une voix modifiée, des crachats noirâtres, des suies autour du nez ou de la bouche, des brûlures du visage et tout traumatisme associé.

Posez des questions courtes : « Où étiez-vous ? », « Combien de temps ? », « Avez-vous perdu connaissance ? », « Avez-vous mal à la tête ou envie de vomir ? ». Une exposition en espace clos, une perte de connaissance même brève, une grossesse, un âge extrême ou une maladie respiratoire doivent être annoncés au régulateur.

3. Alerter précocement et transmettre les bons éléments

Composez le 18 ou le 112 pour un incendie ; le 15 peut être sollicité pour une urgence médicale selon l’organisation locale. N’attendez pas l’apparition d’une détresse : les consignes nationales sur les gestes qui sauvent placent l’alerte parmi les premières actions.

Votre message doit contenir :

  • l’adresse exacte, l’accès et le point d’accueil des secours ;
  • la nature du feu et la persistance éventuelle du danger ;
  • le nombre de personnes exposées et leur localisation ;
  • l’état de conscience et la respiration de chaque victime ;
  • les signes observés et les brûlures ou traumatismes associés ;
  • les gestes déjà réalisés et les moyens disponibles sur le DPS.

Ne raccrochez que sur instruction. Gardez la ligne disponible et rappelez sans délai si l’état évolue.

4. Réaliser uniquement les gestes autorisés

Installez la victime consciente dans la position où elle respire le mieux, desserrez les vêtements gênants, rassurez-la et empêchez tout effort. Une équipe PSE applique son référentiel, les procédures de son autorité d’emploi et les instructions de la régulation médicale. L’administration d’oxygène relève des équipiers formés, avec le matériel prévu et une surveillance continue.

Si la victime perd connaissance mais respire, libérez les voies aériennes et appliquez la conduite apprise en formation. Si elle ne respire pas normalement, commencez immédiatement la réanimation cardio-pulmonaire et utilisez le défibrillateur automatisé externe conformément à votre formation et aux instructions des secours.

5. Surveiller, tracer et préparer le relais

Réévaluez régulièrement la conscience, la respiration, les plaintes et l’apparition de nouveaux signes. Notez chaque horaire : découverte, sortie de la zone, premier bilan, appel, gestes, mesures, aggravation et arrivée des renforts.

La surveillance ne repose jamais sur un chiffre isolé. Les recommandations nationales de premiers secours PSE précisent que les fumées et le monoxyde de carbone peuvent fausser l’oxymètre et afficher des valeurs à tort rassurantes. Préparez une transmission structurée grâce au guide pour remplir une fiche bilan victime.

Quels signes de gravité rechercher en priorité ?

Les signes les plus préoccupants après inhalation de fumées sont une altération de la conscience, une respiration difficile, une voix rauque, des suies dans la bouche, des brûlures du visage et une aggravation progressive. Un seul de ces signes justifie une transmission urgente et une surveillance rapprochée.

ObservationCe qu’elle peut signalerAction immédiate
Confusion, somnolence, malaise ou perte de connaissanceIntoxication ou manque d’oxygèneAlerter, contrôler la respiration, surveiller sans interruption
Difficulté à parler, respiration bruyante ou rapideDétresse respiratoire présente ou débutanteInstaller au mieux, alerter et appliquer le protocole PSE
Voix rauque, toux, suies ou crachats noirsAtteinte des voies aériennesSignaler ces éléments mot pour mot au régulateur
Brûlures du visage, du cou ou de la boucheRisque d’atteinte respiratoire associéeRechercher les autres brûlures et demander un avis urgent
Céphalées, nausées, vertiges touchant plusieurs personnesExposition possible à un toxique, dont le COÉvacuer, interdire l’accès et prévenir les sapeurs-pompiers
SpO₂ apparemment normaleRésultat potentiellement trompeur en présence de CONe pas banaliser l’exposition ; privilégier clinique et régulation

Une difficulté respiratoire peut apparaître après un délai. Ne concluez donc jamais à l’absence de gravité parce que la victime parle, marche ou se sent mieux quelques minutes après sa sortie.

Comment organiser ce protocole dans un DPS associatif ?

Un protocole DPS efficace transforme la conduite à tenir en rôles, matériel contrôlé et traces vérifiables. Le directeur d’association doit préparer cette organisation avant l’ouverture au public et l’intégrer au briefing du chef de poste.

