Par Manon · Rédactrice eBrigade · Publié le 15 janvier 2025

Les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) sont des structures associatives loi 1901 qui coordonnent des professionnels de santé libéraux sur un bassin de vie. Créées par la loi Ma Santé 2022, elles regroupent en moyenne 150 à 400 professionnels — médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens, dentistes — autour d’actions communes : permanence de soins, dépistages, prévention, coordination de parcours complexes. Gérer une CPTS avec un simple tableur ou une messagerie généraliste devient rapidement ingérable au-delà de 50 membres actifs. Le choix du logiciel conditionne l’efficacité opérationnelle et la qualité du reporting exigé par l’ARS.

Ce que doit couvrir un logiciel de CPTS

Les besoins d’une CPTS sont hybrides : à mi-chemin entre la gestion associative classique et la coordination sanitaire. Cinq fonctions sont non négociables.

Annuaire des professionnels de santé. Chaque fiche membre doit enregistrer la spécialité, le mode d’exercice (libéral, salarié, mixte), l’adresse du cabinet, les créneaux de disponibilité déclarés pour les actions territoriales, et l’historique des formations DPC suivies dans le cadre de la CPTS. Un simple carnet d’adresses ne suffit pas : il faut pouvoir filtrer en quelques secondes « tous les IDE disponibles le mardi matin dans le secteur nord ».

Gestion des actions territoriales. Une CPTS conduit simultanément plusieurs projets : permanence de soins ambulatoires (PDSA), ateliers d’éducation thérapeutique, campagnes de dépistage du diabète ou des cancers, formations interprofessionnelles. Chaque action doit être tracée avec ses participants, ses dates, ses indicateurs de résultat (patients touchés, actes réalisés) et ses documents associés (convention, comptes-rendus).

Réunions et instances de gouvernance. Une CPTS comporte plusieurs instances : assemblée générale, conseil d’administration, bureau, collèges par profession, groupes de travail thématiques. Le logiciel doit gérer les convocations, les émargements, les comptes-rendus, et le suivi des décisions avec responsable et échéance.

Reporting ARS. Le financement des CPTS passe par un contrat pluriannuel avec l’ARS, conditionné à l’atteinte d’indicateurs d’activité. Le rapport annuel exige de justifier le nombre de professionnels mobilisés, les patients concernés, les actes et les formations. Un logiciel qui oblige à ressaisir manuellement ces données dans un tableau Excel représente une charge administrative considérable pour le coordinateur.

Communication interprofessionnelle. Newsletter mensuelle, alertes urgentes sur une modification de planning PDSA, rappels de formations : la CPTS doit maintenir le lien avec des professionnels libéraux très sollicités, souvent réticents aux outils supplémentaires. Un outil avec envoi d’e-mails ciblés par spécialité et secteur géographique est indispensable.

Panorama des solutions disponibles

Le marché n’offre pas de logiciel dédié à 100 % aux CPTS. Les structures naviguent entre quatre catégories de solutions.

Les logiciels de gestion associative polyvalents comme eBrigade ou AssoConnect couvrent la gestion des membres, les plannings, la communication et les cotisations. Ils sont configurables pour les spécificités d’une CPTS (champs personnalisés, types d’actions, rôles distincts par collège professionnel). Leur rapport fonctionnalités/coût est le meilleur pour une CPTS en phase de montée en charge, avec des tarifs compris entre 39 et 75 euros par mois pour une structure de taille moyenne.

Google Workspace ou Microsoft 365 sont souvent le premier réflexe, mais ils ne répondent qu’à une partie des besoins : agenda partagé, stockage documentaire, messagerie. Ils n’offrent aucun suivi des actions territoriales, aucune gestion des membres avec champs métier, aucun export de reporting structuré. Le coût par utilisateur (6 à 12 euros/mois/professionnel) devient prohibitif dès que la CPTS souhaite intégrer l’ensemble de ses 200 membres.

Les outils métier santé tels que Maiia Entreprises ou Doctolib Équipe ciblent la coordination d’agendas cliniques, pas la gestion associative. Ils peuvent compléter le logiciel principal pour la partie agenda partagé entre professionnels, mais ne remplacent pas un outil de gestion de CPTS.

Le développement sur mesure garantit un outil parfaitement adapté, mais son coût initial (15 000 à 50 000 euros) et sa maintenance sont rarement justifiables pour une structure dont le budget annuel tourne autour de 100 000 à 300 000 euros (financement ARS + cotisations membres).

Critères de sélection prioritaires

Avant de comparer les offres, la CPTS doit clarifier trois points structurants.

Volume et hétérogénéité des membres. Une CPTS de 80 professionnels sur un territoire rural n’a pas les mêmes contraintes qu’une CPTS de 450 membres en zone urbaine dense avec six collèges professionnels. Le logiciel doit passer à l’échelle sans que le coût d’abonnement explose.

Niveau de reporting exigé par l’ARS. Certaines ARS ont standardisé leurs tableaux de bord ; d’autres laissent une liberté de format. Vérifiez que le logiciel permet d’exporter les indicateurs dans le format attendu : nombre de réunions par type, taux de participation par profession, actions territoriales menées par axe stratégique.

Hébergement des données. Pour les données organisationnelles des professionnels (planning, présences, coordonnées), l’hébergement données de santé (HDS) n’est pas obligatoire. Mais si la CPTS envisage de stocker des données patient agrégées (files actives, parcours complexes), un hébergeur certifié HDS devient nécessaire. Vérifiez ce point contractuellement avant de signer.

Pièges à éviter lors du déploiement

Le déploiement d’un nouvel outil dans une CPTS se heurte à un obstacle récurrent : la dispersion des professionnels de santé libéraux, rarement disponibles pour des formations longues et peu enclins à changer leurs habitudes. Trois règles permettent de limiter les résistances.

Premièrement, impliquer les coordinateurs salariés de la CPTS dès la phase de paramétrage : ce sont eux qui utiliseront l’outil quotidiennement, pas les professionnels libéraux. Deuxièmement, limiter les droits d’accès des professionnels libéraux à l’essentiel (consultation de l’agenda des actions, inscription en ligne) pour ne pas les surcharger. Troisièmement, planifier une migration progressive : importez d’abord l’annuaire, puis les actions en cours, avant de basculer la communication.

eBrigade, une base adaptée aux CPTS

eBrigade est utilisé par plusieurs CPTS pour structurer leur coordination territoriale. Sa conception autour des équipes terrain (pompiers volontaires, associations de sécurité civile, structures d’astreinte) correspond naturellement aux contraintes d’une CPTS : membres dispersés, disponibilités variables, actions planifiées à l’avance avec besoin en compétences spécifiques. Les fonctions de gestion des missions, d’appel à participation, de traçabilité des présences et d’export de rapports répondent directement aux exigences du reporting ARS. Les coordinateurs de CPTS qui ont déployé eBrigade soulignent notamment la facilité de communication ciblée par spécialité ou secteur géographique, et la réduction significative du temps passé à préparer les bilans d’activité annuels.


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