Par Julie · Rédactrice eBrigade · Publié le 12 septembre 2026
Préparer une tournée de maraude à partir des rencontres passées
Dans une association qui fait des maraudes, l’itinéraire du soir tient souvent dans la tête de deux ou trois bénévoles expérimentés. Ils savent qui dort près de la gare, qui a changé de place le mois dernier, qui n’a pas été revu depuis trois semaines. Le jour où ces bénévoles ne sont pas là, l’équipe repart au hasard.
Préparer une tournée de maraude à partir des rencontres passées consiste à faire dire au registre ce que la mémoire des équipes retenait seule : où l’on a rencontré du monde récemment, qui l’on y retrouve, et dans quel ordre passer.
À retenir
- Les rencontres déjà saisies suffisent à proposer les points de passage de la sortie suivante.
- Seules les rencontres localisées comptent : une adresse ou un point sur la carte, sinon le passage reste invisible.
- La feuille de route sert sur le terrain : personnes à revoir, consommables à emporter, navigation étape par étape.
Ce que le registre sait déjà
Chaque rencontre saisie pendant une maraude porte quatre informations : la personne, la date, le lieu et ce qui a été fait — actions menées, consommables remis. Prises une par une, ces lignes servent au suivi individuel. Prises ensemble, sur deux mois, elles dessinent autre chose : une carte de la fréquentation du secteur.
C’est ce que fait le préparateur de tournée du module Maraudes d’eBrigade. Il reprend les rencontres géolocalisées des sorties précédentes de l’organisation, sur une période au choix (30 à 180 jours), et regroupe celles qui ont eu lieu au même endroit — à moins de cent cinquante mètres les unes des autres — en un point de passage.
Les points sont ensuite classés par fréquentation récente : un lieu où l’équipe a rencontré du monde trois fois la semaine dernière passe devant un lieu vu cinq fois il y a deux mois. Les douze premiers sont retenus d’office ; les autres restent proposés, à ajouter d’un clic.
Ce que chaque point de passage raconte
Un point de passage n’est pas qu’une épingle sur une carte. Pour chacun, la feuille de route indique :
- les personnes qu’on y retrouve, avec la date de leur dernier passage ;
- celles qu’on ne voit plus : une personne rencontrée au moins deux fois, mais pas depuis deux semaines, est signalée « à retrouver » — c’est souvent le signal le plus utile d’une maraude ;
- les actions habituellement menées sur place, avec leur nombre ;
- les consommables remis, en moyenne par sortie.
Cette dernière ligne se totalise en haut de la feuille : à emporter — 9 bouteilles d’eau, 6 cafés, 5 couvertures de survie. L’estimation vient des distributions réelles des sorties précédentes, pas d’une règle théorique.
L’ordre de passage, à pied ou en véhicule
Une fois les points choisis, reste la question de l’itinéraire. Le préparateur propose un ordre de passage depuis le point de départ — le lieu de l’activité ou le local de l’organisation — et le trace sur la carte, en suivant les rues, à pied ou en véhicule selon le mode de déplacement de l’équipe. Le calcul s’appuie sur les données cartographiques d’OpenStreetMap ; si le service d’itinéraire n’est pas joignable, un ordre calculé à vol d’oiseau prend le relais, de sorte que l’écran reste utilisable en toutes circonstances.
La feuille de route s’imprime pour partir avec, et chaque étape porte un lien de navigation qui ouvre l’application GPS du téléphone sur le point suivant.
Rien de tout cela n’est figé : retirer une étape, en ajouter une depuis la carte, changer la période ou le mode de déplacement recalcule immédiatement la tournée. Et rien n’est enregistré : la tournée est recomposée à chaque ouverture, à partir des rencontres du moment.
La condition : localiser les rencontres
Le préparateur ne compte que les rencontres qui portent leur propre position, saisie par l’adresse ou posée sur la carte au moment de la rencontre. Les autres — celles qui, faute d’adresse, retombent sur le lieu de l’activité — sont écartées du calcul, et leur nombre est affiché sous la feuille de route : « 4 rencontres sans position ne sont pas prises en compte ».
C’est volontaire : reprises telles quelles, elles s’empileraient toutes au même endroit et créeraient un point de passage qui n’existe pas. C’est aussi le seul geste à changer sur le terrain pour que la préparation devienne utile : renseigner l’adresse, ou poser le point sur la carte, au moment de saisir la rencontre.
Des personnes vulnérables, donc un accès restreint
Une feuille de route de maraude nomme des personnes sans domicile et dit où les trouver. Elle relève donc du même niveau d’accès que l’historique individuel : responsable habilité, gestionnaire de l’organisation organisatrice ou chef de l’activité. Un bénévole à qui l’on a seulement confié la saisie des rencontres du soir n’y a pas accès.
Le reste des garde-fous du module continue de s’appliquer : le mode données confidentielles, qui ne conserve que l’initiale du nom de famille, le périmètre des organisations partagées, et la journalisation. L’impression de la feuille de route est d’ailleurs tracée comme un export, au même titre qu’un export de liste.
Pour les équipes qui tournent
L’intérêt de cette préparation n’est pas de remplacer la connaissance du terrain, mais de la rendre transmissible. Une équipe qui change, un bénévole qui prend la relève, une antenne voisine qui couvre un secteur pendant les congés : la tournée se prépare en deux minutes, et la mémoire du secteur ne repart pas avec celui qui la portait.
Le préparateur est disponible dans le module Maraudes d’eBrigade, aux côtés du registre des personnes rencontrées, du catalogue d’actions et du suivi des consommables. Pour voir comment l’ensemble s’articule avec le reste de la gestion associative, voir la page logiciel pour association caritative.
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