Utilisez cette checklist avant chaque mission exposée à un risque incendie :

  • accès pompiers identifié et maintenu libre ;
  • adresse, coordonnées GPS et point de rendez-vous disponibles hors ligne ;
  • téléphone opérationnel et numéros 18, 112 et 15 rappelés ;
  • moyens d’oxygénothérapie vérifiés par une personne habilitée ;
  • défibrillateur, aspirateur de mucosités et consommables contrôlés selon la dotation ;
  • équipiers affectés à l’alerte, au guidage, au bilan et à la traçabilité ;
  • procédure d’évacuation coordonnée avec l’organisateur et le service de sécurité ;
  • fiche bilan accessible, horodatage synchronisé et relève prévue ;
  • débriefing et signalement du matériel utilisé organisés après intervention.

Rattachez cette procédure au sujet pilier du guide du chef d’équipe PSE et contrôlez la dotation avec la méthode d’inventaire du matériel DPS. Le guide inhalation fumées incendie devient ainsi une fiche réflexe intégrée au dispositif, pas un document isolé oublié dans un classeur.

Quelles erreurs faut-il absolument éviter ?

Les erreurs les plus dangereuses consistent à entrer dans la fumée, retarder l’appel, se fier uniquement à la SpO₂ et laisser repartir une victime sans avis adapté. L’encadrement doit les nommer explicitement pendant les briefings et les exercices.

  • Improviser un sauvetage en zone enfumée : un masque chirurgical, FFP2 ou un linge humide ne remplace pas une protection respiratoire adaptée.
  • Minimiser une exposition brève : la durée seule ne permet pas d’écarter une intoxication ou une brûlure par inhalation.
  • Faire marcher la victime : l’effort peut majorer ses besoins en oxygène ; installez-la et rassurez-la.
  • Donner à boire, à manger ou un médicament : attendez les instructions du professionnel de santé.
  • Effacer la chronologie : l’heure d’exposition, la perte de connaissance et l’évolution des signes sont essentielles à la décision médicale.
  • Confondre surveillance et diagnostic : les secouristes recueillent, agissent dans leur cadre et transmettent ; ils ne concluent pas à l’absence d’intoxication.

FAQ sur l’inhalation de fumées d’incendie

Faut-il appeler si la victime ne tousse plus ?

Oui. La disparition de la toux ne suffit pas à écarter une atteinte toxique ou respiratoire. Décrivez l’exposition et l’état de la victime au service d’urgence, puis suivez ses consignes.

Une saturation normale exclut-elle l’intoxication au CO ?

Non. L’oxymètre de pouls standard peut afficher une valeur faussement rassurante lors d’une intoxication au monoxyde de carbone. La décision repose sur les circonstances, les signes, le bilan complet et l’avis médical.

Peut-on retourner dans le local avec un masque FFP2 ?

Non. Un FFP2 filtre des particules mais ne fournit pas d’air respirable et ne protège pas contre tous les gaz toxiques ni contre le manque d’oxygène. Attendez les sapeurs-pompiers équipés.

Quelle position donner à une victime consciente ?

Laissez la victime consciente dans la position où elle respire le mieux, souvent assise ou demi-assise, sans lui imposer d’effort. Une équipe formée adapte ensuite la conduite au bilan et aux instructions reçues.

Que doit contenir la fiche bilan ?

La fiche bilan doit préciser le lieu et la durée estimée d’exposition, l’espace clos ou ouvert, la perte de connaissance, les signes respiratoires et neurologiques, les brûlures, les constantes, les gestes, les horaires et l’évolution.

Faire vivre la procédure au quotidien

Un guide inhalation fumées incendie n’est utile que si les bonnes personnes disposent de la bonne version, du bon matériel et d’une trace exploitable au moment du DPS. Testez la fiche réflexe lors d’un exercice court, corrigez les écarts et archivez le retour d’expérience.

Pour passer de la consigne à l’exécution, eBrigade permet de centraliser les effectifs et leurs qualifications, préparer les missions, suivre le matériel de secours et conserver les documents opérationnels. Le responsable associatif peut ainsi vérifier avant chaque DPS que l’équipe compétente, la dotation et les procédures sont réellement disponibles.

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