Par Camille · Rédactrice eBrigade · Publié le 29 août 2026
Les 4 catégories de DPS : comprendre le référentiel national
Bien classer un événement dans la bonne catégorie DPS est la première décision opérationnelle avant tout dispositif prévisionnel de secours. Le référentiel national de sécurité civile, publié par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), définit quatre catégories d’engagement qui déterminent l’effectif secouriste, le matériel embarqué et la structure de commandement. Cet article présente comment lire la grille d’évaluation des risques (RIS) et rattacher chaque manifestation à sa catégorie DPS correspondante.
Pourquoi une classification en catégories DPS ?
Un rassemblement de 200 spectateurs assis en salle et un festival en plein air de 30 000 personnes n’appellent évidemment pas la même réponse. La classification en catégories DPS répond à trois objectifs :
- Proportionner les moyens humains et matériels au risque réel.
- Uniformiser les pratiques entre associations agréées de sécurité civile (AASC).
- Sécuriser juridiquement l’organisateur, qui reste responsable de la mise en place d’un dispositif adapté.
Depuis la refonte du référentiel, la grille d’évaluation des risques (dite grille RIS) est l’outil de calcul officiel. Elle attribue un « ratio d’intervenants secouristes » (RIS) qui bascule ensuite l’événement dans l’une des quatre catégories DPS.
Les 4 catégories DPS : définitions
1. PAPS – Point d’Alerte et de Premiers Secours
Le PAPS est le format minimal. Il correspond à un RIS strictement inférieur à 0,25. Concrètement : une petite kermesse, une brocante de village, une conférence en salle. L’équipe se limite généralement à deux équipiers secouristes (dont un chef d’équipe titulaire du PSE2). Pas de poste médicalisé, pas de véhicule de premiers secours obligatoire — juste un lot A et une capacité d’alerte rapide vers le 15/18/112.
2. DPS-PE – Dispositif Prévisionnel de Secours de Petite Envergure
Le DPS-PE couvre les manifestations dont le RIS est compris entre 0,25 et 1,25. On y retrouve les courses locales, les tournois sportifs, les concerts de moyenne jauge. L’équipe se compose au minimum de quatre secouristes, dont un chef de poste. Un poste de secours identifié est mis en place, avec lot B et parfois un moyen d’évacuation.
3. DPS-ME – Dispositif Prévisionnel de Secours de Moyenne Envergure
Entre 1,25 et 12 sur la grille RIS, l’événement bascule en DPS-ME. On parle ici de festivals de plusieurs milliers de personnes, de compétitions sportives régionales, de rassemblements religieux. Le dispositif s’articule autour de plusieurs équipes, d’un ou plusieurs postes de secours, d’un binôme véhiculé et d’une structure de commandement dédiée (chef de dispositif, adjoint, main courante).
4. DPS-GE – Dispositif Prévisionnel de Secours de Grande Envergure
Au-delà d’un RIS de 12, l’événement relève du DPS-GE : très grands festivals, événements sportifs internationaux, pèlerinages. Le dispositif est alors comparable à une petite structure sanitaire de terrain avec plusieurs postes de secours interconnectés, ambulances, éventuellement un poste médical avancé (PMA) armé par des médecins, et une intégration formelle au dispositif ORSEC de la préfecture.
Lire la grille RIS en pratique
La grille RIS combine quatre familles de facteurs :
- Effectif prévisionnel (E) : nombre de personnes attendues, ajusté selon la présence de public assis, debout, dynamique.
- Comportement (C) : public statique, semi-actif ou très actif (concert de rock, rave, sport extrême).
- Environnement et accessibilité (P1) : distance des secours publics, densité urbaine, terrain accidenté, météo.
- Délai d’intervention (P2) : temps estimé d’arrivée des secours publics en cas de défaillance du dispositif.
La formule officielle donne : RIS = (E × C) / (P1 + P2). Le résultat, arrondi, place l’événement dans l’une des quatre catégories DPS présentées ci-dessus.
Erreurs fréquentes de classement
- Sous-estimer la jauge réelle : compter les places vendues, pas la capacité maximale du site.
- Ignorer les événements connexes : un after ou un espace VIP peuvent faire basculer une catégorie.
- Confondre PAPS et DPS-PE : le PAPS n’est pas un « petit DPS », c’est un régime distinct avec moins d’obligations.
- Oublier la météo : un événement extérieur en canicule peut justifier de monter d’une catégorie.
Conclusion
Maîtriser les catégories DPS, c’est parler le même langage que la préfecture, les organisateurs et les autres AASC. Avant chaque convention, prenez le temps de dérouler la grille RIS à deux — chef de dispositif pressenti et référent associatif — pour verrouiller le dimensionnement. Un dispositif sous-calibré expose l’organisateur ; un dispositif surcalibré mobilise inutilement des bénévoles rares.
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