Par la rédaction eBrigade · Publié le
Constantes vitales secouriste : guide pratique PSE1 PSE2
Constantes vitales secouriste : repères essentiels du bilan
Les constantes vitales secouriste constituent la base du bilan d’urgence réalisé par tout équipier PSE1 ou PSE2 face à une victime. Mesurer et interpréter ces paramètres — pouls, fréquence respiratoire, état de conscience, saturation en oxygène, pression artérielle — permet d’orienter la conduite à tenir, de transmettre un bilan structuré au SAMU et de surveiller l’évolution de la victime jusqu’à la prise en charge médicale. Cet article détaille, pour chaque constante vitale, les valeurs normales attendues, la technique de mesure recommandée par le référentiel national, les seuils d’alerte et les erreurs fréquentes à éviter sur le terrain.
Pourquoi surveiller les constantes vitales en secourisme
Un secouriste n’établit pas de diagnostic : il observe, mesure et transmet. Les constantes vitales sont les signaux objectifs qui, mis bout à bout, permettent au médecin régulateur de hiérarchiser l’urgence et de décider des moyens à engager. Elles complètent le bilan circonstanciel (ce qui s’est passé) et le bilan lésionnel (ce que l’on voit) par un bilan fonctionnel chiffré, reproductible et comparable dans le temps.
Au-delà de la transmission radio, la surveillance répétée des constantes — toutes les cinq minutes pour une victime instable, toutes les quinze pour une victime stable — révèle une aggravation silencieuse : une tachycardie qui grimpe, une saturation qui glisse, une conscience qui se dégrade. Ces tendances valent souvent plus que la valeur ponctuelle.
Les cinq constantes à mesurer
1. L’état de conscience
Première constante évaluée, dès l’approche de la victime. La technique de référence est le questionnement simple (« Vous m’entendez ? Serrez-moi la main ») complété, si pas de réponse, par une stimulation douloureuse (pincement du trapèze). On classe la réponse selon l’échelle AVPU : Alerte, répond à la Voix, répond à la Pain (douleur), ou Unresponsive (inconscient).
Un abaissement de la conscience impose la mise en position latérale de sécurité si la victime respire, et une surveillance rapprochée des voies aériennes.
2. La respiration
On évalue la fréquence respiratoire sur dix secondes, multipliée par six, en observant le soulèvement du thorax. La norme chez l’adulte au repos : 12 à 20 cycles par minute. En dessous de 10 ou au-dessus de 30, l’alerte est donnée immédiatement. On note également l’amplitude (superficielle, normale, profonde), la régularité et les signes de lutte (tirage, battement des ailes du nez, sueurs).
3. Le pouls
Le pouls radial est mesuré sur un adulte conscient, le pouls carotidien sur une victime inconsciente. On compte sur quinze secondes, multiplié par quatre, en notant la fréquence, la régularité et l’amplitude. Valeurs normales : 60 à 100 battements par minute chez l’adulte, 80 à 140 chez l’enfant, 120 à 160 chez le nourrisson. Un pouls filant, imprenable au radial mais présent au carotidien, signe un état de choc.
4. La saturation pulsée en oxygène (SpO2)
Mesurée à l’oxymètre de pouls placé à l’index ou au majeur, la SpO2 reflète la saturation de l’hémoglobine en oxygène. Valeur attendue : supérieure à 95 % chez l’adulte sain. En dessous de 94 %, une oxygénothérapie est généralement indiquée. Attention aux faux négatifs : ongles vernis, mains froides, mouvements, lumière ambiante parasitent la mesure.
5. La pression artérielle
Mesurée au tensiomètre automatique au bras, en position allongée ou assise. Valeurs normales : systolique entre 100 et 140 mmHg, diastolique entre 60 et 90 mmHg. Une systolique inférieure à 90 mmHg, associée à des signes cliniques (pâleur, sueurs, confusion), oriente vers un état de choc nécessitant une alerte médicale immédiate.
Transmettre un bilan structuré
Le bilan radio suit un canevas standardisé : identification de l’équipe, localisation, nombre et âge des victimes, circonstances, lésions observées, constantes mesurées, gestes réalisés, évolution. Les constantes vitales sont annoncées dans un ordre fixe (conscience, respiration, pouls, saturation, tension) pour que le médecin régulateur reconstitue mentalement l’état de la victime en quelques secondes.
Noter systématiquement l’heure de chaque mesure sur la fiche bilan : la cinétique d’évolution est une information clinique majeure, souvent plus parlante qu’une valeur isolée.
Erreurs fréquentes à éviter
- Mesurer une seule fois sans répéter : une constante isolée ne décrit pas une tendance.
- Oublier le contexte : une fréquence cardiaque à 110 chez un marathonien à l’arrivée n’a pas la même valeur qu’à 110 chez une personne âgée au repos.
- Faire confiance aveuglément aux appareils : un oxymètre qui affiche 100 % sur une victime cyanosée est à recouper par la clinique.
- Négliger la température : chez le nourrisson, la personne âgée ou le polytraumatisé, elle fait partie intégrante du bilan.
En résumé
Maîtriser les constantes vitales secouriste, c’est posséder un langage commun avec la régulation médicale et transformer une impression clinique en données objectives. L’entraînement régulier, en binôme et sur mannequin, reste le meilleur moyen de rendre ces mesures rapides, fiables et reproductibles le jour où la victime en dépendra.
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